Le tri des déchets

Au Japon, plus particulièrement ici à Matsumoto, le tri des déchets suit des règles strictes. Première chose, chaque foyer doit utiliser des sacs spéciaux pour la poubelle, avec un emplacement spécifique où le nom des propriétaires du sac doit être indiqué. Ces sacs sont vendus par la municipalité et coûte la « modique » somme d’un euro pièce, sans doute une mesure incitative à la limitation de la quantité de déchets que nous produisons.

Il y a par ailleurs plusieurs types de sacs : ceux pour les déchets à incinérer et ceux pour les déchets à recycler. Ces sacs étant transparent, les japonais dans leur extrême pudeur, placent du papier journal à l’intérieur afin de masquer le contenu de leur poubelle à la vue de leurs voisins. Après tout, le sac est nominatif, les commérages pourraient se nourrir de ces déchets, par exemple : « Oh, les Moenroko (prononciation approximative de notre nom ici) ont jeté une barquette en plastique dans les déchets non recyclable ! Quel incivisme ! ».

Pour poursuivre sur le sujet, chaque foyer est censé se conformer à la notice ci-dessous en ce qui concerne le tri des déchets : heureusement qu’il y a des dessins.

Le panneau explicatif du tri des déchets à Matsumoto pour 2017

En complément de notre poubelle standard, nous avons donc un sac pour le métal, un sac pour les canettes aluminium, un sac pour les barquettes en polystyrène, un sac pour les barquettes et pots en plastiques, un pour les bouteilles en plastiques et un pour le verre, les uns devant être déposés le mardi ou le jeudi matin avant 8h30, les autres un mercredi sur deux, d’autres encore, une fois par mois, bref il vaut mieux coller des post-it partout dans la maison ou bourrer son téléphone de rappels automatiques (faites votre choix en fonction de votre degré de technologisme) pour ne pas rater le coche et se retrouver avec des poubelles qui débordent !

Irasshaimase !

Toute personne voyageant au Japon entend cette phrase magique : irasshaimase ! Que l’on pénètre dans un grand magasin, une petite boutique ou un restaurant, les vendeurs ou serveurs vous assènent systématiquement cette rengaine pour laquelle il n’existe pas de traduction littérale en français. Le mieux que j’ai pu trouvé serait « Bienvenue dans mon échoppe ! », exclamation désuète au possible, traduisant toutefois assez bien ma compréhension.

En tant que Japonais, il est parfaitement normal d’entendre cette phrase, c’est un peu comme la clochette qui tinte lorsque l’on entre dans une boutique. On l’entend mais on n’y prête pas attention. Pour ma part, j’ai toujours l’impression que l’on s’adresse à moi en particulier et lors de mes premières visites au Japon, je ne pouvais pas m’empêcher de répondre un « Oyahô gozaimasu » ou un « Konnichiwa » pour saluer la personne en retour. Cela avait le don de m’attirer les moqueries de Sayaka, mais c’était plus fort que moi, j’avais le sentiment d’être grossier si je laissais sans réponse cette exclamation joviale qui m’accueillait. Aujourd’hui je suis mieux informé et sais tenir ma langue, avec cependant toujours cette impulsion de répondre que je refrène tant bien que mal !

Pour terminer, je n’ai pu m’empêcher de sourire lorsque nous avons fait l’ouverture d’un magasin d’électroménager en début de semaine. Nous avons été accueillis par un alignement de vendeurs lançant des « Irasshaimase » et de « Ohayû gozaimasu » à tue-tête à chaque entrée de client, comme autant de soldat à l’inspection lançant leur « Chef, oui chef ! » sous l’œil critique de leur général.

Premières impressions

J’y suis depuis 10 jours et j’ai bien entendu déjà quelques impressions à livrer maintenant que mon corps a finalement compris qu’à une heure du matin il faut dormir et qu’il en va de même pour les filles.

Tout d’abord, concernant la vêture féminine en été. Outre une mode fort éloignée de ce à quoi nous sommes habitués en tant que français (mélanger un pantalon à pois et un T-Shirt à rayures, même pour un enfant agresse mes yeux) j’ai découvert les manches amovibles. En effet, le bronzage est tout sauf à la mode ici, je pense que cela donne un aspect paysan que fuit la gent féminine japonaise : ces manches ne sont rien de plus que des manchons de tissu que l’on porte avec un t-shirt à manches courtes, afin de protéger ses bras des ardeurs du soleil. En ce qui me concerne, quand il fait comme ces derniers temps 35°C avec un taux d’humidité autour des 70%, peu me chaux que d’avoir l’air d’un péquenot, tant que je ne me dissous pas dans la moiteur ambiante. Et c’est d’autant plus surprenant que lorsqu’elle pénètrent dans un magasin, forcément climatisé, alors elle troussent ces manches (contraire de retrousser n’est-ce pas) sur leurs poignets, pour un rendu du plus bel effet !

Autre point, beaucoup plus plaisant celui-ci, la courtoisie notamment dans une situation toute simple. Les rues de notre quartier sont très étroites (bien qu’à double-sens, ce qui me fait appréhender la conduite ici…) et ne jouissent pas de la présence de trottoirs. Nous nous rangeons sur le bas-côté avec Yumi lorsque nous nous promenons afin de laisser passer les véhicules. Et systématiquement nous avons droit à un, voire plusieurs, hochements de tête en guise de remerciement de la part du conducteur ou du cycliste. Bon nombre d’entre nous français devraient en prendre de la graine !

Enfin, je parlerai de la propreté. C’est de notoriété publique que le Japon est un pays propre. Et pourtant, il n’y a que très peu de poubelles dans les rues, contrairement à la France. J’en déduis qu’ils ont de meilleures habitudes que nous concernant les déchets qu’ils ne jettent pas aux quatre vents, ou comme il m’a été donné de voir, que beaucoup d’efforts sont faits pour le nettoyage de l’espace public. En effet, alors que j’étais au parc avec Yumi, j’ai vu trois agents de nettoyage qui littéralement balayaient le parc. Principalement pour ramasser les résidus de tonte ce qui semble normal, mais aussi pour retirer les feuilles et branches mortes. Et ils balayaient les espaces de terres battues ! Balayer de la terre battue, j’ai du mal à imaginer une tâche plus vaine. Sans compter qu’ils prenaient le temps de séparer les déchets organiques des rares détritus traînant ça et là. En tout cas cela me donne des éléments pour comprendre le très faible taux de chômage ici. Avec de tels boulots, je ne trouve pas très étonnant l’existence du plein emploi.