Encore chez le médecin

Pour les filles cette fois, nous sommes allés chez le médecin. Une épidémie de grippe sévit en ce moment dans notre région : des classes sont fermées par manque d’élèves, les jeunes contaminés restant à la maison autant pour se rétablir que pour éviter de propager le virus.

Dans ces conditions Sayaka a souhaité que nous fassions vacciner les filles. Sachant que Yumi a peur d’à peu près tout, je vous laisse imaginer sa réaction lorsque je lui ai annoncé que nous allions faire une piqûre, son dernier vaccin lui ayant laissé un souvenir douloureux, encore vif dans son esprit. Rien ne m’obligeait à lui en parler en avance me direz vous, ce à quoi je vous répondrai qu’elle m’a posé la question « On ne fait pas de piqûre hein ? ». Par conséquent je ne pouvais décemment pas lui cacher. Elle a donc pleuré toutes les larmes de son corps sur le trajet qui fort heureusement fut bref.

Pour l’occasion, nous étions équipés de masques, histoire de faire vraiment couleur locale. Voilà ce que ça donne en images.

Yumi a eu droit a un petit chocolat en récompense. Je ne lui ai toutefois pas annoncé qu’il y a une seconde injection à faire dans deux semaines. A chaque jour suffit sa peine.

Pour la note culturelle, il se trouve que la vaccination contre la grippe est plus communément effectuée ici qu’en France. Dans un pays où la densité de population est à peu près le triple de l’hexagone, j’ai tendance à penser que le risque de contagion est multiplié d’autant, ce qui pourrait expliquer cette mesure de précaution. Par ailleurs, ici les enfants sont très souvent vaccinés contre la varicelle, ce dont je n’ai jamais entendu parler en France.

Quoi de neuf docteur ?

Récemment, je suis allé chez le médecin pour une raison inavouable et honteuse, ce qui n’a pas empêché l’expérience d’être intéressante pour le gaijin que je suis.

Tout d’abord et comme très souvent au Japon, on se déchausse à l’entrée, laquelle est généralement abaissée pour marquer nettement l’espace où l’on peut porter des chaussures et celui où l’on doit mettre des chaussons. Oui, des chaussons, fournis sur place, la plupart du temps des claquettes en plastique à peine assez grandes pour moi qui ne chausse pourtant qu’un 25,5 (soit un 41 et demi). La petite touche en plus au cabinet où nous sommes allés : l’armoire électrique à désinfecter les claquettes. C’est tellement… japonais, tout simplement.

A l’accueil, on présente sa carte de « SECU »locale puis on prend place dans la salle d’attente, rien de bien surprenant jusqu’ici. La consultation en elle-même est aussi assez classique, mais un détail m’a bien plu : le petit dessin du médecin. Sur la feuille de suivi du patient, il a fait un croquis plutôt stylé de ma tête où il a représenté les problèmes qui m’ont amenés à le voir, à savoir mon acné juvénile (et m.rde maintenant vous connaissez mon honteux secret !).

A l’issue de la consultation, point d’ordonnance. Courir à la pharmacie ? Que nenni ! Tout est disponible sur place et l’on repart avec un petit sachet à son nom avec juste la bonne quantité de médicaments pour le traitement sur lequel la posologie « clairement » indiquée (je mets des guillemets sur clairement car il faut tout de même savoir lire les kanji). On m’a également prescrit des composés issus de la médecine traditionnelle chinoise, sous forme de granules grisâtres, à avaler avec un verre d’eau, tellement infectes que j’en regretterais presque les gouttes que ma mère me donnait sur un sucre quand j’étais malade étant enfant.

Exemple de sachet de médicaments avec en haut mon nom : モエンロコ ジェレ ミ (Moenroko Jeremi) ; en bas la posologie : 3 fois par jour après chaque repas

Lors de ma seconde visite, j’ai même eu droit à une piqûre faite sur place par l’une des infirmières présentes au cabinet (c’est de l’acné de compétition dont il s’agissait 😉 ). C’est tellement pratique et beaucoup moins cher qu’en France pour un spécialiste : environ 10 euros. Ce coup-ci Japon 1 – France 0.

Autres exemples de sachet de médicaments