Noël au Japon

Pâques au tison. Quel bonheur les proverbes ! Bref, ici aussi on fête Noël, enfin un peu. C’est une fête pour les enfants ou les couples, les premiers recevant un petit cadeau de la part des parents, voire des grand-parents, les seconds y trouvant un prétexte pour une soirée et un cadeau, sans doute d’un autre genre…

Une famille et un succédané de sapin

En tant que franco-japonais nous avons bien évidemment fêté ça avec un petit réveillon hier. Au menu : tartiflette et saucisson sec de Savoie avec reste de la  bûche de Noël amenée par les beaux-parents la veille et confectionnée par Michel, notre pâtissier français local. Un régal, bien que la bûche fut un peu trop sucrée au goût de Sayaka. Un grand merci encore à nos amis savoyards pour le reblochon et le reste.

Une vraie tartiflette préparée par… une Japonaise (merci Sayaka !)

Notre sapin famélique, acheté à prix d’or, à tout de même fait venir Santa-san (c’est comme ça que les enfants appellent le père Noël ici), lequel a bien gâté les filles, encore une fois grâce au concours des amis, parrains et marraines dont les présents ont convergé chez nous pour donner un mélange issu de trois continents. Nous avons même reçu un colis le 24, un dimanche, miracle du Japon où la poste comme les livreurs, travaillent 7 jours sur 7.

Deux sœurs et des cadeaux

Un peu moins miraculeux toutefois, le fait qu’après l’ouverture des cadeaux ce matin de Noël, Sayaka s’en est allée au travail. Eh oui, ici point de jour férié pour cette fête importée, il faudra attendre la fin de la semaine et le nouvel an, lequel constitue la vraie fête familiale de fin d’année ici (objet d’un article à venir, soyez rassurés).

Yumi en plein déballage

En résumé, j’ai importé les traditions familiales avec lesquelles j’ai grandi, et nous les avons calées le mieux possible dans le cadre culturel nippon qui est le notre en ce moment. Ce qui n’a pas empêché Yumi de s’éclater à ouvrir les cadeaux et de tenter de s’accaparer les jouets de sa sœur et de manger les chocolats de sa maman… Les enfants sont formidables !

Meï en pleine lecture

Notre destination : Matsumoto

Vue de Matsumoto depuis les hauteurs du parc de Joyama

Assez logiquement, lorsque je parle de notre expatriation au Japon, on me demande à quel endroit nous allons nous installer. La réponse est immanquablement accueillie par un regard dénué de compréhension, suivi d’un « Je ne connais pas » ou un laconique « Ah ok ». Mais rassurez-vous, je ne vous taxerai pas d’ignorance crasse pour votre méconnaissance de cette petite ville. Au contraire, c’est avec plaisir que je vais éclairer votre lanterne.

Mastumoto est située à environ 70 kilomètres au sud de Nagano, chef-lieu de la préfecture et célèbre pour les Jeux Olympiques d’hiver de 1998. Elle est nichée dans une vallée entre les Alpes Japonaises et les hauteurs de Ustukushigahara.

Dans le parc du château avec Sayaka et la mascotte de Matsumoto (hiver 2013-2014)

Il y fait froid en hiver avec des températures moyennes négatives entre décembre et mars, agrémentées de chutes de neige qui raviront Yumi dès cette année. En été les températures sont plus clémentes qu’à Lyon et quoi qu’il en soit la maison sera climatisée et nous ne souffrirons pas de la canicule comme ce fut le cas la semaine dernière, ce qui ravira Sayaka.

Alpes japonaises en hiver

Avec environ 240 000 habitants, Matsumoto est considérée comme une petite ville au Japon. On pourrait la comparer à une ville de la taille d’Annecy si l’on devait faire un rapprochement avec la France, ce qui, en considérant la situation géographique d’Annecy ne serait pas la seule similitude. Ayant dépassé la barre des 200 000 habitants, Matsumoto a acquis le statut de Tokureishi (Ville spéciale) au sein de la préfecture de Nagano, lui déléguant certaines fonctions habituellement réalisées par la préfecture. C’est un peu l’équivalent d’une sous-préfecture en France.

Panorama du château depuis le sud-ouest

La ville présente comme attraction principale son château, classé monument national. Il est l’un des châteaux historiques du Japon (avec ceux de Himeji et de Kumamoto), surnommé « Karasu-jô » (le château corbeau) en raison de sa couleur à dominante noire. Aux alentours, les randonnées à Kamikôchi en été et le ski en hiver sont les activités les plus populaires.

Le château vu du sud-est

Sur le plan culinaire, la région est réputée pour ses soba, nouilles de sarrasin, ses pommes de la taille de pamplemousses et son raisin de table (utilisé pour faire du vin dont je garde un souvenir impérissable : j’ai eu l’impression de boire du jus de cassis). Ah j’oubliais, le wasabi local jouit également d’une bonne réputation.

Une ferme de wasabi