Shake it baby

Cette nuit nous avons été réveillés par un tremblement de terre, le premier que je ressens depuis notre installation ici, il y a un peu plus de mois. J’étais profondément endormi et ma première pensée fut « Le vent est vraiment violent cette nuit, il fait bouger la maison ». Rapidement toutefois, mon cerveau a émergé des limbes du sommeil pour arriver à la conclusion qu’il fallait plus que du vent pour secouer ainsi une habitation.

Il s’avère que la secousse en question, de magnitude 5.2 et dont l’épicentre était situé à 10km de profondeur,  a eu lieu dans la préfecture de Nagano. La station sismique de Matsumoto a enregistré une magnitude de 3 ce qui explique l’intensité avec laquelle nous l’avons ressenti. La photo ci-dessous montre le pied de l’étendoir à linge qui a été déplacé par la secousse (la position précédente est visible sur le sol car plus claire). A noter, Yumi n’a pas bronché et ne s’est même pas réveillée.

Le pied en béton de l’étendoir, déplacé de presque 10 centimètres par la secousse

De la même façon que pour le passage des missiles nord-coréen, nous avons reçu une alerte SMS sur nos téléphones nous annonçant l’imminence de la secousse, ce qui dans le cas présent nous a fait une belle jambe puisque nous dormions. Pour les informations détaillées, sur le séisme voir le site de l’agence météorologique japonaise (en anglais).

Notre destination : Matsumoto

Vue de Matsumoto depuis les hauteurs du parc de Joyama

Assez logiquement, lorsque je parle de notre expatriation au Japon, on me demande à quel endroit nous allons nous installer. La réponse est immanquablement accueillie par un regard dénué de compréhension, suivi d’un « Je ne connais pas » ou un laconique « Ah ok ». Mais rassurez-vous, je ne vous taxerai pas d’ignorance crasse pour votre méconnaissance de cette petite ville. Au contraire, c’est avec plaisir que je vais éclairer votre lanterne.

Mastumoto est située à environ 70 kilomètres au sud de Nagano, chef-lieu de la préfecture et célèbre pour les Jeux Olympiques d’hiver de 1998. Elle est nichée dans une vallée entre les Alpes Japonaises et les hauteurs de Ustukushigahara.

Dans le parc du château avec Sayaka et la mascotte de Matsumoto (hiver 2013-2014)

Il y fait froid en hiver avec des températures moyennes négatives entre décembre et mars, agrémentées de chutes de neige qui raviront Yumi dès cette année. En été les températures sont plus clémentes qu’à Lyon et quoi qu’il en soit la maison sera climatisée et nous ne souffrirons pas de la canicule comme ce fut le cas la semaine dernière, ce qui ravira Sayaka.

Alpes japonaises en hiver

Avec environ 240 000 habitants, Matsumoto est considérée comme une petite ville au Japon. On pourrait la comparer à une ville de la taille d’Annecy si l’on devait faire un rapprochement avec la France, ce qui, en considérant la situation géographique d’Annecy ne serait pas la seule similitude. Ayant dépassé la barre des 200 000 habitants, Matsumoto a acquis le statut de Tokureishi (Ville spéciale) au sein de la préfecture de Nagano, lui déléguant certaines fonctions habituellement réalisées par la préfecture. C’est un peu l’équivalent d’une sous-préfecture en France.

Panorama du château depuis le sud-ouest

La ville présente comme attraction principale son château, classé monument national. Il est l’un des châteaux historiques du Japon (avec ceux de Himeji et de Kumamoto), surnommé « Karasu-jô » (le château corbeau) en raison de sa couleur à dominante noire. Aux alentours, les randonnées à Kamikôchi en été et le ski en hiver sont les activités les plus populaires.

Le château vu du sud-est

Sur le plan culinaire, la région est réputée pour ses soba, nouilles de sarrasin, ses pommes de la taille de pamplemousses et son raisin de table (utilisé pour faire du vin dont je garde un souvenir impérissable : j’ai eu l’impression de boire du jus de cassis). Ah j’oubliais, le wasabi local jouit également d’une bonne réputation.

Une ferme de wasabi