C’est du propre

Si vous vous demandez comment font les Japonais pour avoir un pays si propre, ne cherchez plus : c’est grâce (notamment) à moi.

En effet, la semaine dernière, par deux fois j’ai été aimablement convié à une séance de récurage, balayage et astiquage. Comme toute mission capitale qui se respecte, nous avons commencé par un briefing du général, incarné par l’une des mamans de la maternelle de Yumi. Dans une salle réquisitionnée pour l’occasion, nous avons tous (les autres mamans et moi, comme de juste le seul mâle de l’assemblée) revêtu tabliers, masques et gants.

Ainsi équipés, par escouade de deux ou trois nous avons été envoyés à l’assaut de ladite maternelle, aspirant de-ci, frottant de là, du cirage des parquets au nettoyage des vitres. Ce fut loin d’être une partie de plaisir, sans pour autant virer au calvaire, les séances étant limitée à une grosse heure et donnant prétexte à bavasser, si tant est que l’on puisse bavasser en bafouillant toutes les deux phrases en quête de ce mot de vocabulaire que j’ai appris, j’en suis sûr, mais qui, sacrebleu a dû louper un virage dans les méandres de cerveau pour finir dans un fossé aux allures de fosse des Mariannes.

Pour finir, l’inévitable débriefing, consistant essentiellement à se congratuler avec l’inévitable formule « お疲れ様でした » (o-tsukare-sama deshita), littéralement « Vous êtes bien fatigués maintenant » ou moins brut « merci pour votre travail / vous avez bien travaillé ».

Hygiène canine

Le Japon est un pays où la propreté est une seconde nature. Qu’il s’agisse de sa propre personne, de son logis ou de l’espace public, la règle générale reste la même : il faut que ça brille. Evidemment dans ces conditions, rares sont les déjections de nos amis les bêtes à trôner sur les trottoirs ou à agrémenter les pelouses. Le vice est même poussé encore plus loin comme l’illustrent ces anecdotes.

Tout d’abord, j’ai eu la chance inégalée d’assister à une course poursuite effrénée. En tête, le chien pourtant tenu en laisse, tente une échappée. Son maître, un septuagénaire trottinant, lutte avec vaillance, tentant de contenir les velléités d’escampette de son canidé. La pauvre bête ne souhaite qu’une chose : répondre à l’appel de la nature. Le propriétaire quant à lui n’a qu’un désir : armé de sa pelle à déchets, il tente d’attraper au vol le produit de la digestion de son fidèle compagnon. Pendant toute la durée de l’opération, le fidèle compagnon s’efforce de déguerpir en quête d’intimité, tandis que le brave homme le dos courbé, le bras tendu, ahanant, fait tout son possible pour ne pas en perdre une miette.

Je dois avouer qu’il s’agit là d’un cas rare, voire unique. La moyenne des gens se promène avec le sac plastique idoine, laisse l’animal faire son affaire avant d’en collecter le résultat avec ledit sac.

Second cas de figure, lorsque la vessie du toutou est en cause. Je vous rassure tout de suite, je n’ai jamais vu de Japonais pourchasser son chien avec une bouteille en plastique. La pratique courante ici consiste à vaporiser un produit nettoyant sur la flaque produite par le cabot (il va me falloir terminer rapidement cet article, je commence à être à court de métaphores et de synonymes canins). 

Par conséquent si vous marchez dans une flaque d’urine de clébard au Japon, soyez rassurés, elle est propre !