L’école Kaichi

L’une des plus anciennes écoles du Japon se trouve à Matsumoto. Ce fut l’occasion d’une petite visite en famille, gratuite de surcroît étant résidents de Matsumoto. Originellement une école primaire, elle fut aussi un collège, une école pour femmes, un lycée technique pour enseignants et un centre social d’éducation.

Cette école fut fondée en 1873, peu de temps après les réformes en profondeur du système éducatif japonais du début de l’ère Meiji. Le bâtiment, terminé en 1876 est d’inspiration européenne, avec des éléments d’architecture japonaise. Désignée Patrimoine Culturel en 1961 avant de fermer ses portes en 1963, année où l’école fut entièrement déconstruite afin d’être déplacée et conservée avant de devenir un musée en 1965.

 La visite présentait peu d’intérêt pour les filles, à l’exception d’un long corridor séparé de la pièce adjacente par une barrière en bois à travers laquelle elles ont passé un bon quart d’heure à jouer à cache-cache. Soyons honnête, avec l’essentiel des descriptifs en japonais et les filles à surveiller, je ne garderais pas non plus un souvenir impérissable de ce musée. Le bâtiment reste fort agréable à l’œil grâce au cachet certain que lui confèrent ses parquets cirés et patinés et ses pupitres d’écoliers au charme désuet.

Musée d’art de Matsumoto – 美術館

Avec un père tel que moi, impossible d’échapper aux visites de musées. C’est mon côté bobo, j’aime bien faire semblant de comprendre l’art contemporain ou d’apprécier les chefs-d’oeuvre classiques. J’ai donc emmené Yumi avec moi à la découverte du musée d’art de Matsumoto, en lui faisant miroiter des merveilles, notamment les sculptures de fleurs titanesques du parvis. Jugez plutôt.

En ce moment l’attraction phare est une exposition de Yayoi Kusama, une artiste originaire de Matsumoto spécialisée dans les installations et la sculpture. A part sa tête, visible un peu partout en ville ou sur le site internet de Matsumoto, j’ignorais tout de cette artiste. Malgré cette méconnaissance, ce fut excellent, un vrai plaisir pour Yumi et moi.

Yumi devant la façade du musée

Et pour cause, les installations en question, à base de miroirs et de lumières, les sculptures colorées et les peintures fourmillant de détails ont ravi Yumi. Quoi de plus fun pour un enfant que de voir son image reflétée à l’infini dans un couloir tapissé de miroirs ?

Une seconde exposition était dédiée au travail d’un maître calligraphe dont je n’ai pas retenu le nom. Une vidéo le présentait en pleine démonstration de son talent, c’était surprenant, voire captivant pour Yumi. Nous avons alors vu lesdites calligraphies exposées et avons pu nous même écrire de superbes idéogrammes par la technique dite de takuhon.

Cette technique constiste à positionner une feuille de papier sur une pierre où sont gravés des kanji et à frotter ce papier avec un bloc encreur. Très utilisé par le passé pour reproduire aisément des textes, ce mode d’écriture a constitué pour Yumi une activité ludique intéressante.

Une dernière sculpture aura marqué Yumi : un homme debout, dans le plus simple appareil. Quand elle a commencé à commenter son anatomie je n’étais pas fâché que personne ne pût comprendre ce qu’elle racontait (merci internet pour la conjugaison du verbe pouvoir à l’imparfait du subjonctif). Ce fut donc une très belle expérience père-fille.