A bicyclette

C’est de saison, la petite reine est de sortie, les amateurs pédalent nonchalamment le nez au vent tandis que le professionnels transpirent sang, eau et produits dopants sur les routes du Tour de France.

Nous sommes nous aussi adeptes du deux roues, fonctionnant à l’huile de genou, celle de coude n’est pas des plus adaptées pour ce sport. Sayaka se rend quotidiennement au travail en vélo, déposant ou récupérant Yumi sur le trajet et la faisant embarquer sur le siège adéquat. Pour ma part, c’est pour me rendre en ville à mon cours de conversation que j’enfourche le vélocipède, ou encore pour emmener Yumi en promenade dans les rizières au-dessus de chez nous.

Yumi en pleine récupération

Dans ces occasions, elle choisit le chemin, travaillant ainsi la distinction entre sa droite et sa gauche. Sa tendance systématique à choisir la route la plus escarpée et à me narguer en ahanant derrière moi « Oh, c’est difficile ! » frise  le sadisme.

Nous en avons terminé avec la montée, place à l’hilarité

Mais si j’évoque le sujet du vélo, c’est parce que j’ai été extrêmement surpris lors de notre dernière sortie à la piscine avec Yumi. Tout d’abord, un peu de contexte : ici, comme aux Pays-Bas, les vélos sont équipés d’un système de verrouillage de la roue arrière directement fixé sur le vélo. A l’arrêt, quand le vélo est verrouillé, la roue arrière est bloquée par un arceau passant à travers les rayons. Pour rouler, on libère l’arceau d’un tour de clef, laquelle reste d’ailleurs accrochée au vélo durant tout le trajet. Il est donc recommandé d’éviter les porte-clefs à fanfreluches pendouillantes pour des raisons évidentes.

Et bien figurez-vous que lorsque nous sommes arrivés à la piscine, j’ai constaté que plus de la moitié des vélos présents n’était pas verrouillé, et que la clef était restée sur le vélo. J’en suis resté comme deux ronds de flan, à plus forte raison en découvrant à notre retour un heure plus tard ces vélos toujours présents. Pour quelqu’un dont le VTT fut dérobé à Lyon malgré un antivol dûment attaché, la surprise était de taille.

Alors certes, nous sommes ici dans un quartier résidentiel, dans une petite ville (à l’échelle japonaise), où la délinquance est forcément moins présente que dans la seconde métropole française. Cependant, je n’aurait jamais confiance en mes compatriotes au point de laisser la clef sur le cadenas de mon vélo où que ce soit en France.

Cette tranquillité d’esprit face aux risques de vol est un vrai confort ici qu’il me sera difficile de perdre : être contraint de reprendre des habitudes de méfiance envers son prochain c’est quand même moche.

Panorama au sommet de notre sortie

Undôkai

Le weekend dernier au parc de Sawamura se déroulait un événement particulier : le undôkai (運動会), un rassemblement sportif. Dès 8h30 du matin, nous étions tous assemblés sur la pelouse, bien alignés. Après les présentations d’usage et quelques mesures de ce que j’ai cru reconnaître comme l’hymne national nippon, nous avons démarré l’échauffement.

Pour ceux qui doutaient encore que le sport c’est sexy
Autre exemple, tout aussi flatteur

De Yumi à son grand-père, des élèves de maternelle aux retraités, tout le monde s’étire, sautille sur place, enchaîne les flexions et extensions sous les imprécations du prof de gym au rythme duquel nous nous activions. Ne comprenant pas un traître mot de ses explications, j’avais toujours un temps de retard, contraint que j’étais de me calquer sur mes voisins. Pire que comprendre une conversation téléphonique, essayer de comprendre une personne qui ahane dans un micro.

Les coureurs de l’école primaire

Puis ont débuté les courses de vitesse pour les enfants. Yumi a participé dans la catégorie « J’ai 3 ans, je ne comprends pas ce que je dois faire et je panique parce que mon papa n’est pas là ». Elle qui en temps normal a du sang d’Usain Bolt dans les veines et laisse sur place même les garçons les plus grands de sa classe s’était muée en limaçon terrorisé et j’ai du m’époumoner pour la faire arriver au bout. Ses deux concurrents ne valaient pas vraiment mieux ce qui lui a permis à elle de terminer en seconde position et de repartir avec un paquet de gelée à l’ananas et à moi de repartir avec un orgueil de papa intact.

Yumi (avec son chapeau blanc) sur la ligne de départ

L’événement était lancé, ce fut alors un enchaînement de jeux dignes de nos kermesses – en nettement plus sportif tout de même – où la buvette ne sert que du thé et où il n’y a pas d’âge pour participer.

Course de cerceaux

Après la pluie

Suite au typhon qui a traversé le Japon fin octobre, le parc de Sawamura a bénéficié d’un court pour un sport novateur : le water-tennis. Cependant, aucun joueur ne s’est manifesté, sans doute le côté avant-gardiste un peu trop prononcé de ce nouveau sport.

Après le typhon, le terrain de tennis est méconnaissable

Pour ceux qui aiment

J’ai vu ces magazines dans une librairie et forcément ça m’a fait sourire. Le sumo c’est vraiment le sport purement japonais par excellence, absolument réfractaire à l’exportation, sans doute à cause du cérémonial qui l’entoure, et dans ma naïveté je n’avais pas imaginé qu’on puisse en faire des magazines.

Magazines de sumo (et autres)

Promis, je ferai un article sur le sujet un de ces jours. Quoi qu’il en soit, si ça intéresse quelqu’un, je peux lui en envoyer un exemplaire 🙂