Azumino Illuminations

Lyon a sa fête des lumières. Nous avons les Illuminations d’Azumino. Certes, l’ampleur n’est pas la même; le cadre en revanche n’a rien à envier à la cité des gônes. Dans un parc où un ruisseau tumultueux alimente un réseau d’étangs avec en toile de fond les Alpes japonaises se découpant ironiquement en ombres chinoises, nous avons flâné sous un tunnel de lumières sur les traces de Cendrillon (le thème de cette année).

Du carrosse au château, des douze coups de minuit au stand de takoyaki, (pour la touche japonaise) tout était réuni pour pour nous immerger dans une ambiance de conte de fées sur fond de musique classique.

Les filles au pas de charge, les parents se relayant pour les photos et la surveillance indispensable des furies, la pause repas pour lutter contre le froid (des takoyakis donc, sorte de petits beignets de poulpe sphérique – je parle ici de la forme des beignets, pas des poulpes – recouverts de la sauce adéquate) et les sachets de riz soufflés, cadeau du père Noël au yeux bridés dévoré sur le chemin du retour – je parle ici du cadeau, pas du père Noël – furent autant d’ingrédients pour une belle soirée en famille.

Wasabi

Si vous aimez la cuisine japonaise, en particulier les sushi et sashimi vous avez sans doute entendu parler du wasabi. Vous savez qu’à l’excès, cela débouche les sinus les plus congestionnés. Peut-être même avez-vous déjà vu à quoi il ressemble avant d’être une pâte verte décapante. Si vous voulez en savoir plus, venez à Matsumoto visiter la ferme Daio avec moi ! Ou alors lisez ce qui suit…

Champs de wasabi à la ferme Daio

Cousin du raifort, le wasabi est utilisé au Japon depuis le VIIIème siècle de notre ère. Afin de se développer il lui faut une eau ruisselante très propre, de température constante. Ces conditions sont reproduites artificiellement dans la ferme où de larges canaux en alimentent de plus petits pour former le réseau ci-dessus. De mai à octobre des bâches noires sont tendues au-dessus des champs afin de maintenir une température suffisamment fraîche.

Au cœur de la ferme on trouve un sanctuaire et une grotte dédiés à Hachimen Daio, un ancien héros local ayant donné son nom à la ferme. Il est le protecteur spirituel de la production de wasabi : entre trois et quatre cent mille plants de wasabi sur lesquels s’écoulent chaque jour près de cent vingt mille tonnes d’eau détournée.

A peine une vingtaine d’employés est occupée à la culture et la récolte manuelle de tout ce wasabi. Quand je dis manuelle, j’entends bien « à la main ». Le wasabi est une plante fragile, il est exclus d’avoir recours à des machines pour le récolter. La ferme produit environ cent trente tonnes de wasabi par an, soit près de 10% de la production nationale.

C’est bien la tige et non la racine qui est utilisée pour produire la pâte de wasabi. Une fois râpé, celui-ci perd rapidement de sa puissance, un bien ou un mal en fonction de votre tolérance à la douleur nasale. A la boutique de la ferme, vous pouvez vous procurer une râpe à wasabi en peau de requin, le matériau de choix des professionnels.

La liste de produits à base de wasabi disponible sur place est effarante, allant du chocolat à la saucisse, du jus aux sobas. La glace au wasabi fut une déception pour moi. Le goût était bien là, la force du wasabi brillait par son absence totale.

La ferme a été le décor d’un certain nombre de films et de série, notamment le moulin à eau, lequel fut construit pour le film « Dreams » d’Akira Kurosawa en 1989.

Hakuba

Ce nom ne vous dit sans doute pas grand chose. C’est pourtant l’une des stations de skis les plus prestigieuses du Japon. Elle a notamment accueilli les épreuves de saut à ski et de combiné nordique durant les JO de Nagano en 1998.

En été aussi l’endroit attire les touristes, dont nous, c’est-à-dire les filles filles, leur grand-père japonais (de son surnom « pépé-chan ») et leur père (vraisemblablement moi). Pingres que nous sommes, nous avons choisi d’y aller la semaine où le télésiège était gratuit. Du sommet, une magnifique vue sur la vallée nous attendait, ainsi que diverses activités fort sympathiques : une cabane dans les arbres, un petit sentier forestier, un étang gorgé de têtards, des fleurs à foison et un cor des Alpes. Des Alpes suisses. Au Japon.

Je me suis bien évidemment jeté sur l’occasion. Après quelques tentatives infructueuses j’ai réussi à le faire sonner, à la plus grande joie des filles. La photo de moi en train de m’époumoner a été prise par Yumi, aussi douée que son père pour le cadrage. A quatre ans, et n’ayant jamais suivi de stage photo, elle au moins elle a une excuse.

Sur place nous avons aussi trempé les pieds dans de l’eau thermale, jaillissant à plus de 40°C. Enfin, après leur bento, les filles ont eu droit à une glace chacune offerte, comme il se doit, par pépé-chan. Je me suis donc trouvé contraint à terminer deux glaces (malheureusement pas au wasabi), pauvre goinfre de moi.

Sakura, le retour

Cette année encore, les cerisiers ont fleuri. Petite sélection de photos, bien loin de rendre justice à la beauté du spectacle.

La forêt tyrolienne

Ou comment vendre un air de germanisme à des Japonais. Il s’agit d’un parc familial, je n’oserai pas dire un parc d’attractions, dont le thème est le Tyrol, cette charmante région autrichienne, aussi éloignée géographiquement que culturellement de notre archipel favori.

チロルのもり (lire tchiroru no mori) la « forêt du Tyrol » nous a certes permis de changer un peu de nos repaires habituels lorsque nous y avons amené les filles en novembre (oui je suis en retard dans la rédaction de ce blog) mais je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai été dépaysé.

Architecturalement, il y a un air de ressemblance avec la Bavière, et l’idée que je me fais du Tyrol. En revanche, diffuser en boucle de la musique à base d’accordéon criard, ce n’était pas vraiment nécessaire. J’espère aussi que les enfants Japonais qui visitent le parc ne vont pas imaginer que les alpagas en captivité qui s’y trouvent sont eux aussi d’origine autrichienne.

Si l’on ajoute à cela que le moindre jeu pour enfant est payant, en plus du ticket d’entrée au parc, je vous laisse imaginer que les parents ne garderont pas un souvenir des plus reluisants de cette journée.

Les deux réussites de la journée resteront le repas, à base de pizza au feu de bois vraiment délicieuse et authentiquement tyrolienne, tout comme la glace à l’italienne d’ailleurs, et la première chevauchée de Yumi sur une haridelle en fin de carrière douce comme un agneau.

Koyo

Koyo est à l’automne ce que sakura est au printemps ; les fleurs de cerisiers cèdent la place aux feuilles de fin de saison et les arbres se parent de couleurs flamboyantes. Moins connu à l’étranger que son pendant printanier, koyo est néanmoins tout aussi populaire auprès des japonais, amateurs d’esthétique et bien souvent de photographie.

Le pays ne compte pas moins de 26 espèces d’arbres réputés pour leur teintes automnales. Le rouge vif des feuilles de « momiji », les érables japonais, est sans doute le plus représentatif. Kôyô s’écrit d’ailleurs 紅葉 en kanji, le premier signifiant « rouge », le second « feuille ». Le ginkgo, ichô en japonais, quant à lui revêt une robe d’or contrastant majestueusement avec le rouge des momijis.

A l’instar du hanami, le momijigari est une activité consistant à rechercher les meilleurs endroits pour admirer les feuillages. Nombre de japonais voyagent même à travers le pays à cette occasion. C’est naturellement à Hokkaïdo, l’île la plus septentrionale de l’archipel, que commence la saison de kôyô en septembre, avant de progresser vers le sud.

L’apogée est en générale atteinte trois semaines après le début de coloration des feuilles soit en octobre dans le nord du pays et jusqu’à décembre à Kyûshû. Puis on attend les sakura et la boucle est bouclée.

Cueillette

Au risque de me répéter, la région de Nagano est réputée, entre autres, pour la qualité de ses pommes. Sous l’impulsion d’un expatrié français rencontré à mon cours de japonais (connu sous l’appellation « l’autre Sylvain »), nous y sommes allés avec Yumi.

A quelques minutes de voiture à peine au nord de chez nous se trouvent de nombreux vergers, dont celui où nous nous sommes rendus pour cette activité. Le temps de déplier le matériel de camping et d’allumer un grand feu, nous étions prêts pour suivre attentivement les explications et de passer aux choses sérieuses.

Nous avons commencé par cueillir des pommes pour faire des yaki-ringo (焼きりんご, pommes grillées), d’où le feu malgré la température très agréable. Yumi a bien entendu souhaité s’en charger : couper la pomme en quatre et en retirer le cœur, y ajouter du sucre (un peu) et du beurre (beaucoup) avant de refermer le tout et de le recouvrir de papier journal mouillé puis de papier aluminium. On glisse dans la braise et on laisse reposer 40 à 45 minutes.

En attendant, nous avons mangé des pommes évidemment mais aussi fabriqué du jus de pommes à l’aide d’un mini pressoir manuel. Là aussi Yumi a essayé, avec mon aide puisqu’il faut appuyer comme un sourd pour que la vis sans fin fasse son effet. Au cours de la matinée, les pommes et le jus peuvent être consommés à volonté, aussi longtemps que la motivation  est suffisante pour presser son propre jus.

Nous avons également pu goûter diverses tartes et autres friandises à base de pommes, lesquelles n’avaient rien à envier à celles trônant dans les vitrines de boulangeries-pâtisseries françaises.

Pour finir nous avons dégusté notre pomme grillée et avons pu emporter trois pommes sélectionnées et cueillies par Yumi. Cela peut sembler peu si l’on ignore que les pommes en question faisaient à peu près la taille de mes deux poings réunis. Yumi avait choisi deux Shinano Gold (apparentées au Golden si fréquentes en France) et une Shinano Sweet, sans doute les pommes les plus sucrées qu’il m’ait été donné de goûter. La dernière variété disponible là-bas était la San-Fuji, variété créée au Japon (tout comme les deux autres d’ailleurs) et la plus consommée au Japon.

Utsukushigahara

Afin d’échapper à la canicule écrasante et afin de célébrer le premier jour des minuscules vacances d’été de Sayaka, nous avons pris le chemin de la montagne pour nous rendre sur les hauteurs d’Utsukushigahara (美ヶ原).

Point culminant du versant est de la vallée de Matsumoto, Utsukushigahara est un plateau où se pratique l’élevage des bovidés, la fabrication de camembert et l’extorsion des touristes, lesquels pouvant s’offrir ici des produits identiques à ceux vendus en ville, pour le double du prix.

Papillon (蝶)
Filles (娘)

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’un haut lieu touristique, mais à la lecture des plaques d’immatriculation, certaines personnes sont prêtes à faire plusieurs centaines de kilomètres pour venir y chercher la fraîcheur. Avec des températures avoisinant les 40°C à Gifu, c’est compréhensible, d’autant plus que la semaine à venir est celle des congés estivaux partout au Japon.

Clocher

Depuis chez nous, il faut compter une heure de trajet, voire un peu plus quand on se plante de chemin au départ comme cela nous est évidemment arrivé. Ça grimpe sec, surtout les derniers kilomètres où l’on passe de 1500 à 2087 mètres, l’altitude sommitale. La route est plaisante, traversant rizières et vignes, avant d’entrer dans la forêt dont la composition va des bambous aux conifères. Sayaka nous a conduit à l’aller, appréciant la boîte automatique qui lui a évité les changements de vitesse incessants sur les routes de montagne. J’ai conduit au retour, maudissant la boîte automatique et l’absence de frein moteur.

Meï lors de sa première rencontre avec une vache

En haut nous avons fait une petite promenade au milieu des pâturages, nourri des poneys à coups de bâtonnets de carottes (enfin j’ai nourri les poneys pendant que les filles observaient à une distance respectable les dents de l’animal d’une taille elle aussi respectable), observé les vaches – objet initial de notre escapade -, sonné la cloche et pris un pique-nique japonais à base de onigiri, inarizushi, thé vert et autres joyeusetés.

Bon appétit
Bon appétit

Sakura et hanami (bis)

Pour compléter le précédent article, voici quelques photos supplémentaires, de nuit, ainsi que le présentoir dédié à hanami au supermarché où l’on trouve tout le nécessaire pour pique-niquer sous les sakura, des chips aux gobelets en plastique, en passant par les tapis de sol et les serviette en papier.

Faites vos emplettes pour la saison de hanami à Matsumoto

 

Sakura et hanami

Ah, le printemps ! Mon premier ici au Japon et c’est donc avec impatience que je l’attendais pour admirer les sakura. Sakura désigne les cerisiers ornementaux japonais et leur fleurs. Pendant une semaine environ, les arbres se parent de leur robe blanche ou rose et c’est simplement magnifique et, à moins d’avoir mangé un truc avarié, on ne peut qu’aimer.

Au bord de la rivière Suzuki

Il n’est pas simple de planifier un voyage au Japon pour admirer les sakura puisque cela ne dure vraiment que peu de temps et que, comme c’est le cas cette année, la météo à un impact direct sur la date de floraison. C’est avec presque deux semaines d’avance qu’elle a eu lieu cette année à cause d’une fin de mois de mars particulièrement chaude.

Heureusement le Japon est un pays très étiré du nord au sud et alors que la période des sakuras commençaient à peine ici, elle était déjà terminée à Shikoku, dans le Sud, et il faudra attendre encore un peu pour les voir à Hokkaïdo à l’extrême nord du pays.

L’ancienne école primaire Kaishi

Hanami est une activité à part entière qui consiste à s’asseoir sous les sakura et à les contempler, accessoirement en mangeant et en buvant avec l’objectif avoué de se prendre une cuite. Le nom hanami s’écrit 花見, qui signifie tout simplement regarder les fleurs.

Fleur de yukiyanagi. Rien à voir avec les sakura mais c’est quand même joli non ?

La période des sakura est tellement importante ici que sur le site de la préfecture de Nagano il existe une page dédiée indiquant l’état de floraison des sakura un peu partout dans la région. La floraison peut être dans les états : pas commencée, en bourgeons, en cours, ou terminée. Il y a également dans les magasins des produits spécifiques pour cette période, allant de la canette de bière Asahi décorée de fleurs de cerisiers, au café Starbucks spécial sakura.

Sakura

Allez je me tais et je vous laisse avec les photos qui malheureusement ne rendent pas justice à la beauté de ces cerisiers (qui soit dit en passant, ne produisent pas de cerises .

Matsumoto-jô