Entretien d’embauche ?

Hier nous avions rendez-vous pour passer un entretien pour l’entrée en maternelle de Yumi. Oui, un entretien pour entrée en maternelle, vous avez bien lu. Il s’agit d’une école privée de bonne réputation où les places sont comptées et où ils ont donc mis en place ce premier filtre. Ne me demandez pas quels sont les critères de sélection, je n’en ai pas la moindre idée, je vais me contenter de relater le déroulement de l’entretien.

Nous avions rendez-vous à 13h10 pour cet entretien. Nous avons donc fait un effort sur nos tenues vestimentaires, Sayaka m’ayant même convaincu d’acheter un pantalon spécialement pour l’occasion (je n’ai pu amener en matière de pantalon qu’un seul jean dans nos valises tant les vêtements des filles ont occupé l’espace !) : robe pour Sayaka, pantalon et chemisette pour moi. A notre arrivée, nous constatons que nous détonons un peu : tailleur et costume sont de mise chez nos « concurrents ». Certains des petits garçons eux-mêmes étaient en costume… Yumi avec son gilet orange criard et sa robe à fleurs aussi sortait un peu de la norme.

On nous a fait pénétrer dans une salle de classe pour nous expliquer le déroulement de la séance. Question confort, ils auraient pu faire mieux que des chaises destinées à des 3 à 6 ans si vous voulez mon avis et je mettrais à la charge de cet inconfort ma difficulté à me concentrer et à comprendre ce que l’on nous a expliqué . Après l’avoir équipée d’un dossard jaune numéroté, nous avons alors laissé Yumi dans une grande salle avec les autres enfants et des membres du personnel, où son comportement a j’imagine été scruté. J’espère que ses hurlements de banshee lorsqu’elle a été séparée de nous n’ont pas été pris en compte (à sa décharge l’entretien avait lieu précisément à l’heure de sa sieste).

Après une dizaine de minutes d’attente pénible sur les mêmes chaises minuscules, nous avons été amené dans le bureau du directeur de l’école. Il a posé quelques questions à Yumi (quel âge as-tu, comment t’appelles-tu, quel est ton jeu préféré, ta couleur préférée, etc.) que nous avons traduites en français. Il nous a également demandé pourquoi nous souhaitions inscrire Yumi dans cette école, et j’ai bien évidemment laissé le soin à Sayaka de répondre le baratin que nous avions préparé à l’avance.

Yumi est retournée jouer avec les autres enfants (elle a à nouveau fait trembler les vitres par ses cris) le temps que tous les parents et enfants convoqués passent au crible du grand manitou. Il ne nous reste plus qu’à attendre le résultat.

A noter qu’en partant Yumi a quand même eu le toupet de demander à retourner jouer avec les enfants !

 

Permis de conduire

Aujourd’hui j’ai obtenu mon permis de conduire japonais. Pas d’examen à passer fort heureusement, simplement quelques formalités administratives. Il nous a fallu nous rendre à Shiojiri, la ville voisine, au centre de gestion des permis de conduire. J’ai du présenter mon permis français, jusque là rien d’étonnant, cependant il fallait aussi présenter la preuve de ma résidence en France pendant au moins trois mois après l’obtention de mon permis. Et là ça se corse puisque après une conversation téléphonique il est apparu que présenter trois fiches de paie consécutives n’est pas suffisant et qu’il faut un papier de l’ambassade. Cela ne nous aurait pas donné de sueurs froides si nous ne l’avions pas appris jeudi dernier, soit trois jours ouvrés avant notre rendez-vous, lequel avait été fixé il y a presque un mois et où la présence de Sayaka est indispensable pour jouer le rôle de traducteur car chose étonnante, je ne parle toujours pas couramment le Japonais après un mois et demi sur place.

Fort heureusement, le personnel de l’ambassade a été très réactif et lundi après-midi j’avais le fameux document dans ma boîte mail. Les documents appropriés fournis, le travail de Sayaka a alors commencé car j’ai été soumis à toute une série de questions concernant le permis français : combien de questions y a-t-il à l’examen théorique, comment se déroule l’examen pratique, combien d’heures de conduite sont nécessaires avant de passer l’examen pratique, à partir de quel âge peut-on passer le permis, etc. Tout ceci m’a fait prendre conscience que j’ai le droit de conduire depuis 17 années, un constat qui n’émousse en rien l’énergie de la jeunesse qui bouillonne en moi 🙂

Il y avait sur place un photographe afin que ma face apparaissent sur le dossier papier, puis un second pour la photo qui se trouve sur le permis lui-même, avec lequel je suis reparti. Pas de délais d’attente interminable ni de multiples allers-retours comme c’est le cas dans notre beau pays. En deux heures tout était terminé et je peux maintenant conduire au Japon, à la condition d’apposer un bel autocollant à l’arrière de notre voiture pour faire savoir aux autres conducteurs que je suis de nouveau un novice.

J’en profite pour une nouvelle parenthèse éducative sur la culture Japonaise. J’ai remarqué au sol du centre de gestion des permis de conduire des parcours fléchés. Il ne s’agit pas d’un jeu obscur pour les initiés ni de pas d’une danse locale mais de l’indication des files d’attente et du chemin à suivre en fonction du guichet à atteindre. C’est très bien au Japon, où la plupart des gens sont disciplinés et respectueux de ce genre de pratiques mais totalement inapplicable en France ou tout autre pays latin où l’une des premières règles est de n’en respecter aucune.

 

Citoyen de Matsumoto

Suite à notre installation à Matsumoto, nous devions nous inscrire sur les registres de la ville. Histoire d’être débarrassés des formalités au plus vite, nous sommes rendus à la mairie dès les premiers jours après notre arrivée. Premier constat, nous sommes immédiatement pris en charge et orientés vers le bureau approprié, et rapidement je note qu’à part prouver que j’existe, fournir ma carte de séjour et écrire mon nom dans trois cases, je ne sers pas à grand chose.

Enfin, je rectifie, je me suis quand même occupé de Yumi, et j’ai été en cela grandement aidé par les commodités de la salle d’attente de la mairie offrant un espace de jeux pour les enfants avec des tonnes de livres (en japonais bien entendu), des cubes en mousse et autres peluches.

Au final, une bonne partie de la matinée s’est écoulée avant que nous (i.e. Sayaka) en ayons terminé avec ces papiers. Dès le lendemain nous recevions par la poste nos numéros de citoyen (je ne trouve pas de meilleur équivalent) de Matsumoto, qui doit nous servir pour toute démarche administrative auprès de la mairie, telle que l’inscription à l’école, la demande d’aide financière, etc. J’adore l’efficacité de l’administration japonaise !

A louer

Parmi les choses importantes à boucler avant notre départ, il nous faut trouver des locataires pour occuper l’appartement en notre absence, et accessoirement en payer le loyer.

Pour ce faire j’ai  décidé de laisser la gestion locative à une agence immobilière, l’éloignement géographique rendant un peu trop complexe une gestion par moi-même.

Fin mai, le loyer avait été fixé et le mandat de gestion locative signé. Je m’attendais donc à avoir rapidement des appels de personnes intéressées pour visiter l’appartement. Calme plat jusque fin juin où nous avons eu deux visites de personnes cherchant un T4. Vraisemblablement l’annonce n’était pas claire quant au nombre de pièces dans l’appartement.

Je vais donc voir sur le site de l’agence immobilière et je découvre que l’appartement est décrit comme étant un T4, et qu’aucune photo ne vient agrémenter l’annonce. Contact pris avec l’agence, il semblerait qu’ils avaient « dans un 1er temps opté pour un T4  car nous avons plus d’internautes qui recherchent un t4 avec un budget de l’ordre de 860 € que de personnes qui recherchent un T3 avec ce même budget » (sic).

Ils m’annoncent donc qu’ils mettent des annonces mensongères pour attirer le chaland. En espérant que les locataires potentiels n’y voient que du feu ? Quant aux photos on me dit que « celles que nous avions faites lors de notre visite n’étaient pas exploitables (trop chargées) ». Donc ils mettent une annonce sans photos, sans même m’en demander d’autres. En ce qui me concerne, sur une annonce sans photo je passe mon chemin, j’interprète l’absence de visuel comme un aveu de la piètre qualité du bien. Bref j’en suis tombé de ma chaise.

J’ai donc pris sur moi de mettre une annonce sur leboncoin. Résultat des courses : une visite le jour même et quatre le lendemain, pour la plupart de personnes très intéressés par l’appartement. Et je ne compte pas les messages auxquels je n’ai pas répondus et ceux pour lesquels j’ai temporisé.

Espérons que le reste de la location sera mieux géré…

Préparatifs

On s’en doute, une expatriation pour trois ans, ça se prépare. Tout finaliser une semaine avant le départ, ça fonctionne quand on voyage à deux pour quelques semaines, mais avec deux enfants, un appartement et une date de retour aussi lointaine il y a un minimum de choses à prévoir dont voici une liste (non exhaustive).. Rien que de la lire, je suis fatigué…

Faire les démarches de la demander de congé parental

Demander un Certificate Of Eligibility* pour mon visa

Demander le visa de conjoint de japonais

Faire la demande de passeport français de Meï

Faire la demande de passeport japonais de Meï

Réserver les billets d’avion

Mettre l’appartement en gestion locative

Faire des menus travaux dans  l’appartement pour la location

Trouver des locataires

Trier les affaires à conserver (en cours)

Se débarrasser du superflu, de l’inutile et de l’usagé (en cours)

Faire les cartons (en cours)

Faire les valises (en cours)

Vider l’appartement

Résilier tous les contrats et abonnements

Vendre la voiture

Réviser le japonais (pas le temps)

 

(*) Le Certificate Of Eligibility (COE) est un document nécessaire à la demande d’un visa longue durée au Japon. Outre mon état civil et l’absence de casier judiciaire au Japon, je dois indiquer en tant que conjoint de Japonaise, qui sera mon support financier au Japon (mes beaux-parents en l’occurrence tant que Sayaka n’aura pas de travail) et quelles sont ses ressources financières. Ce point est le critère déterminant de l’obtention de ce sésame. C’est a priori grâce à cela que j’ai eu droit dès la première demande à un COE de trois ans, chose rare. En effet, la norme est plutôt d’obtenir un COE de un an à renouveler annuellement. Par chance, les parents de Sayaka étaient en cours de transaction immobilière lors du dépôt de la demande et disposaient de liquidités importantes sur leur compte.

Pour cette demande Sayaka a du prouver que nous sommes un véritable couple, en décrivant entre autres comment nous nous sommes rencontrés, combien de personnes étaient présentes mariage, où nous prévoyons de vivre au Japon, dans quelle langue nous communiquons et quelle solution nous avons mis en place pour le cas où nous ne nous comprendrions pas comme faire appel à un traducteur par exemple. Pour le langage, ça se passe plutôt bien merci, en revanche il nous faudrait parfois un(e) traducteur(trice) femme <-> homme, ayant idéalement grandit en France et au Japon pour être suffisamment imprégné des deux cultures… Enfin, il fallait agrémenter la demande de COE de photos afin de rassurer les autorités japonaises que je n’essaye pas de m’introduire frauduleusement dans le pays.