Kaeru matsuri

Dimanche dernier nous sommes allés au Kaeru Matsuri, le festival de la grenouille sur Nawate dôri, une rue piétonne longeant la rivière Ta. Du festival en lui-même, peu de choses à dire, il s’agissait avant tout semblait-il de vendre des produits célébrant la grenouille, du Tee-Shirt à la bougie.

Statue de grenouille à l’entrée de Nawate dôri

Devant le temple shinto Yohashira un groupe de musicien emmené par un personnage haut en couleur faisait l’animation, entraînant les passant dans une farandole à l’enthousiasme nippon débordant telle une tempête dans une tasse de thé vert.

Meï profite de sa liberté nouvellement acquise pour découvrir le monde sur ses deux jambes

Pour nous ce fut surtout l’occasion d’une petite sortie en famille, de prendre quelques photos et de suer un bon hectolitre tant la chaleur était écrasante.

Meï avant qu’elle ne hurle d’effroi devant cette grenouille géante

Yumi s’est essayé à la religion shinto en faisant tout d’abord sonner la cloche afin de s’excuser de déranger les esprits. Puis en suivant l’exemple des autres visiteurs, elle a frapper des mains deux fois, montrant ainsi qu’elle vient sans arme et qu’elle prie pour une vie calme et pacifique. Les ablutions ont été omise, je ne l’ai pas non plus vue s’incliner devant l’autel mais pour une première fois elle s’en est plutôt bien sortie.

Yumi tire la corde permettant de faire tinter la cloche
Yumi frappe dans ses mains pour imiter les personnes venues faire leurs dévotions
Meï invente une nouvelle façon de présenter ses respects : tendre les fesses vers l’autel

 

Meinichi – 命日

Derrière ce mot se cache une pratique bouddhiste ne trouvant pas d’écho dans la culture chrétienne. Il s’agit, pour l’anniversaire de la disparition d’un proche, de célébrer sa mémoire.  Egalement nommé kishin (忌辰) ou kijistu (忌日), cette cérémonie a lieu selon la tradition après la première, la troisième, la septième, la treizième, la dix-septième, la vingt-troisième, la vingt-septième, la trente-troisième et la cinquantième année.

Samedi dernier nous avons assisté à une telle cérémonie donnée en l’honneur de la grand-mère paternelle de Sayaka, décédée il y a de cela deux ans. Il s’agissait donc de la cérémonie de la troisième année, laquelle a lieu deux ans révolus après le décès. Dans la salle privatisée d’un restaurant, un autel avait été mis en place. Au sommet trônait une photo de la grand-mère.

Sur les étages inférieurs étaient disposées des offrandes de nourriture : melons, oranges, wagashi et un bol de riz dans lequel une paire de baguettes étaient plantée. Ces baguettes ainsi dressées symbolisent la tombe du défunt, aussi pour cette raison prenez garde à ne jamais planter vos baguettes dans votre bol de riz en présence d’un bouddhiste, c’est un présage de mort.

Deux bouquets de fleurs ornaient degré inférieur. Juste devant l’autel, le matériel destiné à la cérémonie était soigneusement agencé : un bol en métal servant de cloche avec son marteau en bois, une boîte à encens que les participants se transmettent pour que leurs prières au défunt soit emportées par les fumées d’encens; enfin un coussin finement ouvragé destiné au moine présidant la cérémonie.

La cérémonie en question a essentiellement consisté en des chants psalmodiés par le moine durant lequel les proches se recueillaient à tour de rôle devant l’encensoir posé sur leurs genoux. J’avoue ne pas avoir été très attentif puisque j’avais la charge de contenir les filles et d’éviter que leur enthousiasme enfantin perturbe le rituel. Entre Yumi qui passait son temps à monter et descendre des chaises et Meï qui tenait absolument à donner sa dînette à une des jeunes filles présentes, j’avais de quoi m’occuper.

Une fois la cérémonie terminée, la salle a été réarrangée pour nous permettre de prendre notre repas. C’était notre première sortie dans un restaurant japonais traditionnel depuis notre arrivée ici et nous nous sommes régalés. Il y avait énormément de plats différents, à chaque fois en faible quantité, ce qui ne nous a pas empêché d’être au bord de l’explosion stomacale à l’issue du festin. La seule fausse note fut le café, tout simplement imbuvable.

Wagyu (bœuf japonais) avant cuisson
Wagyu après cuisson
Racine de wasabi râpée par mes propres soins
Tsukemono (légumes marinés)
Edamame, renkon et autres

Pour finir, les parents de Sayaka sont allés présenter leurs respects sur la tombe de la grand-mère, tandis que nous regagnions  nos pénates.

Pâques au Japon

Ce n’est pas folichon. Au-delà de cette rime spectaculaire, il n’y a guère à espérer en termes d’orgie chocolatée pour célébrer la résurrection de ce bon vieux Jésus. Alors certes, en pays à grande majorité bouddhiste, je ne m’attendais pas à un miracle, mais avec une belle-mère chrétienne, j’y croyais un peu quand même. Voilà nos œufs de Pâques.

Des œufs de Pâques à la japonaise

Il s’agit bien d’œufs, des vrais, ceux dont on ignore s’ils sont arrivés avant la poule ou inversement. Des œufs cuits, entre mollet et à la coque, emballés dans une jolie décoration en plastique et accompagnés d’une carte Panini des versets de la Bible.

Pour conclure cette homélie (Winter… désolé je n’ai pas pu m’empêcher de placer ce jeu de mot blasphématoire; à elle au moins Dieu a donné la foi), je vous laisse méditer le verset 15b du chapitre 1 de l’évangile en japonais selon Samuel, extrait de la prière d’Anne « J’épanche mon âme devant le Seigneur ».