Bento

Le bento (弁当) est une autre de ces spécificités japonaises de tous les jours élevée au rang d’art. Là où le français prépare son casse-croûte et le québécois sa boîte à lunch, ici nous avons notre bento. Boîte compartimentée, préparée à domicile, commandée au restaurant ou achetée au rayon traiteur de votre supermarché ou du dépanneur le plus proche, elle se décline naturellement en une infinité de variations. Bento fait référence à la fois au contenu et au contenant.

Le compartiment supérieur peut héberger une paire de baguettes

Les compartiments peuvent être superposés en plusieurs étages ou en latéral, voire les deux pour les versions deluxe. Chaque jour, Yumi et Sayaka emportent le leur pour leur déjeuner. Nous jouons quotidiennement au jeu de « qu’est-ce que l’on met dans le bento de Yumi ? » puisque celle-ci à des préférences culinaires bien arrêtées.

Exemple de bento pour Yumi : riz saupoudré de furikake, saucisse, omelette aux champignons et pomme de terre

Bien entendu, nous n’y passons pas des heures. Cependant, comme bien souvent ici, l’aspect esthétique joue un rôle important et il n’est pas rare que le bento des bambins contiennent des onigiri représentant un panda, des œufs taillés en forme de lapin ou encore une saucisse évoquant une chose longue, rose et cylindrique.

L’origine du bento remonte au XIIIème siècle, lorsque les ouvriers emportaient avec eux au travail du riz cuit puis séché, emballé dans un petit sac. Les boîtes, quant à elles, ont fait leur apparition au XVIème siècle et leur usage était alors réservé à des événements particuliers tels que hanami (花見, la contemplation des cerisiers en fleurs).

Durant la période Taishô (1912 à 1926) le bento a été au cœur d’une polémique puisqu’en cette période de fortes disparités sociales, la question fut posée de savoir s’il n’était pas dommageable pour les enfants que ces différences de moyens transparaissent dans le bento que chacun apportait alors à l’école.

Toutefois, depuis les années 1980, l’apparition du micro-ondes et des plateaux en polystyrène ont redoré le blason du bento et sa grande popularité est aujourd’hui indéniable. Il existe même plusieurs ritournelles sur ce thème, dont une que Yumi a appris à l’école puisque les enfants la chantent avant chaque repas.

 

Sagyô

Sous cette appellation nippone se cache une activité à ma connaissance parfaitement inconnue partout ailleurs . Si vous cherchez sagyô (作業) dans le petit Larousse, vous ne trouverez pas grand chose. Si vous essayez avec le traducteur Google, vous obtiendrez un résultat certes, qui n’en sera pas moins insatisfaisant, à savoir « travail » ou « opération ».

Pourtant lorsque j’en ai fait mention durant le cours de conversation auquel je participe, l’enseignante a immédiatement su de quoi il s’agissait; j’avais toutefois précisé qu’il s’agissait d’un yôchien no sagyô (travail de la maternelle).

Organisé par le P.T.A., le fameux groupe des parents d’élèves, il s’agit du ménage de printemps de l’école. Quelle grande idée ! Pourquoi faire intervenir une société spécialisée lorsque l’on peut trouver de la main d’oeuvre gratuite ? Les parents étaient divisés en une demi douzaine de groupes aux attributions  diverses allant du nettoyage des vitres au ramassage des feuilles mortes.

Avant de commencer, le directeur de l’école qui participait lui aussi au nettoyage, a fait un petit discours (une estrade avait été disposée à cet effet dans la cour de l’école avec micro et ampli) en commençant par un « Bonjour » approximatif vraisemblablement destiné à votre narrateur . Il s’est dit incapable de poursuivre en français et j’ai ensuite écouté d’une oreille distraite avant que nos chefs de groupe respectifs ne prennent le relais.

Là, j’ai fait de mon mieux pour essayer de comprendre nos attributions. En voyant les râteaux à feuilles, la brouette et les grands sacs en plastique j’avais déjà une assez bonne idée de ce qui nous attendait. Une heure durant nous avons balayé les épines de pin, ramassé les cailloux et les branches, ratissé les feuilles de la bambouseraie et introduit le produit de ce balayage, ce ramassage et ce ratissage dans de grands sacs plastique qui à peine remplis disparaissaient presque aussitôt, emporté sur la brouette dans les limbes du recyclage.

Par chance, la maman de Sayaka a pu s’occuper de Meï ce jour là. Tous les parents (je pourrais presque dire « mamans », seuls trois papas étaient présents) n’avaient pas ce luxe et de nombreux bambins nous accompagnaient. Certains prenaient cela pour un jeu et mettait la main à la pâte, d’autres en profitaient pour échapper à la surveillance maternelle et goûter aux joies d’une émancipation précoce. Il y en avait même qui dormaient dans des porte-bébés, rendant la tâche d’autant plus ardue pour les mères concernées.

Enfin, nous avons été libérés après les incontournables remerciements finaux en d’innombrables exemplaires. On remet ça en octobre !

 

Pique-nique à la japonaise (遠足)

Il y a deux semaines c’était le pique-nique de l’école de Yumi. Un des parents devait être présent; vous vous en doutez, c’est moi qui m’y suis collé.

Le matin nous avons donc préparé nos bentos, ces boîtes compartimentées permettant de transporter son repas et nos ブルーシート (blue sheet), sorte de mini bâches – le plus souvent bleues évidemment – pour poser son arrière train dans l’herbe sans risque de salissure.

Le pique-nique avait lieu au parc de Sawamura, soit à 2 minutes à pied de chez nous. Ce qui ne nous a pas empêché d’être contraints d’aller à l’école de Yumi, d’écouter les recommandations d’usage, dessin à l’appui (les voitures c’est dangereux!), avant de refaire le chemin inverse en une double file indienne parent-enfant.

A peine arrivés, aux alentours de 10 heures, Yumi me dit « Je veux le bento ». J’ai réussi à lui faire comprendre qu’on allait jouer un peu avant et c’est ce que nous avons fait pendant une heure environ, après avoir encore écouté quelques explications au micro cette fois. Oui il y avait du courant et les professeurs avaient amené un ampli. Japon oblige, un photographe était présent, en la personne d’un des parents.

Une heure de jeu et quelques « C’est maintenant le bento? » de Yumi  plus tard et voilà l’heure tant attendu du repas. Installés en un cercle ellipsoïde nous avons chanté une ou deux chansons que Yumi et moi semblions être les seuls à ne pas connaître. Le repas a alors démarré ainsi que le tour de table, ou en l’occurrence le tour d’ellipse, où chaque parent devait présenter son enfant au micro en donnant son jeu et sa nourriture préférée. C’est passé comme une lettre à la poste, je suis maintenant un pro des présentations en japonais. Ce qui ne m’a pas empêché de le faire en gardant le nez dans mon bento.

Suite au repas, nouvel aller-retour à l’école, sur le chemin de laquelle Yumi s’est mise en devoir d’offrir des fleurs aux mamans qui nous entouraient tandis qu’une d’entre elle me racontait son voyage en France d’il y a 10 ans.

Pitié !

C’est ce que Sayaka croyait avoir entendu lorsque que j’ai annoncé que j’allais à la réunion P.T.A., prononcé « pi-ti-eï » en anglais… et en japonais. En effet les lettres romaines et acronymes reprennent ici la prononciation anglaise.

P.T.A. c’est le groupe des parents d’élèves. Mardi avait lieu un shinbokukai (親睦会), un réunion destinée à faire connaissance entre parents des deux classes de première année de maternelle. Sayaka travaillant, je m’y suis collé – de bonne grâce j’avoue – et pas seulement pour avoir de quoi remplir le blog. Un peu de vie sociale je ne suis pas contre.

Ordre du jour de la réunion

Le déroulé de la réunion fut assez simple. Après quelques mots d’introduction, nous nous sommes tous présentés les uns après les autres, en suivant les directives indiquées sur l’ordre du jour ci-dessus :

1. Donner le nom de son enfant et le sien puis indiquer si l’enfant a des frères et sœurs
2. Expliquer d’où l’on vient (son lieu d’origine) et l’endroit où l’on habite
3. Hobbies et autres activités
4. Raconter une histoire à propos de son enfant

Si j’ai été capable de déchiffrer les trois premiers, j’ai deviné le dernier en écoutant les mamans (et l’autre papa, je n’étais le seul homme cette fois) et j’ai demandé confirmation lorsque ce fut mon tour. Je ne suis pas spécialement à l’aise pour prendre la parole devant une assemblée, alors dans une langue que je ne maîtrise pas je vous laisse imaginer le tableau. J’ai senti mon visage virer au cramoisi et trouvé de la contenance dans la contemplation de l’ordre du jour, jetant quelques regards timides à tous ces visages tournés vers moi. Par chance je suis passé parmi les derniers, ce qui m’a laissé le temps de préparer mes réponses. A cause du stress j’ai quand même réussi à oublier de dire où nous vivons…

Contre toute attente, je m’en suis sorti, j’ai même réussi à faire rire l’assemblée avec une petite blague et avec l’histoire de Yumi qui corrige la prononciation française de Sayaka. Etait-ce mon imagination ou les applaudissements ont-ils été plus nourris pour moi que pour tous les autres ? Une chose est certaine, les personnes présentes m’ont semblé indulgentes.

Nous avons terminé par un peu de discussion par petit groupe, en dégustant du thé vert et en grignotant des biscuits de la boulangerie « Ecru » (ça fait toujours classe un nom qui sonne Français pour une boulangerie). J’avais la tête au bord de l’explosion au bout des deux heures, toutefois l’expérience fut enrichissante et positive, bien que le chemin menant à l’utilisation courante du japonais soit encore long et ardu.

PS : Ceux d’entres vous qui ont l’œil auront remarqué que l’ordre du jour présente un décor composé de tanpopo et de tsukushi, rappelant ainsi le nom des deux classes de première année.

Premiers jours

Cette semaine, Yumi a commencé la maternelle. Découverte pour elle et pour moi également, notamment en ce qui concerne le rituel de début de journée. En arrivant, après avoir retiré leurs chaussures, les avoir rangées dans le casier qui leur est attribué (repérable par leur pictogramme personnel) et enfilé leurs  chaussures d’intérieur, les enfants placent un petit autocollant sur la date du jour dans leur petit carnet de présence, qu’ils glissent ensuite dans la pochette portant un fois de plus leur pictogramme.

Puis, on retire la veste d’uniforme pour enfiler un ample t-shirt à manches longues (même modèle et même couleur pour tout le monde) et l’on range ses affaires dans un second casier, toujours identifié de la même façon. Ils accrochent ensuite leur essuie-main à un crochet une fois de plus porteur du fameux pictogramme. Cet essuie-main porte rudement bien son nom puisqu’il sert à s’essuyer les mains après les avoir lavées en sortant des toilettes. Oui, les serviettes ne sont pas fournies par l’établissement.

C’est seulement alors qu’ils peuvent aller s’esbaudir dans la salle de jeu équipée de dînette, de toboggans et de matériel de dessin, où chacun est libre de s’occuper comme il le souhaite, les enseignants étant là pour surveiller que tout se passe bien. En milieu de matinée, c’est la pause où tout le monde retourne dans la salle de classe pour boire dans la gourde que chaque enfant doit apporter, et pour aller se repoudrer le nez si vous me passez l’expression. Et c’est reparti pour 45 minutes de folie dans la grande salle de jeux. Je peux témoigner de tout cela car j’y ai assisté aujourd’hui même : ce matin c’était portes ouvertes pour les parents.

Pour ma part, j’ai participé lundi et ce matin à mes premières réunion de parents d’élèves. Participer est un bien grand mot, j’ai surtout été présent et essayé de sourire poliment lorsque l’on me transmettait un papier. Je n’ai compris que ce qui s’est dit à propos du parking, ce qui me fait une jambe de rêve puisque nous venons à pied ou en vélo pour amener Yumi. Je sens que ça ne va pas être de la tarte ces réunions mais après tout je savais dans quoi je m’engageais en venant ici. J’ai tout de même la chance que deux des mamans (je suis le seul papa dans le groupe) parlent un peu anglais. Le mari de la responsable du groupe parle même un peu de français. En tout cas voilà l’occasion idéale pour me faire pratiquer la langue.

Cérémonie d’ouverture

J’en parlais dans un article précédent et cette fois c’est officiel, Yumi a mis le doigt dans l’engrenage scolaire. C’est un début en douceur qui a eu lieu ce lundi. Il me faut cependant commencer par vous décrire la cérémonie d’ouverture de l’année scolaire à laquelle nous avons assisté vendredi dernier.

入園式 (nyuenshiki) : cérémonie d’entrée à la maternelle

Tout comme ce fut le cas lors de la séance d’entretien pour l’admission, les parents étaient tous sur leur 31. Pour moi, cela consistait à mettre une chemise, un pantalon  à pinces, des chaussures propres et à emprunter l’une des innombrables cravates de mon beau-père, laquelle fut nouée par belle-maman. Non que j’en sois incapable, toutefois j’admets que là où il lui a fallut à peine une trentaine de secondes, j’aurais mis cinq bonnes minutes.

Les enfants quant à eux portaient tous la même veste d’uniforme sur laquelle leur nom est inscrit. Tous à l’exception de Yumi puisque ses parents avaient oublié de remplir l’emplacement réservé au nom de l’enfant. Honteux.

Liste des enfants répartis en deux classes

Tout d’abord, nous avons repéré le nom de Yumi sur le tableau d’affichage afin de savoir dans laquelle des deux classes elle est affectée. Il s’agit de la classe Tanpopo, le pissenlit (je préfère de loin le nom japonais de cette fleur). L’autre classe est nommée Tsukushi qui semble être, d’après mes recherches, le nom donné aux jeunes pousses de prêle des champs.

Chaque enfant se voit attribuer un pictogramme qui a son importance puisqu’il sert à identifier tout ce qui lui est rattaché au sein de l’école. J’y reviendrai dans l’article dédié au premier jour d’école. En attendant, à vous de trouver le symbole de Yumi situé au-dessus de son nom dans la liste ci-dessus.

Yumi, l’air dubitatif

Forts du nom de la classe de Yumi, nous nous sommes rendus dans la salle éponyme pour y remplir une première montagne de paperasse. Je dis nous, vous aurez compris « Sayaka »; je peine déjà à lire des livres pour enfants en japonais, les documents officiels je ne m’y essaye même pas. Le nom et le pictogramme de Yumi sont inscrits sur la table, à sa place pour ceux qui n’auraient pas trouvé plus haut (et qui ont de bons yeux).

Après avoir écouté d’une oreille des instructions auxquelles je n’aurais de toute façon pas saisi grand chose – mettez ça sur le compte du tohu-bohu des enfants – je me suis rendu seul dans la salle de la cérémonie proprement dite. Plaçons le décor : le public au fond, un des parents avec l’enfant au pied de l’estrade, à gauche le personnel de l’établissement et à droite les invités d’honneur, sur le mur au-dessus de l’estrade le drapeau du Japon.

Les enfants et le parent accompagnateur ont alors fait leur entrée sur la chanson « Arukou« , thème d’ouverture du film Tonari no Totoro. L’assistance a applaudit le défilé avec un enthousiasme tout japonais. Ont suivi quelques mots d’introduction puis l’hymne national japonais.

Les trois professeurs se sont alors présenté, nous avons pu découvrir que Yumi passerait l’année avec Satô-sensei. Puis, la directrice de l’école a fait un petit discours accompagné de dessins car il était davantage destiné aux enfants. Ce qui explique sans doute pourquoi j’ai compris (les dessins ont aidé, je dois avouer). Les deux mots d’ordre étaient : dire bonjour en arrivant le matin et parler au professeur si quelque chose ne va pas.

La cérémonie s’est alors poursuivie avec quelques mots d’un des invités d’honneur et la présentation de ces derniers : il s’agissait de divers proviseurs de collège et directeurs(trices) d’écoles. Un petit mot pour finir et les enfants sont repartis sous une nouvelle salve d’applaudissements accompagnés du parent élu et d’une petite musique de circonstance.

Ce qui m’a le plus frappé durant cette cérémonie fut justement le cérémoniel. A chaque passage de flambeau à l’estrade, la personne prenant la parole courbe l’échine en direction des membres du personnel de l’école, puis vers les invités d’honneur; ensuite c’est l’audience qui est saluée et enfin le drapeau japonais. Lorsque son intervention est terminée, l’orateur remet alors ça lorsqu’il quitte l’estrade. Et peu importe qu’il y passe une seule ou plusieurs fois, le rituel est systématiquement répété.

Après le départ des enfants, les parents restant ont été sollicités pour ranger la salle. Tout le monde y a mis du sien pour plier les chaises et les déposer sur des chariots. Cela ne m’a même pas surpris en fait, je sens que je m’habitue à ces petites différences culturelles qui deviennent la norme pour moi. Ça risque de me faire tout drôle en revenant en France.

La matinée a pris fin avec un peu de temps dans la salle de classe de Tanpopo où sensei a commencé à interagir avec ses élèves : chant (Yumi était à fond), serrage de main et narration d’une petite histoire sur le principe du kamishibai (l’histoire se présente sous la forme d’une série de planches illustrées, les enfants regardant le dessin, tandis que le narrateur lit l’histoire écrite au verso des planches).

Yumi captivée par la chanson de sensei, contrairement à sa voisine

Enfin nous avons fait la photo de classe. Enfants, parents et tout le personnel enseignant ont pris la pose ensemble pour immortaliser cette journée. Il a fallut un certain nombre de prises car Yumi (il fallait bien qu’elle se fasse remarquer, comme si d’être la seule métisse de l’école ne suffisait pas…) n’arrêtait pas de mettre ses mains sur son visage au lieu de les garder sagement sur ses jambes.

 

 

Premiers pas à la maternelle

La semaine dernière nous sommes allés, Yumi et moi, passer quelques heures à la maternelle qu’elle intégrera en avril. Au menu : informations pour les parents (tombées dans l’oreille d’un gaijin en ce qui me concerne) et première adaptation pour les enfants.

Tout d’abord, nous sommes passés à la réception récupérer le badge de Yumi portant son nom et son équipe, en l’occurrence Sakura, fleur de cerisier. A peine la personne préposée à la distribution des badges avait-elle posé les yeux sur moi que me voilà repéré « Ah, Moenroko-san ». Je confirme d’un « Hai » parfaitement inutile puisque je suis le seul étranger avec un nom à coucher dehors et le faciès qui va avec.

Sur place nous croisons quelques mamans et leur progéniture habitués du parc de Sawamura et que nous connaissons de vue. A mon étonnement, je ne suis pas le seul papa, il y en a un autre, toutefois accompagné de madame.

Après une petite chanson d’introduction pour mettre les enfants dans l’ambiance, les groupes sont répartis dans différentes classes. Nous sommes accueillis par des « grands » de 5 ou 6 ans qui, après un salut formel en chœur prennent en charge les nouveaux venus. Pendant la petite heure que Yumi a passé là sous mon regard acéré (j’aurais brisé les jambes au premier garçon qui tenterait une approche tant soit peu cavalière), elle a été accompagnée par une voire deux petites filles qui lui tenaient la main pour grimper sur les divers agrès (rampes, toboggans, empilement de caisses, etc.) et lui montrer les divers ateliers (dessin, collage, découpage, …).

Avec Yumi qui ne savait pas trop où aller, qui changeait d’idée toutes les trois minutes, les pauvres filles ont eu du mérite de ne pas la laisser plantée là. Après les premières minutes, j’ai pour ma part été complètement ignoré, à l’exception d’un petit coup d’œil de temps à autres; et c’est tant mieux, Yumi était là pour se familiariser avec sa future école.

Dans cette école les enfants sont laissés entièrement libres de faire ce qu’ils veulent, les professeurs chargés essentiellement d’aider les plus jeunes et de faire en sorte qu’il n’y ai pas de blessé ni de bagarre. J’ai bien aimé l’atelier « bricolage » où le matériel était constitué de briques de lait, de boîtes de céréales ou de biscuits qui trouvent ainsi une seconde vie dans les mains des enfants. Autre fait intéressant, sur la quarantaine d’enfants présents, un seul était visiblement en surpoids.

A l’issue de la séance découverte, les élèves de l’école nous ont gratifié d’un petit « ありがとうございました (arigatô gozaimashita) » une fois de plus déclamé en chœur. Puis nous sommes retournés dans la salle initiale où nous avons été abreuvés d’informations dont tout ce que j’ai compris fut une paire de dates, et que la seconde était celle de la rentrée : le 6 avril.

Pour finir, les élèves de l’école sont revenus et, en rang d’oignons, nous ont encore remerciés et nous ont déclamé avec toute la spontanéité du texte appris par cœur qu’ils étaient impatients que Yumi et les autres enfants viennent les rejoindre à l’école. La fille qui s’était occupée de Yumi est alors venue lui offrir un petit cadeau.

Ce fut une expérience intéressante pour moi et surtout très positive pour Yumi qui est maintenant pressée d’aller à l’école !

 

Hallucinant

Si vous suivez ce blog, vous savez que Yumi va entrer à l’école début avril. Nous avons d’ailleurs une demi journée découverte là-bas tous les deux demain. C’est une maternelle privée, donc payante, une soixantaine d’euros par mois. Et ce qui nous fait halluciner c’est que pour s’acquitter de ces frais de scolarité on ne peut pas juste mettre en place un virement, ce serait trop facile. Non, il faut ouvrir un compte dans la même banque que celle de l’école, pour que eux procèdent au prélèvement. Et malgré cela les frais de prélèvement nous seront imputés de la même façon que si nous avions effectué l’opération depuis notre compte. Il y a un truc qui m’échappe là…

Séance d’essayage

Comme j’ai du le mentionner à un moment ou à un autre, l’année scolaire (et fiscale) débute le premier avril. Par conséquent Yumi va entrer très prochainement à la maternelle ou yôchien (幼児園) pour les intimes. Or il se trouve qu’ici certaines pièces d’habillement sont nécessaires et que pour satisfaire l’esprit de conformisme japonais, tous les enfants doivent porter le même. Je ne parle pas d’uniforme, cela commence plus tard, mais de vêtement tels qu’une casquette ou un tablier pour les activités salissantes.

Nous avons donc amené Yumi à la séance d’essayage pour choisir la taille et passer commande. Sayaka a eu la chance de profiter d’une assommante réunion (au vu de son état à la sortie) de deux heures avant ça, réunion à laquelle j’ai échappé grâce à / à cause de (entourer la mention idoine) mon incompétence linguistique, incompétence martelée par Sayaka qui ne s’est pas gênée pour souligner qu’en France elle aurait été capable d’assister à ce genre de réunion sans mon aide.

Cela n’a en rien entamé l’enthousiasme de Yumi pour l’essayage, elle est déjà fan des vêtements (pas encore du shopping fort heureusement) et est impatiente d’aller à l’école. Sachant qu’elle passe toutes ses journées avec moi, j’essaye de ne pas prendre ça comme un affront personnel 🙂

Entretien d’embauche ?

Hier nous avions rendez-vous pour passer un entretien pour l’entrée en maternelle de Yumi. Oui, un entretien pour entrée en maternelle, vous avez bien lu. Il s’agit d’une école privée de bonne réputation où les places sont comptées et où ils ont donc mis en place ce premier filtre. Ne me demandez pas quels sont les critères de sélection, je n’en ai pas la moindre idée, je vais me contenter de relater le déroulement de l’entretien.

Nous avions rendez-vous à 13h10 pour cet entretien. Nous avons donc fait un effort sur nos tenues vestimentaires, Sayaka m’ayant même convaincu d’acheter un pantalon spécialement pour l’occasion (je n’ai pu amener en matière de pantalon qu’un seul jean dans nos valises tant les vêtements des filles ont occupé l’espace !) : robe pour Sayaka, pantalon et chemisette pour moi. A notre arrivée, nous constatons que nous détonons un peu : tailleur et costume sont de mise chez nos « concurrents ». Certains des petits garçons eux-mêmes étaient en costume… Yumi avec son gilet orange criard et sa robe à fleurs aussi sortait un peu de la norme.

On nous a fait pénétrer dans une salle de classe pour nous expliquer le déroulement de la séance. Question confort, ils auraient pu faire mieux que des chaises destinées à des 3 à 6 ans si vous voulez mon avis et je mettrais à la charge de cet inconfort ma difficulté à me concentrer et à comprendre ce que l’on nous a expliqué . Après l’avoir équipée d’un dossard jaune numéroté, nous avons alors laissé Yumi dans une grande salle avec les autres enfants et des membres du personnel, où son comportement a j’imagine été scruté. J’espère que ses hurlements de banshee lorsqu’elle a été séparée de nous n’ont pas été pris en compte (à sa décharge l’entretien avait lieu précisément à l’heure de sa sieste).

Après une dizaine de minutes d’attente pénible sur les mêmes chaises minuscules, nous avons été amené dans le bureau du directeur de l’école. Il a posé quelques questions à Yumi (quel âge as-tu, comment t’appelles-tu, quel est ton jeu préféré, ta couleur préférée, etc.) que nous avons traduites en français. Il nous a également demandé pourquoi nous souhaitions inscrire Yumi dans cette école, et j’ai bien évidemment laissé le soin à Sayaka de répondre le baratin que nous avions préparé à l’avance.

Yumi est retournée jouer avec les autres enfants (elle a à nouveau fait trembler les vitres par ses cris) le temps que tous les parents et enfants convoqués passent au crible du grand manitou. Il ne nous reste plus qu’à attendre le résultat.

A noter qu’en partant Yumi a quand même eu le toupet de demander à retourner jouer avec les enfants !