Un peu de nous

Juste comme ça rapidement une photo de nous 4 devant le château, prise hier au cours d’une petite promenade en famille.

Nous quatre au château

Comme vous pouvez le constater il fait beau, les filles vont bien, nous aussi, à plus forte raison puisque Sayaka ne travaille toujours pas et que nous profitons à fond de nos enfants. La belle vie en somme.

A noter que Yumi en grande fan des animaux a adoré regarder les carpes qui nagent dans les anciennes douves, et qui accourent au devant des passants dans l’espoir de glaner quelque nourriture. Malheureusement pour elles, chez nous le pain n’a pas le temps de rassir et elles sont restées sur leur faim.

Le tri des déchets

Au Japon, plus particulièrement ici à Matsumoto, le tri des déchets suit des règles strictes. Première chose, chaque foyer doit utiliser des sacs spéciaux pour la poubelle, avec un emplacement spécifique où le nom des propriétaires du sac doit être indiqué. Ces sacs sont vendus par la municipalité et coûte la « modique » somme d’un euro pièce, sans doute une mesure incitative à la limitation de la quantité de déchets que nous produisons.

Il y a par ailleurs plusieurs types de sacs : ceux pour les déchets à incinérer et ceux pour les déchets à recycler. Ces sacs étant transparent, les japonais dans leur extrême pudeur, placent du papier journal à l’intérieur afin de masquer le contenu de leur poubelle à la vue de leurs voisins. Après tout, le sac est nominatif, les commérages pourraient se nourrir de ces déchets, par exemple : « Oh, les Moenroko (prononciation approximative de notre nom ici) ont jeté une barquette en plastique dans les déchets non recyclable ! Quel incivisme ! ».

Pour poursuivre sur le sujet, chaque foyer est censé se conformer à la notice ci-dessous en ce qui concerne le tri des déchets : heureusement qu’il y a des dessins.

Le panneau explicatif du tri des déchets à Matsumoto pour 2017

En complément de notre poubelle standard, nous avons donc un sac pour le métal, un sac pour les canettes aluminium, un sac pour les barquettes en polystyrène, un sac pour les barquettes et pots en plastiques, un pour les bouteilles en plastiques et un pour le verre, les uns devant être déposés le mardi ou le jeudi matin avant 8h30, les autres un mercredi sur deux, d’autres encore, une fois par mois, bref il vaut mieux coller des post-it partout dans la maison ou bourrer son téléphone de rappels automatiques (faites votre choix en fonction de votre degré de technologisme) pour ne pas rater le coche et se retrouver avec des poubelles qui débordent !

Le parc des Alpes – アルプス公園

La semaine dernière nous sommes allés avec Yumi et sa grand-mère au parc des Alpes de Matsumoto. Il s’agit d’un parc dans les hauteurs de la ville, à peine une dizaine de minutes en voiture de chez nous et qui à la particularité d’abriter, outre une variété impressionnante de jeux pour enfants (dont des toboggans à faire pâlir nos parcs d’attraction), un petit zoo accueillant des animaux locaux dont vous avez un florilège en photo ci-dessus.

Sanglier (Inoshishi pour Yumi)
Cochon asiatique

Yumi a particulièrement aimé les macaques japonais, particulièrement bruyants, ainsi que leurs déjections puisque nous avons été témoins d’un lâcher de crotte en direct. C’est la première chose qu’elle à raconté avec entrain à Sayaka en rentrant « On a vu des crottes de singes ». L’innocence de 2 ans et demi…

Macaque japonais

 

Citoyen de Matsumoto

Suite à notre installation à Matsumoto, nous devions nous inscrire sur les registres de la ville. Histoire d’être débarrassés des formalités au plus vite, nous sommes rendus à la mairie dès les premiers jours après notre arrivée. Premier constat, nous sommes immédiatement pris en charge et orientés vers le bureau approprié, et rapidement je note qu’à part prouver que j’existe, fournir ma carte de séjour et écrire mon nom dans trois cases, je ne sers pas à grand chose.

Enfin, je rectifie, je me suis quand même occupé de Yumi, et j’ai été en cela grandement aidé par les commodités de la salle d’attente de la mairie offrant un espace de jeux pour les enfants avec des tonnes de livres (en japonais bien entendu), des cubes en mousse et autres peluches.

Au final, une bonne partie de la matinée s’est écoulée avant que nous (i.e. Sayaka) en ayons terminé avec ces papiers. Dès le lendemain nous recevions par la poste nos numéros de citoyen (je ne trouve pas de meilleur équivalent) de Matsumoto, qui doit nous servir pour toute démarche administrative auprès de la mairie, telle que l’inscription à l’école, la demande d’aide financière, etc. J’adore l’efficacité de l’administration japonaise !

Konnichiwa Matsumoto

Nous y sommes ! Notre projet, imaginé au printemps 2016, mûri au cours de l’hiver et vers lequel nous tendions toutes nos pensées récemment s’est concrétisé cette semaine. C’est l’aboutissement de six mois de préparatifs et d’un périple que je m’en vais vous conter.

Yumi et Sayaka à l’aéroport de Lyon

Nos deux derniers jours en France, nous avons été gracieusement hébergés par la marraine de Meï. Nous avons fignoler les bagages, reçu une visite de dernière minute avant notre départ et tenté d’emmagasiner de l’énergie en vue de notre trajet.

Avec les filles dans la salle d’embarquement à Lyon

La première étape en taxi a ravi Yumi qui nous a gratifié d’exclamations telles que « Ouais taxi! » ou encore « Ah ça fait du bien le taxi ! ». Le chauffeur a halluciné devant le nombre bagages que nous emportions, s’interrogeant sur la capacité de son monospace a tout emporter. Avec un peu de méthode nous avons pu tout caser et nous rendre à l’aéroport tous ensemble.

A l’aéroport, Yumi trépignait à l’idée de prendre l’avion et d’aller voir « son Japon ». Tout s’est très bien passé, nous avons même éviter les surtaxes malgré des bagages excédant les 23 kilos. Yumi a adoré le décollage, elle était hilare, lançant un « ça va vite ! » enthousiaste.

Yumi endormie sur mes genoux dans l’avion entre Bruxelles et Tokyo

A Bruxelles nous avons dû courir pour avoir notre correspondance, avec Yumi et Meï ce fut sportif, je vous laisse imaginer. Le second décollage a fait le même effet à Yumi que le premier, à ma plus grande joie. Avec l’excitation elle est resté éveillée jusqu’à 23 heures et a fini par s’endormir sur son siège, d’où elle a manqué de tomber une heure plus tard. Elle a donc dormi en travers de mes genoux, les jambes sur son siège, me réveillant à intervalles réguliers lorsqu’elle changeait de position. Elle a été vraiment adorable tout le long, pas de cris ni de pleurs malgré le manque de sommeil et les repas décalés et à la diététique discutable. Meï quant à elle n’y a vu que du feu, dormant dans sa nacelle tranquillement.

Meï dans sa nacelle

A l’arrivée à Tokyo, je me suis vu délivré un titre de séjour de trois ans m’autorisant à séjourner et à travailler au Japon. Nous avons ensuite récupéré nos bagages, nos poussettes, prenant bien soin d’en oublier un comme cela nous était arrivé en Arménie. La maman de Sayaka nous attendait à la sortie, où nous avons envoyé l’essentiel de nos bagages à Matsumoto. J’avoue m’être entièrement laissé guidé par Sayaka, un peu dépassé par les événements avec la fatigue et la barrière de la langue qui m’a semble insurmontable en ce premier jour.

Nous avons passé notre première nuit à l’hôtel à proximité de l’aéroport de Narita. C’est en bus que nous y sommes allés, nouvelle source de joie pour Yumi qui adore tous les moyens de transports. Elle a souffert du décalage horaire dans a nuit, nous offrant une coupure de trois heures où nous avons chanté des chansons et raconté des histoires afin de tuer le temps en attendant qu’elle se rendorme, vers 2h30 du matin. Autant dire que le réveil à 7 heures le matin m’a fait beaucoup de mal.

Dans le train entre l’aéroport de Narita et Tokyo

Les étapes suivantes se sont faites en train ce qui, vous l’aurez deviné, a fait bondir de joie Yumi, qui en a profité pour dormir une nouvelle fois sur moi entre Shinjuku et Matsumoto. Cette fois c’est le papa de Sayaka qui nous a réceptionné, et bien que nous n’ayons conservé que le strict minimum en termes de bagages, la maman a dû rentrer en bus tandis que nous étions conduit à notre nouvelle maison, pendant que Yumi demandait « Il est où mon Japon ? ».

Yumi fait la sieste dans le train entre Tokyo et Matsumoto

Après trois jours, elle commence à comprendre que notre « maison du Japon » c’est chez nous. Elle a retrouvé beaucoup de ses jouets qui lui font dire « c’est comme d’habitude » (comprendre « c’est comme quand on était en France »). Le décalage horaire commence à s’estomper, et elle a immédiatement reconnu ses grands-parents japonais, à qui elle raconte ses histoires en français mais qui n’en sont pas moins ravis de l’avoir près d’eux.

Meï dans les bras de sa grand-mère japonaise pour la première fois

Il reste encore du chemin à parcourir pour qu’elle se construise un référentiel ici. Elle demande où sont Eline (sa meilleure amie) ou son parrain, demande des « yaourts bleus » de la couleur de l’emballage des yaourts en France et bien sûr du pain, que nous trouvons ici sans difficulté mais qui coûte deux fois et demie ce qu’il coûte en France, pour un goût forcément… différent.

Les filles font la sieste dans le salon à Matumoto

A moi aussi il va falloir du temps pour trouver mes marques dans cette maison que le parents de Sayaka n’ont pas encore eu le temps de déménager entièrement, pour savoir utiliser tous les appareils électroménagers (avec des boutons entièrement en Japonais, c’est compliqué) et surtout pour réussir à communiquer. La panique initiale est passée et je retrouve un peu de mon japonais, toutefois la barre reste haute et trois ans ne seront pas de trop pour parvenir à un niveau qui me satisfasse.