Obon

Toujours en retard, je tenais à vous dire quelques mots à propos du festival « Obon », coutume bouddhiste visant à honorer les morts. Au mois d’août, elle donne lieu à trois jours de célébration durant lesquels les Japonais retournent à leurs origines donnant ainsi lieu au second pic de circulation (donc d’embouteillages) dans le pays. Tout ceci afin de nettoyer la tombe et de faire des offrandes de nourriture à leurs ancêtres. Les esprits des ces derniers sont censés venir saluer leur descendance en visitant l’autel familial qui leur est normalement dédié.

Pendant le festival, les familles accrochent traditionnellement des lanternes aux portes afin de guider les esprits. A l’issue du festival ces lanternes sont déposées dans les rivières ou les lacs voire dans l’océan afin de permettre aux esprits de retrouver leur chemin. Je dis traditionnellement mais il se trouve que les traditions en question varient fortement d’une région à l’autre. Un de mes élèves par exemple n’utilise pas de lanterne, il brûle une certaine essence de bois pendant trois jours, avec le même objectif d’aider ses aïeux à ne pas s’égarer.

Célébré depuis plus de 500 ans au Japon, ce festival donne lieu, on s’en doute, à des festivités. En particulier « Bon odori », « la danse du Bon ». Cette danse existe partout au Japon, avec des variantes locales dont j’ai eu la chance d’apprendre les pas à l’école.

En effet, au cours du défilé de « Bon odori » à travers la ville différents groupes dansent à l’unison en suivant l’air de la chanson connue de tous les habitants de Matsumoto, toutes générations confondues. Malheureusement je n’ai pas pu participer au défilé mais cela ne m’a pas exempté d’avoir à mémoriser la chorégraphie dont voici un extrait avec la musique idoine.

Si je n’ai pas participé au festival je n’ai pu m’empêcher, au cours de la dernière séance de répétition avec mes camarades, de faire le crétin pour amuser la galerie. Ca a plutôt bien fonctionné, les profs m’ont juste demandé sans grande conviction de m’appliquer un peu. Je pensais faire des émules mais c’était sans compter sur la retenue des cultures asiatiques en général (plus de 90% des élèves de l’école sont asiatiques). Eviter de se faire remarquer reste la règle communément appliquée.

Pour conclure je vous laisse avec les paroles de la chanson spécifique à Matsumoto. Les deux premières strophes donnent, selon mon interprétation : « C’est l’été, les pommiers et les poiriers sont en fleurs, le brouillard mouille les cheveux, les cheveux des filles de Shinano. Les lanternes sont allumées pour Matsumoto bon-bon. Matsumoto ville de château, le vent souffle sur les montagnes verdoyantes. Bleues les feuilles de cèdre, bleues les montagnes avoisinantes. Par-delà les douves s’étend la ville, oh hisse oh hisse Matsumoto bon-bon, oh hisse oh hisse. »

J’ai la flemme de traduire en détail le reste, mais en substance il y est question de lucioles, de la rivière Metoba coulant à Mastumoto et de l’obscurité qui règne aux alentours du château et que la faible lanterne (de la chanteuse) ne parvient pas à percer. Les lanternes sont allumées pour Matsumoto bon-bon.

Puis on parle de la lune, du pied de la montagne et qu’elle (toujours la chanteuse) aimerait bien passer ce col de montagne et aller voir de l’autre côté cette ville lointaine. Les lanternes sont allumées pour Matsumoto bon-bon, oh hisse oh hisse et tout le tremblement.

Brise-pastèques, épisode 2

Vous connaissez maintenant le principe puisque vous m’avez fait l’honneur de lire l’article précédent sur le même sujet. Cette année encore nous avons démoli de la pastèque à grands coups de bâtons molletonnés et de battes en plastique. Yumi avait pour objectif avoué de ne pas regarder où se trouve la cible. Elle a réussi haut la main.

Pour ma part, sollicité cette année encore à achever le dernier fruit récalcitrant, je n’ai pas regardé non plus. En revanche j’ai eu moins de succès que ma chère progéniture comme en attestent les photos ci-dessous.

Fête de l’école

Le weekend suivant la fin des classes avant les vacances d’été voit s’organiser à l’école de Yumi le « Yochien masturi » (幼稚園祭り), le festival de l’école. Pour l’occasion, l’école est transformée en une vaste salle de jeux, chaque salle de classe ayant un thème donné.

Les enfants, suivis tant bien que mal par leurs géniteurs, se promènent donc, récoltant moult jouets, babioles, bricoles et autres breloques qui viendront encombrer un peu plus les coffres, armoires et autres étagères croulant déjà sous le poids du divertissement enfantin.

Il va de soit que les filles ont adoré, à plus forte raison puisque cela fut pour elle l’occasion de porter un kimono, de voir (et de participer à) un spectacle de danse, de pêcher poulpes, calamars ou méduses fabriqués tout spécialement, de faire décoller une fusée-rouleau-de-papier-toilettes et j’en passe.

Et comme nous sommes au Japon, les réjouissances à peine terminées, tous les parents mettent la main à la pâte pour ranger et nettoyer tandis que leur progéniture se défoule sur la piste de danse.

Cérémonie d’ouverture (bis)

Je répare avec cet article un petit oubli. Voilà près de deux mois et demi que je suis étudiant en japonais à Marunouchi Business School et j’ai oublié de vous parler de la cérémonie d’intronisation.

Le 12 avril, tous les étudiants faisant leur rentrée ont donc été conviés à l’hôtel Buena Vista de Matsumoto. Lustres à pendeloques, foisonnement d’orchidées en pot, bruissement de robes achetées pour l’occasion et geignements de chaussures en cuir trop neuves constituaient le décor un tantinet formel de la matinée.

Dans l’assistance étaient présents les étudiants, bien sûr, les professeurs, évidemment, la directrice, cela va sans dire ; sans oublier la ribambelle d’officiels de la ville de Matsumoto, de représentants des divers partenaires et sponsors de l’école, tous rigidement engoncés dans leurs tailleurs et costumes, masquant tant bien que mal leur ennui.

La vidéo de propagande de l’école a ouvert le bal, puis ont suivi les discours de la directrice, de divers élèves à différents stades d’études au sein de l’école, l’interminable présentation des invités, celle des professeurs non moins expéditive et, pour terminer, la séance photos où la directrice de la section étude de japonais, telle une abeille affamée volant de fleur en fleur, allait de groupe en groupe collectionner des selfies avec tout ce qui se tenait sur deux jambes.

Mes souvenirs sont aujourd’hui un peu flou quant à l’ordre précis des festivités, je vous laisse par conséquent vous référer au programme ci-après.

Pour l’anecdote, j’ai une fois de plus eu à supporter une erreur dans mon patronyme, avec toutefois une touche originalité. Ce fut en effet, une fois n’est pas coutume, mon prénom la victime de l’écorcheur de noms, par lequel je suis voué à être poursuivi où que j’aille jusqu’à la fin des temps.

Salut à toi le professeur

Le respect de ses aînés et de ses supérieurs est une des clefs de voûte de la culture japonaise. Il en va de même, c’est une évidence, pour l’élève envers son professeur. Je l’ai constaté de l’intérieur depuis mon entrée à l’école de japonais en avril.

J’ai souvenance d’une prof d’allemand au lycée qui exigeait que nous nous levâmes lorsqu’elle nous faisait l’honneur de pénétrer dans la salle de classe. Ici, le principe est similaire. Après l’entrée du professeur dans la salle, un des élèves annonce « kiritsu » (起立), manière formelle de dire « se lever » ou « debout ». A l’unisson, la classe se dresse dans une rigidité toute nippone, avant que le même élève ne poursuive en se fendant d’un « reï » (礼) du plus bel effet. Cette formule a pour but d’inciter tous ses camarades à saluer le professeur (« reï » signifie « salut » ou « saluer »).

Là, on incline le buste, évidemment. Toutefois, en ce qui concerne la formule à prononcer à l’égard de l’enseignant, les choses se compliquent un peu puisque nous avons plusieurs cas de figure :

  • c’est le matin avant 10 heures, on dit « ohayô gozaïmasu » (bon matin)
  • c’est pendant la journée, par exemple après la pause de 10h30, on dit « konnichiwa » (bonjour)
  • c’est la fin du cours, on dit « o-tsukaresama deshita », formule à peu près intraduisible, signifiant approximativement « vous avez bien travaillé, vous devez être fatigué »

Enfin, dans un dernier soubresaut, notre élève lance un déchirant « tchaku seki » (着席) littéralement « enfilez vos sièges » ou plus politiquement correct « asseyez-vous bande de nazes ».

Et grâce à moi, une fois de plus, vous éviterez les impairs lors de votre prochaine cours au Japon.

PS : Dans ma légendaire mansuétude, j’épargne à mes élèves ces formalités, je me contente du « o-tsukaresama deshita » en fin de cours pour leur faire plaisir, quand j’y pense.

Anniversaire de groupe

A l’école de Yumi, à chaque fin de mois a lieu la célébration groupée de l’anniversaire des enfants nés en cours de mois. C’est une vraie cérémonie, attendue avec impatience par les enfants et préparée avec minutie par les parents d’élèves et le personnel enseignant.

Les parents concernés sont donc conviés à l’école pour cette sauterie. Japon oblige, les trépieds, caméscopes et appareils photos sont de sortie pour immortaliser ce moment.

Tout d’abord, les classes font leur entrée une à une et prennent place devant la rangée de parents, le tout sur fond musical. Viennent ensuite les héros du jour, lancés l’un après l’autre sur les chapeaux de roue jusqu’à se hisser sur un mini podium devant lequel un de leur parent délivre au micro un message d’une profondeur abyssale : si j’avais compris quoi que ce soit à ce que les mamans ont déclamé je suis certain que cela m’aurait tiré des larmes. Je me suis vengé en parlant français à Yumi et en pleurant seul de ma propre mièvrerie parentale.

Coiffés de leurs couronnes dorées, les enfants annoncent ensuite leur âge au micro à tour de rôle, tous en japonais cette fois, Yumi étant bien plus respectueuse que son père. Sur les huit enfants présents, une seule petite fille s’est trompée, oubliant un an à son compteur. Si à quatre ans elle commence déjà à tricher sur son âge, ça promet pour l’avenir.

Yumi s’en est très bien tirée, à la nuance près qu’elle a dit « J’ai quatre ans » alors que la cérémonie avait lieu une semaine avant son anniversaire. On ne lui en tiendra pas rigueur puisqu’elle n’a que quatre ans, qu’une semaine sur 208 ce n’est quand même pas une erreur énorme et qu’en plus c’est ma fille, il vous est donc interdit de la critiquer.

Ensuite les petits camarades ont remis un petit collier-carte d’anniversaire contenant un message de leurs parents et de leur professeur (voir photo ci-après), nous avons chanté « Happy birthday » tous en chœur (oui, en anglais), joué à « qu’est-ce qui est tombé ? » (cf. plus bas) et enfin assisté à un petit spectacle où des mamans déguisées dansaient et chantaient pour nos charmantes têtes pas blondes du tout.

« Qu’est-ce qui est tombé ? » vous connaissez ? Si vous n’êtes pas parent ou enseignant à la maternelle, j’en doute, à plus forte raison si vous ne vivez pas au Japon.

Le MJ (Maître du Jeu pour les ignares des jeux de rôles) chante « ochita ochita nani ga ochita » (c’est tombé, c’est tombé, qu’est-ce qui est tombé). Puis s’il dit « ichigo » (fraise), « ringo » (pomme), « kaminari » (orage) ou « tenjô » (plafond) il faut faire le geste qui correspond pour attraper ce qui est tombé : tendre une main vers l’avant pour la fraise, deux mains vers l’avant pour la pomme, tendre les deux mains vers le ciel pour retenir le plafond et enfin se tenir le ventre de trouille quand il s’agit du tonnerre.

Si tout autre mot est prononcé, il faut rester immobile. En cas d’erreur c’est la bastonnade tout nu devant tout le monde. Ah non, je confonds avec la Corée du Nord, ici on se contente de rire, surtout les enfants.

C’est du propre

Si vous vous demandez comment font les Japonais pour avoir un pays si propre, ne cherchez plus : c’est grâce (notamment) à moi.

En effet, la semaine dernière, par deux fois j’ai été aimablement convié à une séance de récurage, balayage et astiquage. Comme toute mission capitale qui se respecte, nous avons commencé par un briefing du général, incarné par l’une des mamans de la maternelle de Yumi. Dans une salle réquisitionnée pour l’occasion, nous avons tous (les autres mamans et moi, comme de juste le seul mâle de l’assemblée) revêtu tabliers, masques et gants.

Ainsi équipés, par escouade de deux ou trois nous avons été envoyés à l’assaut de ladite maternelle, aspirant de-ci, frottant de là, du cirage des parquets au nettoyage des vitres. Ce fut loin d’être une partie de plaisir, sans pour autant virer au calvaire, les séances étant limitée à une grosse heure et donnant prétexte à bavasser, si tant est que l’on puisse bavasser en bafouillant toutes les deux phrases en quête de ce mot de vocabulaire que j’ai appris, j’en suis sûr, mais qui, sacrebleu a dû louper un virage dans les méandres de cerveau pour finir dans un fossé aux allures de fosse des Mariannes.

Pour finir, l’inévitable débriefing, consistant essentiellement à se congratuler avec l’inévitable formule « お疲れ様でした » (o-tsukare-sama deshita), littéralement « Vous êtes bien fatigués maintenant » ou moins brut « merci pour votre travail / vous avez bien travaillé ».

Mochitsuki

Il est de tradition au Japon pour le nouvel an de manger des mochi (餅). Ces friandises sont fabriquées à base de riz gluant japonais, pilé jusqu’à obtention d’une pâte. Cette pâte est alors modelée, donnant ainsi forme au mochi, fourrés ou assaisonnés par la même occasion.

Comme il s’agit d’une tradition, un rassemblement dédié a inévitablement été organisé à l’école de Yumi, l’occasion pour moi d’un baptême du feu et d’une nouvelle découverte.

Pour fabriquer des mochi il faut donc du riz. Je vais passer l’étape de la cuisson, j’ose imaginer que vous avez une idée de la façon de procéder pour obtenir du riz cuit à partir de riz sec. Ce riz (en quantité suffisante pour nourrir une réunion de Moënne-Loccoz pendant 10 jours) est donc placé dans un gigantesque creuset fait de bois ou de granit.

Dans ce creuset, on verse de l’eau bouillante, afin d’éviter que le riz ne refroidisse trop. La première étape consiste alors à écraser légèrement le riz avec des maillets en bois. Ainsi les grains sont bien agglutinés, évitant ainsi que le pilage ne se transforme en une éruption de grains de riz tous azimuts.

Et c’est parti : à grands coups de maillets, le riz est pilé, écrasé, écrabouillé, aplati, amalgamé par des hommes aux muscles d’acier et à la virilité indéniable faisant tourner les têtes des dames présentes. Pour les lecteurs ayant des difficultés de compréhension, je faisais partie de ces hommes évidemment. Lorsque la pâte de riz a une consistance proche de celle de la pâte à pain, félicitation vous pouvez reposer votre maillet. Au fil de l’opération, la masse de riz est retournée et repliée sur elle-même à plusieurs reprises, assurant ainsi une consistance homogène.

Conseil n°1 : ne pas oublier de retirer de la pâte les éclats de bois issus du maillet, sous peine de surprise fort déplaisante lors de la dégustation.

Conseil n°2 : tremper régulièrement le maillet dans l’eau chaude permet d’éviter d’emporter la moitié de la pâte de riz à chaque fois que l’on soulève celui-ci.

Il ne reste plus qu’à déguster. Fourré à la pâte de haricots rouges, saupoudré de sésame noir ou imprégné de sauce soja et emballé dans une algue nori il existe d’innombrables façon d’accommoder le mochi. Et heureusement parce que ça reste de la pâte de riz gluant et tel quel c’est à peu près aussi goûtu qu’une bonne cuillère de farine.

Conseil n°3 : manger les mochi rapidement et ne pas les laisser au frigo trop longtemps sous peine de manger de la biscotte de riz.

Brise-pastèque

Non, il ne s’agit pas du nom d’une arme primitive destinée à fracasser le crâne de ses adversaires mais d’une activité ludique pour les petits et les grands. Yumi et moi avons pu nous y essayer à l’occasion du suica-wari (スイカ割り) de son école. Vous trouverez la traduction littérale de ce nom dans le titre de l’article.

Satô-sensei, le professeur de Yumi, en pleine démonstration

Accoutrés d’un tablier, les cheveux retenus par un foulard, nous avons suivi plus ou moins attentivement les consignes des enseignants. Le jeu est simple. L’enfant est équipé d’un dispositif empêchant la vision et d’un objet modérément contondant (batte en plastique ou bâton recouvert de mousse). Le parent accompagnateur est quant à lui muni d’un tambourin, d’une clochette, de grelots ou de tout instrument tintant ou cliquetant.

A l’aide dudit instrument, le parent guide son enfant vers la cible. Arrivé à distance de frappe, l’enfant tente d’abattre son arme sur la pastèque, le plus souvent avec tout l’entrain juvénile que vous pouvez imaginer. Après avoir subi ce traitement un certain nombre de fois, et malgré un courage exemplaire, la pastèque fini par se briser. Elle est remplacée et le jeu continue jusqu’à ce que tous les enfants des deux classes de petits aient eu leur chance.

Une des copines de Yumi sur la ligne de départ

La dernière pastèque n’ayant pas été achevée après le passage du dernier enfant, une des enseignantes a été mise à contribution. En dépit de sa bonne volonté, la pastèque a résisté à ses assauts. Les parents ont donc été sollicités. Vous l’aurez deviné, le seul à avoir accepté était l’étranger de service, comme s’il ne se faisait déjà pas assez remarqué.

J’ai donc mis un terme à cette sauterie en allant, guidé par Yumi, régler son compte au fruit récalcitrant, sans oublier de faire le pitre pour amuser la galerie. Quand la moyenne d’âge de celle-ci est de trois ans et demi ça ne demande pas beaucoup d’efforts.

La même, prête à passer à l’attaque

Et que fait-on des pastèques cassées ? On les mange évidemment ! Elles sont débitées et réparties entre tous les participants qui partagent un pique-nique fuité bien mérité dans le gymnase. Il en est même resté pour en ramener à la maison !

L’école Kaichi

L’une des plus anciennes écoles du Japon se trouve à Matsumoto. Ce fut l’occasion d’une petite visite en famille, gratuite de surcroît étant résidents de Matsumoto. Originellement une école primaire, elle fut aussi un collège, une école pour femmes, un lycée technique pour enseignants et un centre social d’éducation.

Cette école fut fondée en 1873, peu de temps après les réformes en profondeur du système éducatif japonais du début de l’ère Meiji. Le bâtiment, terminé en 1876 est d’inspiration européenne, avec des éléments d’architecture japonaise. Désignée Patrimoine Culturel en 1961 avant de fermer ses portes en 1963, année où l’école fut entièrement déconstruite afin d’être déplacée et conservée avant de devenir un musée en 1965.

 La visite présentait peu d’intérêt pour les filles, à l’exception d’un long corridor séparé de la pièce adjacente par une barrière en bois à travers laquelle elles ont passé un bon quart d’heure à jouer à cache-cache. Soyons honnête, avec l’essentiel des descriptifs en japonais et les filles à surveiller, je ne garderais pas non plus un souvenir impérissable de ce musée. Le bâtiment reste fort agréable à l’œil grâce au cachet certain que lui confèrent ses parquets cirés et patinés et ses pupitres d’écoliers au charme désuet.