Naraijuku

Ancien relais de poste sur la route nakasendo, le chemin historique entre Edo (l’actuelle Tokyo) et Kyoto, Naraijuku est un séduisant petit village. Enlevez-lui ses chaussées goudronnées, ses entrecroisements de fils électriques entre les bâtisses et ses inévitables voitures et vous vous croiriez retournés deux siècles en arrière dans le Japon des Tokugawa.

A l’occasion de la venue de mon cher paternel, nous y avons fait une excursion afin qu’il puisse avoir un aperçu du Japon traditionnel. La visite en images.

C’était un 22 février, il y a 141 ans

Nous sommes en 1877. L’ère Meiji, synonyme d’ouverture du Japon au monde extérieur et de début de l’industrialisation débute à cette époque, a débuté il y a neuf ans. Le pays est en pleine restructuration, tant sociale, culturelle que politique, notamment avec l’abandon du système féodal alors en place.

Le système préexistant faisait la part belle aux samouraïs, lesquels jouissaient alors de nombreux privilèges, disposaient de pouvoirs et de revenus importants. Avec la disparition de ce système ils redeviennent des citoyens ordinaires, perdant leur raison de vivre et voyant leur éthique ancestrale foulée aux pieds par les idées et techniques importées d’occident.

Le 22 février de cette année, sous l’impulsion de Takamori Saigô, pourtant membre du gouvernement Meiji, une armée forte de 25000 (selon la police) à 40 000 (selon les manifestants) samouraïs assiège la caserne de l’armée impériale à Kumamoto. En près de six semaines ils parviennent à tuer plus du double de soldats impériaux qu’ils n’y avait de samouraïs mais cela ne suffira pas. Pour mater la révolte le gouvernement Meiji lança sur Kumamoto une armée de 300000 hommes.

A l’issue de la bataille, il ne reste à Saigô qu’une poignée de samouraïs (200 à 300), qui se replient jusqu’à Kagoshima à l’extrême sud de Kyûshû. C’est là qu’ils furent décimés en septembre de cette même année choisissant la mort au déshonneur en chargeant à cheval les troupes impériales armées de fusils, canons et mitrailleuses Gatling. Saigô se fit seppuku est peut d’une certaine façon être considéré comme le dernier samouraï.

Coïncidence amusante, en japonais, dernier (最後) se dit saigo.