Hakuba

Ce nom ne vous dit sans doute pas grand chose. C’est pourtant l’une des stations de skis les plus prestigieuses du Japon. Elle a notamment accueilli les épreuves de saut à ski et de combiné nordique durant les JO de Nagano en 1998.

En été aussi l’endroit attire les touristes, dont nous, c’est-à-dire les filles filles, leur grand-père japonais (de son surnom « pépé-chan ») et leur père (vraisemblablement moi). Pingres que nous sommes, nous avons choisi d’y aller la semaine où le télésiège était gratuit. Du sommet, une magnifique vue sur la vallée nous attendait, ainsi que diverses activités fort sympathiques : une cabane dans les arbres, un petit sentier forestier, un étang gorgé de têtards, des fleurs à foison et un cor des Alpes. Des Alpes suisses. Au Japon.

Je me suis bien évidemment jeté sur l’occasion. Après quelques tentatives infructueuses j’ai réussi à le faire sonner, à la plus grande joie des filles. La photo de moi en train de m’époumoner a été prise par Yumi, aussi douée que son père pour le cadrage. A quatre ans, et n’ayant jamais suivi de stage photo, elle au moins elle a une excuse.

Sur place nous avons aussi trempé les pieds dans de l’eau thermale, jaillissant à plus de 40°C. Enfin, après leur bento, les filles ont eu droit à une glace chacune offerte, comme il se doit, par pépé-chan. Je me suis donc trouvé contraint à terminer deux glaces (malheureusement pas au wasabi), pauvre goinfre de moi.

Utsukushigahara

Afin d’échapper à la canicule écrasante et afin de célébrer le premier jour des minuscules vacances d’été de Sayaka, nous avons pris le chemin de la montagne pour nous rendre sur les hauteurs d’Utsukushigahara (美ヶ原).

Point culminant du versant est de la vallée de Matsumoto, Utsukushigahara est un plateau où se pratique l’élevage des bovidés, la fabrication de camembert et l’extorsion des touristes, lesquels pouvant s’offrir ici des produits identiques à ceux vendus en ville, pour le double du prix.

Papillon (蝶)
Filles (娘)

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’un haut lieu touristique, mais à la lecture des plaques d’immatriculation, certaines personnes sont prêtes à faire plusieurs centaines de kilomètres pour venir y chercher la fraîcheur. Avec des températures avoisinant les 40°C à Gifu, c’est compréhensible, d’autant plus que la semaine à venir est celle des congés estivaux partout au Japon.

Clocher

Depuis chez nous, il faut compter une heure de trajet, voire un peu plus quand on se plante de chemin au départ comme cela nous est évidemment arrivé. Ça grimpe sec, surtout les derniers kilomètres où l’on passe de 1500 à 2087 mètres, l’altitude sommitale. La route est plaisante, traversant rizières et vignes, avant d’entrer dans la forêt dont la composition va des bambous aux conifères. Sayaka nous a conduit à l’aller, appréciant la boîte automatique qui lui a évité les changements de vitesse incessants sur les routes de montagne. J’ai conduit au retour, maudissant la boîte automatique et l’absence de frein moteur.

Meï lors de sa première rencontre avec une vache

En haut nous avons fait une petite promenade au milieu des pâturages, nourri des poneys à coups de bâtonnets de carottes (enfin j’ai nourri les poneys pendant que les filles observaient à une distance respectable les dents de l’animal d’une taille elle aussi respectable), observé les vaches – objet initial de notre escapade -, sonné la cloche et pris un pique-nique japonais à base de onigiri, inarizushi, thé vert et autres joyeusetés.

Bon appétit
Bon appétit