Quoi de neuf docteur ?

Récemment, je suis allé chez le médecin pour une raison inavouable et honteuse, ce qui n’a pas empêché l’expérience d’être intéressante pour le gaijin que je suis.

Tout d’abord et comme très souvent au Japon, on se déchausse à l’entrée, laquelle est généralement abaissée pour marquer nettement l’espace où l’on peut porter des chaussures et celui où l’on doit mettre des chaussons. Oui, des chaussons, fournis sur place, la plupart du temps des claquettes en plastique à peine assez grandes pour moi qui ne chausse pourtant qu’un 25,5 (soit un 41 et demi). La petite touche en plus au cabinet où nous sommes allés : l’armoire électrique à désinfecter les claquettes. C’est tellement… japonais, tout simplement.

A l’accueil, on présente sa carte de « SECU »locale puis on prend place dans la salle d’attente, rien de bien surprenant jusqu’ici. La consultation en elle-même est aussi assez classique, mais un détail m’a bien plu : le petit dessin du médecin. Sur la feuille de suivi du patient, il a fait un croquis plutôt stylé de ma tête où il a représenté les problèmes qui m’ont amenés à le voir, à savoir mon acné juvénile (et m.rde maintenant vous connaissez mon honteux secret !).

A l’issue de la consultation, point d’ordonnance. Courir à la pharmacie ? Que nenni ! Tout est disponible sur place et l’on repart avec un petit sachet à son nom avec juste la bonne quantité de médicaments pour le traitement sur lequel la posologie « clairement » indiquée (je mets des guillemets sur clairement car il faut tout de même savoir lire les kanji). On m’a également prescrit des composés issus de la médecine traditionnelle chinoise, sous forme de granules grisâtres, à avaler avec un verre d’eau, tellement infectes que j’en regretterais presque les gouttes que ma mère me donnait sur un sucre quand j’étais malade étant enfant.

Exemple de sachet de médicaments avec en haut mon nom : モエンロコ ジェレ ミ (Moenroko Jeremi) ; en bas la posologie : 3 fois par jour après chaque repas

Lors de ma seconde visite, j’ai même eu droit à une piqûre faite sur place par l’une des infirmières présentes au cabinet (c’est de l’acné de compétition dont il s’agissait 😉 ). C’est tellement pratique et beaucoup moins cher qu’en France pour un spécialiste : environ 10 euros. Ce coup-ci Japon 1 – France 0.

Autres exemples de sachet de médicaments

Emballé c’est pesé

Les Japonais sont les champions de l’emballage, ou plutôt de l’excès d’emballage. Par exemple, les biscuits apéros sont le plus souvent emballés individuellement, ou par deux. Un soin tout particulier est pris lorsque l’on vous vend des objets fragiles. Nous avons récemment fait l’acquisition d’un plat à gratin et d’un moule à gâteaux afin de satisfaire mes pulsions cuisinières. Eh bien nos deux plats ont été emballés soigneusement avant d’être glissés dans un sac. Le plat à gratin en pyrex, à la limite je peux comprendre, l’emballage limite le risque de casse, mais le moule à gâteaux en métal ?

Autre aspect qui m’a étonné : la variété des tailles des sacs plastiques. Il semblerait ici que pour l’achat de tout objet de moins d’un mètre cube il existe un sac plastique adapté à son emballage. Là encore, nous en avons fait l’expérience en achetant des boîtes de rangement franchement volumineuses, et bien pas de souci, la caissière a fait apparaître le sac idoine de sous son comptoir. Sans oublier le détail qui change tout : le petit morceau de bande adhésive pour maintenir le sac plastique bien fermé durant le transport, histoire d’éviter que le curieux voisin ne lorgne dedans et ne découvre la marque de dentifrice que j’utilise.

Comment se mettre dans le bain ?

Le bain est une institution au Japon. Qu’il s’agisse du bain privé (お 風呂) ou public les japonais en raffolent. N’ayant pas encore goûté aux joies des onsens  (温泉), je vais me contenter de vous présenter dans la pratique comment nous procédons ici.

Avant tout, il faut savoir n’est pas un lieu où l’on se lave. En effet, le récurage a lieu hors du bain, les salles de bain japonaises étant équipées d’une évacuation d’eau au sol et disposant la plupart du temps d’un petit tabouret afin de faire ses ablutions le plus confortablement possible.

Notre modeste salle de bain

C’est seulement une fois propre et rincé que l’on « entre » dans le bain, traduction littérale du japonais où l’on ne « prend » pas le bain comme en France. Pour cette raison, l’eau du bain reste propre et l’on ne le remplit qu’une seule fois pour toute la famille.

Le panneau de contrôle du bain. Nous sommes bien au pays de l’omniprésence technologique

C’est bien joli tout ça me direz vous mais si l’on est huit à la maison (ne riez pas, j’en connais) le dernier se baigne dans de l’eau froide. C’est mal connaître les Japonais que de penser ça, ils ont prévu le coup. Tout d’abord, le bain est pourvu de ce que l’on pourrait appeler un couvercle permettant de limiter la perte de chaleur et l’évaporation. Cela peut ne pas être suffisant, et le bain est équipé d’un thermostat et l’on peut à volonté le réchauffer. Une petite musique suivie d’une douce voix japonaise nous annonce que le bain est à la température désirée.

Le tabouret pour les ablutions et le couvercle pour le bain

Permis de conduire

Aujourd’hui j’ai obtenu mon permis de conduire japonais. Pas d’examen à passer fort heureusement, simplement quelques formalités administratives. Il nous a fallu nous rendre à Shiojiri, la ville voisine, au centre de gestion des permis de conduire. J’ai du présenter mon permis français, jusque là rien d’étonnant, cependant il fallait aussi présenter la preuve de ma résidence en France pendant au moins trois mois après l’obtention de mon permis. Et là ça se corse puisque après une conversation téléphonique il est apparu que présenter trois fiches de paie consécutives n’est pas suffisant et qu’il faut un papier de l’ambassade. Cela ne nous aurait pas donné de sueurs froides si nous ne l’avions pas appris jeudi dernier, soit trois jours ouvrés avant notre rendez-vous, lequel avait été fixé il y a presque un mois et où la présence de Sayaka est indispensable pour jouer le rôle de traducteur car chose étonnante, je ne parle toujours pas couramment le Japonais après un mois et demi sur place.

Fort heureusement, le personnel de l’ambassade a été très réactif et lundi après-midi j’avais le fameux document dans ma boîte mail. Les documents appropriés fournis, le travail de Sayaka a alors commencé car j’ai été soumis à toute une série de questions concernant le permis français : combien de questions y a-t-il à l’examen théorique, comment se déroule l’examen pratique, combien d’heures de conduite sont nécessaires avant de passer l’examen pratique, à partir de quel âge peut-on passer le permis, etc. Tout ceci m’a fait prendre conscience que j’ai le droit de conduire depuis 17 années, un constat qui n’émousse en rien l’énergie de la jeunesse qui bouillonne en moi 🙂

Il y avait sur place un photographe afin que ma face apparaissent sur le dossier papier, puis un second pour la photo qui se trouve sur le permis lui-même, avec lequel je suis reparti. Pas de délais d’attente interminable ni de multiples allers-retours comme c’est le cas dans notre beau pays. En deux heures tout était terminé et je peux maintenant conduire au Japon, à la condition d’apposer un bel autocollant à l’arrière de notre voiture pour faire savoir aux autres conducteurs que je suis de nouveau un novice.

J’en profite pour une nouvelle parenthèse éducative sur la culture Japonaise. J’ai remarqué au sol du centre de gestion des permis de conduire des parcours fléchés. Il ne s’agit pas d’un jeu obscur pour les initiés ni de pas d’une danse locale mais de l’indication des files d’attente et du chemin à suivre en fonction du guichet à atteindre. C’est très bien au Japon, où la plupart des gens sont disciplinés et respectueux de ce genre de pratiques mais totalement inapplicable en France ou tout autre pays latin où l’une des premières règles est de n’en respecter aucune.

 

車!

Depuis la semaine dernière nous sommes les heureux détenteurs d’une Nissan Tiida de couleur indéterminée, un gris mâtiné rose du plus bel effet. Je vous laisse imaginer la joie de Yumi lors de sa découverte de la voiture dans le garage.

Notre bolide prêt à s’élancer dans les méandres étroites de Sawamura

Evidemment nous roulons japonais, de toute façon à part des voitures japonaises (Toyota, Nissan, Honda, Mitsubishi, Suzuki, Subaru ou Daihatsu) et quelques allemandes (BMW, Audi, Porsche, sans doute encore plus hors de prix ici qu’en Europe) il n’y a pas trop de choix.

Elle est assez petite pour nous permettre de nous faufiler dans les rues de notre quartier, d’une effrayante étroitesse, pourtant à double sens. Je ne suis pas vraiment pressé de conduire, à plus forte raison sachant que la conduite est à gauche ici. Fort heureusement, les voitures sont automatiques pour la plupart, ce qui simplifie notablement le pilotage.

J’en profite pour vous asséner une parenthèse informative concernant les plaques d’immatriculation japonaises. La photo ne permet pas de le voir clairement mais elles comportent en haut à gauche le nom de la ville ayant attribué la plaque d’immatriculation (Matsumoto pour nous).

A droite de ce nom se trouve un code à trois chiffres indiquant notamment la cylindrée de la voiture (le premier chiffre). En l’occurrence moins de 2200cc pour nous comme l’indique le chiffre 5. Le caractère en hiragana (は  sur notre plaque) indique que notre véhicule dispose de plaques d’immatriculation de taille moyenne à l’avant et à l’arrière (ne me demandez pas en quoi cette information est utile…). Les chiffres en bas à droite sont simplement un numéros de série.

De plus, nous avons une plaque d’immatriculation blanche, synonymes de voiture à usage personnel. Les voitures à usage commercial (camion, taxi, etc.)  ont des plaques vertes, les véhicules à usage personnel de cylindrée inférieure à 660cc ont une plaque jaune et les véhicules commerciaux de même facture une plaque noire.

Je vous ai fait grâce de tout les cas particuliers et spécificités de Tokyo, vous avez déjà assez d’informations inutiles dans cet article.

Et en bonus, une photo de notre maison, avec la voiture dans le garage.

Aperçu de notre maison

Le tri des déchets

Au Japon, plus particulièrement ici à Matsumoto, le tri des déchets suit des règles strictes. Première chose, chaque foyer doit utiliser des sacs spéciaux pour la poubelle, avec un emplacement spécifique où le nom des propriétaires du sac doit être indiqué. Ces sacs sont vendus par la municipalité et coûte la « modique » somme d’un euro pièce, sans doute une mesure incitative à la limitation de la quantité de déchets que nous produisons.

Il y a par ailleurs plusieurs types de sacs : ceux pour les déchets à incinérer et ceux pour les déchets à recycler. Ces sacs étant transparent, les japonais dans leur extrême pudeur, placent du papier journal à l’intérieur afin de masquer le contenu de leur poubelle à la vue de leurs voisins. Après tout, le sac est nominatif, les commérages pourraient se nourrir de ces déchets, par exemple : « Oh, les Moenroko (prononciation approximative de notre nom ici) ont jeté une barquette en plastique dans les déchets non recyclable ! Quel incivisme ! ».

Pour poursuivre sur le sujet, chaque foyer est censé se conformer à la notice ci-dessous en ce qui concerne le tri des déchets : heureusement qu’il y a des dessins.

Le panneau explicatif du tri des déchets à Matsumoto pour 2017

En complément de notre poubelle standard, nous avons donc un sac pour le métal, un sac pour les canettes aluminium, un sac pour les barquettes en polystyrène, un sac pour les barquettes et pots en plastiques, un pour les bouteilles en plastiques et un pour le verre, les uns devant être déposés le mardi ou le jeudi matin avant 8h30, les autres un mercredi sur deux, d’autres encore, une fois par mois, bref il vaut mieux coller des post-it partout dans la maison ou bourrer son téléphone de rappels automatiques (faites votre choix en fonction de votre degré de technologisme) pour ne pas rater le coche et se retrouver avec des poubelles qui débordent !