Utsukushigahara

Afin d’échapper à la canicule écrasante et afin de célébrer le premier jour des minuscules vacances d’été de Sayaka, nous avons pris le chemin de la montagne pour nous rendre sur les hauteurs d’Utsukushigahara (美ヶ原).

Point culminant du versant est de la vallée de Matsumoto, Utsukushigahara est un plateau où se pratique l’élevage des bovidés, la fabrication de camembert et l’extorsion des touristes, lesquels pouvant s’offrir ici des produits identiques à ceux vendus en ville, pour le double du prix.

Papillon (蝶)
Filles (娘)

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’un haut lieu touristique, mais à la lecture des plaques d’immatriculation, certaines personnes sont prêtes à faire plusieurs centaines de kilomètres pour venir y chercher la fraîcheur. Avec des températures avoisinant les 40°C à Gifu, c’est compréhensible, d’autant plus que la semaine à venir est celle des congés estivaux partout au Japon.

Clocher

Depuis chez nous, il faut compter une heure de trajet, voire un peu plus quand on se plante de chemin au départ comme cela nous est évidemment arrivé. Ça grimpe sec, surtout les derniers kilomètres où l’on passe de 1500 à 2087 mètres, l’altitude sommitale. La route est plaisante, traversant rizières et vignes, avant d’entrer dans la forêt dont la composition va des bambous aux conifères. Sayaka nous a conduit à l’aller, appréciant la boîte automatique qui lui a évité les changements de vitesse incessants sur les routes de montagne. J’ai conduit au retour, maudissant la boîte automatique et l’absence de frein moteur.

Meï lors de sa première rencontre avec une vache

En haut nous avons fait une petite promenade au milieu des pâturages, nourri des poneys à coups de bâtonnets de carottes (enfin j’ai nourri les poneys pendant que les filles observaient à une distance respectable les dents de l’animal d’une taille elle aussi respectable), observé les vaches – objet initial de notre escapade -, sonné la cloche et pris un pique-nique japonais à base de onigiri, inarizushi, thé vert et autres joyeusetés.

Bon appétit
Bon appétit

Semaine d’or

La Golden Week (ゴールデンウィーク) est une série de quatre jours fériés répartis sur une semaine calendaire, et c’est en ce moment.

Le premier de ces jours fériés est aujourd’hui même, le 29 avril jour de naissance de l’empereur Shôwa (昭和の日 Shōwa no Hi), plus connu chez nous sous le nom de Hirohito. Cette journée est destinée à laisser aux Japonais le temps de méditer sur les 63 turbulentes années du règne de ce fameux souverain.

Vient ensuite le 3 mai où l’on célèbre la promulgation de 1947 de l’actuelle constitution du Japon (憲法記念日 Kenpō Kinenbi). Ce jour est censé permettre de réfléchir au sens de la démocratie et à la place du gouvernement japonais au sein de ce système.

Puis le 4 mai, jour de la verdure (みどりの日 Midori no Hi) laisse officiellement l’opportunité de communier avec la nature et de la remercier de ses bienfaits. Auparavant célébré le 29 avril, ce jour férié a été déplacé au 4 mai en 2007 suite à une réforme de la loi concernant les jours fériés afin d’éviter le conflit avec le Shôwa no Hi, sans pour autant supprimer un jour de congé à des Japonais qui en ont bien besoin.

Enfin, le 5 mai est le « jour des enfants » (こどもの日 Kodomo no Hi) ou fête des bannières puisqu’à cette occasion des myriades de koinobori – des manches à air en forme de carpe –  flottent au vent partout dans le pays. Originellement appelé « jour des garçons » – les filles ont déjà le Hinamatsuri du 3 mars qui leur est dédié – son périmètre a été élargi pour célébrer le bonheur de tous les enfants et exprimer de la gratitude aux mamans. On voit que les pères au foyer sont une fois de plus passés aux oubliettes…

Ce dernier est le troisième des cinq gosekku (五節句) les cérémonies traditionnelles de la cour impériale se tenant aux jours dont la date est double (01/01, 03/03, 05/05, 07/07 et 09/09).

Pour la Golden Week, le pays se met en pause. Une grande majorité des employés prend des jours de congés pour compléter la semaine et certaines entreprises ferment carrément leurs portes. Durant cette semaine, le prix des transports et des hébergements grimpe en flèche, ce qui n’empêche pas que les trains et les hôtels affichent souvent complet. Pour les touristes étranger, c’est la semaine à éviter pour un voyage au Japon.

 

Shunbun no hi

Littéralement « jour du printemps », Shunbun no Hi (春分の日) est un jour férié au Japon. Cette année, il avait lieu le 21 mars, en milieu de semaine dernière, et pour fêter ça il a neigé toute la journée sans discontinuer.

Vous l’aurez compris, la date est susceptible de changer d’année en année car elle dépend d’un phénomène astronomique connu dans l’hémisphère Nord comme l’équinoxe de printemps et équinoxe d’automne dans l’hémisphère Sud. On l’appelle aussi équinoxe vernal, ou équinoxe de mars pour mettre tout le monde d’accord.

Donc en février de l’année précédente l’occurrence de l’équinoxe vernal (date à laquelle le point de la Terre le plus proche du soleil se trouve à l’équateur avant de poursuivre sa course vers le Nord) est déterminée avec précision et la date du jour férié arrêtée. Ce jour est devenu férié et laïc en 1948; il a remplacé une fête shintoïste lors de la séparation de l’église et de l’état Japonais définie dans la nouvelle constitution instaurée suite à la seconde guerre mondiale.

A l’origine, la fête était l’équivalent de la Toussaint des chrétiens; c’était le moment d’aller visiter la tombe de ses proches, de la nettoyer et refleurir. Si aujourd’hui encore certains profitent de Shunbun no Hi pour visiter leurs défunts, c’est avant tout un jour férié pour se reposer et profiter de sa famille (vivante).

Les grandes vacances

Ça y est, mon congé parental a débuté jeudi dernier et me voici donc en vacances pour une durée de trois ans. Je ne réalise pas du tout ce que cela signifie, ça me semble surréaliste. Tout bien pesé, cette période n’aura de vacances que le nom, car s’occuper seul à temps plein de deux petites filles ne sera sans doute pas une sinécure.

Je ne me plains pas, j’ai pris la décision en connaissance de cause. Et je sais déjà que je ne la regretterai pas. Il n’en reste pas moins un léger pincement de coeur a quitter mon boulot, où l’ambiance est presque familiale. J’espère que ce sera toujours le cas en 2020 !