Manju

Les asiatiques en général, et les Japonais en particulier, n’ont pas la culture du dessert, si populaire en Europe. Il existe tout de même un certain nombre de douceurs ( pour ceux qui, comme moi, aiment à terminer leur repas sur une note sucrée.

Les manjû (饅頭まんじゅう) font partie de ce qu’on appelle wagashi (和菓子, わがし). Le terme générique pour les sucreries, douceurs et pâtisseries en japonais est okashi (お菓子, おかし), les wagashi en étant un sous-groupe faisant référence à celles typiquement japonaises.

Manjû

A l’instar de la plupart des wagashi, le manjû est fourré au anko, la pâte de haricots rouges azuki. L’extérieur est constitué de farine, de poudre de riz et de sarrasin doré au four. Si son goût est plaisant, il ne faut pas en abuser. Comme on dit chez moi : du anko ne mange pas trop ou au tournant te guettera l’écœurement.

Made in Japan

J’aime le Japon, la vie ici est tranquille pour moi. Néanmoins, il m’arrive de ressentir une pointe de nostalgie en pensant à tout ce que j’ai laissé au pays des Gaulois. N’étant pas encore capable de cloner mes amis ou ma famille, je me rabats sur la nourriture lorsque cette nostalgie (ou une subite fringale) se saisit de moi. Voici le résultat en quelques exemples.

Rougail saucisses, ingrédients trouvés au Japon (bien que les saucisses soient importées)
Pain au levain maison : levain de France (merci les amis!), farine japonaise
La lasagna del padre : bon d’accord ce n’est pas un plat français mais ça ne se trouve pas facilement ici

Natto

La nourriture japonaise est pleine de surprises. Si elles sont pour la plupart excellentes, il en est certaines dont on se passerait volontiers. Le nattô est de celle-ci.

Vendu dans des barquettes en polystyrène de 40 à 50 grammes, il est accompagné des sachets individuels de sauce et de moutarde karashi idoines, ajoutées avant consommation. En général, on le mange sur du riz, voire dans des maki, mais ses usages sont multiples : okonomiyaki, soupe miso, omelette, salade, etc. Certains psychopathes vont jusqu’à en mettre dans les spaghetti. Giancarlo Spaghetti, leur inventeur, doit se retourner dans sa tombe.

Barquette de natto : neba neba

La première chose qui agresse chez le nattô est son odeur. Après tout il s’agit de haricots de soja fermentés, il fallait donc s’attendre à des effluves méphitiques. Comme j’en donne à Meï tous les soirs, je commence à m’y habituer. J’ai toutefois souvenance du haut-le-cœur ressenti lors de mes premières rencontres avec ce parfum infect.

Puis vient la texture. Le nattô est gluant, visqueux. Il génère des fils avec lesquels ceux des meilleures fondues savoyardes ne peuvent pas rivaliser. Il existe même une onomatopée pour décrire la texture du nattô : ねばねば ( neba neba) laquelle a inspiré une chanson pour les enfants.

Enfin le goût est à la hauteur du reste. Pour ceux qui l’ignorait, les Moënne-Loccoz sont têtus. Je ne déroge pas à la règle puisque j’ai fait trois tentatives d’ingurgitation de natto. En effet, il semblerait qu’il faut apprendre à apprécier cet aliment. Vraisemblablement mon apprentissage n’est pas terminé.

C’est d’ailleurs dommage, le nattô étant une nourriture excellente pour la santé : riche en vitamines K2 et C, en fer et en fibres. C’est, de plus, facile et peu onéreux à produire. Ces arguments sont sans doute ce qui a permis à cette monstruosité de perdurer depuis presque 10 siècles. Je dis ça mais Sayaka, Yumi et MeÏ en raffolent. Au final le problème vient peut-être de moi.

Okonomiyaki

Si je vous dit galette au chou, je ne vous fais sans doute pas rêver.  L’okonomiyaki (お好み焼き) comme son nom ne l’indique pas n’est pourtant rien de plus que ça : vous avez de la pâte ? Vous avez du chou ? Avec la pâte vous faites une galette et vous mettez du chou dedans. Je schématise à peine et c’est peut-être dans sa simplicité que réside la réussite de ce plat, originaire d’Osaka.

La pâte est faite à base de farine, d’œufs et de bouillon dashi. Certains y ajoutent du nagaimo (littéralement « long tubercule »; en voilà un qui porte très bien son nom) râpé mais pas moi, personnellement je ne me prends pas le chou. Ha, ha… bref.

Dans cette pâte est introduit le chou et à peu près tout ce que vous pouvez imaginer (crevettes, calamar, poulpe, viande, oignons, fromage, etc.), ce qui vaut à l’okonomiyaki le surnom de « pizza japonaise ».  Pour les linguistes, sachez que okonomi (お好み) signifie à peu près « ce que vous aimez » et yaki (焼き) grillé.

Okonomiyaki maison aux crevettes

La préparation est en effet cuite à la poêle, comme une crêpe, ou sur une plaque chauffante (la même que pour celle des yakisoba), souvent sous vos yeux si vous allez dans un restaurant spécialisé.

La touche finale consiste à recouvrir votre « ce que vous aimez grillé » de mayonnaise japonaise, de sauce okonomiyaki (il existe une sauce spécifique pour ce plat), de aonori (青のり, soit nori bleu, une algue… verte) en poudre, de gingembre en saumure (beni shoga) et de copeaux de bonite séchés (kastuobushi) qui se tortillent sous l’effet de la chaleur, donnant un aspect vivant au plat du plus bel effet.

いただきます!(Ittadakimasu !)

Quelles nouilles !

Une fois n’est pas coutume, parlons mangeaille. La nourriture japonaise est d’une richesse impressionnante, l’essentiel n’ayant malheureusement pas fait le trajet jusqu’en Europe. Ici nous allons parler des diverses variétés de nouilles que l’on peut trouver ici, et je ne parle pas de distinguer les penne des linguini.

Si les ramens se sont imposés ces dernières années en France, les autres types de nouilles que sont les udons, les sobas et les somens restent des mets réservés aux connaisseurs. Vous n’en faites pas partie ? Nous allons y remédier de ce pas.

Les ramen

Ces nouilles sont d’origine chinoise, leur nom (ラ-メン) est d’ailleurs la plupart du temps écrit en katakana, le syllabaire réservé au noms d’origine étrangère. Fabriquées à base de farine de blé, on les trouve fraîches ou sèches, droites ou ondulées, toujours fines, accompagnées en général du sachet de sauce idoine. Ce sont elles les fameuses nouilles instantanées auxquelles il suffit d’ajouter de l’eau chaude dans leur superbe boîte en polystyrène.

Elles se consomment dans un bouillon à base de miso ou de shôyu (sauce soja) accompagnées d’à peu près ce que l’on veut, en ce qui nous concerne les restes exhumés des entrailles du frigo font parfaitement l’affaire. Le bouillon dans lequel nage les ramens est constiué de la sauce fournie que l’on dilue dans de l’eau chaude, souvent l’eau de cuisson des pâtes.

Ramens maison aux champignons, germes de soja et poivron
Les udons

Fabriquées à base de farine de froment, les udons (うどん) sont les pâtes japonaises les plus épaisses (de 2 à 4 mm de largeur). Leur consistance est particulière, plutôt caoutchouteuse, étonnante la première fois. Ceux qui ne jure que par « al dente » risquent d’être déçus.

On en trouve aussi en instantané dans des boîtes de polystyrène bien que moins fréquemment que les ramens. Le bouillon est là aussi préparé avec l’eau de cuisson dans lequel est diluée une décoction dont j’ignore la composition et qui est achetée séparément. Vous remarquerez également sur la photo  qu’elle sont consommées dans les mêmes bols gigantesques que les ramens, ce qui n’a rien d’étonnant puisque nous n’avons que deux récipients de la bonne taille.

Udon maison au brocolis
Les yakisoba

Comme les ramens, les yakisoba (焼きそば) sont d’origine chinoise. Elles sont les descendantes spirituelles des chow mien très populaires dans le sud de la Chine et, à l’instar des ramens, font désormais partie intégrante de la cuisine japonaise.

Yakisoba

Leur nom signifiant « sarrasin sauté », sous-entendu « nouilles de sarrasin sautées » est trompeur puisque contrairement aux soba (voir plus loin) elle ne sont pas fabriqués à partir de farine de sarrasin mais de farine de blé.  Ces nouilles sont donc sautées, de ce côté là pas d’arnaque, le plus souvent avec des légumes et / ou de la viande, toujours avec la sauce spéciale qui fait de merveilles. La cuisine japonaise regorge de plats simples rendus délicieux par le truchement de la sauce parfaitement adéquate.

Que ce soit à la maison ou au restaurant, ces nouilles sont souvent préparées sur une plaque chauffante (ホットプレート) au centre de la table, en faisant un plat convivial, idéal pour les grandes tablées. Et bien évidemment, on les trouve en plat instantané dans des boîtes en polystyrène.

Les sobas

Au sarrasin, mes préférés ! Comme indiqué plus haut soba (蕎麦) signifie sarrasin. Il se trouve que la région de Nagano est réputée pour ses sobas; il y a d’ailleurs des champs de sarrasin sur les hauteurs au nord de chez nous et Matsumoto héberge un festival de soba en automne.

Elles sont consommées froides (disposées sur une minuscule natte de bambou et servies avec un bol de sauce séparé où l’on trempe les sobas avant de les enfourner goulûment dans son gosier) ou chaudes (servies dans le bouillon idoine toujours dans les mêmes bols surdimensionnés).

Il en existe plusieurs variétés, la différence se situant dans la proportion de farine de sarrasin utilisée pour leur confection, allant de 100% à 80%. Pour l’anecdote, le nom d’origine des ramens était chuka soba. Tout le monde voudrait se faire passer pour des pâtes de sarrasin, mais désormais vous ne vous y laisserez plus prendre.

Les somens

Faites à base de farine de blé, ces nouilles très fines sont en général consommées froides en été, servies avec un bol de sauce à part. C’est leur extrême finesse qui les distingue des udons. Pour les consommer froides, elles sont souvent plongées dans un bol d’eau et de glaçons avant la dégustation.

Les shiratakis

Plus anecdotiques, ces nouilles sont préparés à base de farine de konjac (moi non plus je ne savais pas que cette plante existait avant d’écrire cet article). De texture assez proche de celles des udons, en plus caoutchouteuses, elles sont essentiellement utilisées dans des plats tels que le sukiyaki (fondue japonaise) ou le oden (sort de pot-au-feu japonais).

Chirashi

Je l’avais mentionné à l’occasion de la fête des filles en tant que plat traditionnel et il s’avère que nous en avons mangé le jour même. Le chirashi, ou chirashizushi pour le nom complet est un assortiment de poissons crus coupés en petits morceaux, de légumes et d’omelette (tamagoyaki) servis sur un bol de riz.

Nos chirashi du Hinamatsuri

C’est finalement comme un très gros sushi avec l’avantage d’être beaucoup plus rapide et facile à préparer, et plus rassasiant, la quantité de riz étant assez importante (en tout cas chez nous c’est le cas).

Ici aussi il est arrivé

Le beaujolais nouveau ! En France, on ne le présente plus. Il s’avère qu’ici non plus, et même jusque dans notre campagne où nous avons eu un stand complet qui lui était dédié dans notre supermarché local. Vous constaterez qu’ici le vin est associé aux crackers, dont le nom français est sans doute un gage de qualité  *moue dubitative*.

Superbe étiquette, n’est-elle pas ?

Alors, non, je n’en ai pas acheté pour le goûter sachant qu’il y a peu de chances qu’il soit meilleur qu’en France et que la bouteille était vendue dans les 8 euros TTC (l’histoire ne donne pas le prix des crackers).

Notez la mine réprobatrice de Meï en haut à gauche

 

 

Le kaki n’est pas seulement une couleur moche

C’est aussi un fruit d’automne très répandu au Japon. Nous avons dans notre jardin un plaqueminier du Japon, parfois appelé figuier caque, sur lequel pousse le fruit en question. Ci-dessous des photos de ceux que j’ai mangé depuis.

Il en existe plusieurs espèces que nous classifierons comme suit : les bon à manger dès la cueillette (fuyuu-gaki), et les absolument infects (hachiya-gaki) s’ils n’ont pas été laissé à mûrir complètement (au point d’être complètement mous, voire blets) afin d’en concentrer le sucre et d’en chasser l’abominable astringence (j’exagère à peine). Ces derniers sont d’ailleurs souvent pelés, et laissé à sécher pour devenir des . Sous l’effet du soleil il forment une nouvelle peau et à partir de ce moment ils sont quotidiennement malaxés pendant près d’un mois pour en faire un fruit séché de compétition, au prix proportionnellement démesuré. D’où notre chance de s’en être fait offert une pleine brassée par un local, sans doute charmé par Yumi.

Hoshigaki

Impossible de se promener à Matsumoto en automne sans voir de kaki mûrs sur les plaqueminiers, ou en train de sécher par grappes pendus à des tringles devant les maisons. Il semblerait presque qu’ici les maisons sont vendues avec un plaqueminier dans le jardin, tant il y en a partout. Et le fait qu’il s’agisse d’un fruit d’automne le rend encore plus visible : impossible de rater ce fruit orange vif sur un arbre entièrement effeuillé.

Pour ma part j’aime beaucoup le fruit (la version non séchée contient davantage de vitamine C qu’un citron) dont le goût rappelle un peu celui de la papaye. Sayaka n’aime pas et Yumi, ne mange les fruits que cuits, mixés et s’ils proviennent d’un pommier… En ce qui concerne le kaki, à votre place j’éviterai de le consommer en compote toutefois : on a alors l’impression de manger de la purée de carotte sucrée.

Non mais je rêve ?

La semaine dernière ma belle-mère (kâsan ou mémé-chan pour les intimes) débarque à la maison avec des provisions pour nous. Jusque là rien d’anormal, puisque cela arrive au moins une fois par semaine, et gourmand comme je suis (goinfre diront les mauvaises langues), j’en suis ravi.

Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’elle sort de sa besace le paquet de pâtes que voici.

De toutes les marques distributeur existant en France, elle a réussi à trouver précisément les spaghetti que nous achetions en France. Comment le groupe Casino a-t-il réussi à investir le marché japonais avec ses produits, je l’ignore, peut-être l’effet « c’est de la nourriture et c’est français donc c’est forcément bon » que l’on rencontre fréquemment à l’étranger. Quoi qu’il en soit j’en suis tombé de ma chaise !

Un peu de la belle province

Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’en faisant les courses j’ai trouvé ça.

Mes préférés

Non seulement il s’agit d’un article sur lequel c’est écrit en français sans la moindre faute une description qui veut dire quelque chose (je vous concocte à ce propos un florilège de messages en français sans queue ni tête dont les asiatiques ont le secret, peut-être en réponse à nos vêtements décorés de caractères chinois mis bout à bout sans le moindre souci de correction), mais en plus il s’agit de mes biscuits préférés. A l’exception du marché de Noël à Lyon, je n’ai jamais pu en trouver en France et voilà que le supermarché du coin en propose ! Je n’aurais plus besoin de compter sur les visites de la famille ou des amis Montréalais pour m’empiffrer en prévision des rudesses de l’hiver.