Avec toutes nos confuses

Je l’avais évoqué dans un article précédent, des travaux de construction sont en cours derrière chez nous. Quand je dis derrière chez nous, je veux dire qu’en tendant le bras depuis le rebord notre abri de jardin, je peux saisir les échafaudages.

Vous imaginez donc aisément le niveau sonore atteint dans la maison lorsque les engins enthousiastes creusent, tassent, percent, scient, martèlent, vissent ou dévissent. Je manque d’onomatopées adéquates pour rendre compte du bordel tintamarre que nous supportons du lundi au vendredi, de huit heures à cinq heures. Et le samedi aussi. Et certains dimanches. Et faut quand même pas prendre les riverains pour des tranches de poulpe.

Sayaka, dont la patience s’apparente en durée au coït du lapin, n’a donc pas tardé à appeler la mairie pour faire savoir notre mécontentement. A plus forte raison puisque l’ensemble des habitants du quartier avait, suite à consultation, refusé la construction. Consultation royalement ignorée par un politicien local sans doute corrompu, imbibé de saké et aux pieds malodorants (oui, ces travaux me rendent acariâtre). 

Suite à l’appel de Sayaka, pas vraiment de changement. Pire même, un soir, apparemment suite à une bévue, les travaux se prolongent jusqu’à 19 heures, heure à laquelle Meï et Yumi vont dormir. Sayaka, dont la patience était à ce moment équivalente à la durée de vie d’un méson s’est rendue sur le chantier pour expliquer que bordel s’il vous plaît on aimerait bien avoir un peu de calme pour permettre à nos filles de dormir.

J’imagine bien en France comment elle se serait faite rabrouer. Et les travaux auraient sans doute repris de plus belle. Mais là, dans les deux minutes suivant l’intervention de Sayaka, plus un bruit. Et le lendemain, je vois débarquer le chef de chantier dans l’après-midi. Il était venu s’excuser du bruit de la veille et nous apporter une énorme boîte de douceurs. Sayaka étant absente, il est même revenu en fin de journée pour réitérer ses excuses, accompagnées de force inclinaisons du buste,  de moult révérences et de quantités de formules de politesse comme seuls les japonais maîtrisent.

Les douceurs et, comme toujours, la serviette estampillée aux couleurs de la société

Shôji

Le shôji est un panneau coulissant pouvant servir de porte, de fenêtre ou à séparer une pièce en deux. Typique des maisons traditionnelles japonaises, il tend, à l’instar du tatami, à tomber en désuétude dans les maisons modernes en raison du travail d’entretien qu’il constitue.

Shôjis ouverts sur le jardin d’une maison de thé à Inuyama

En effet, le shôji est traditionnellement constitué d’une armature de bois recouverte de papier de riz. Si aujourd’hui le papier de riz est bien souvent remplacé par du papier plus résistant, voire du plastique, le shôji reste par nature fragile. En vieillissant, le papier sèche et devient plus friable. Ajoutez à ça la présence d’enfants facétieux découvrant les joies de poignarder le shôji de leurs petits doigts potelés (anecdote véridique, l’enfant en question a bien grandi et vit aujourd’hui avec moi) et vous comprendrez le choix de modernisme de nombreux Japonais.

Shôji de séparation dans notre chambre d’amis

Nous, au contraire, sommes restés vieux jeu. Notre maison dispose de nombreux shôjis en particulier destinés à protéger la maison du soleil et des regards extérieurs. Il sont disposés comme le seraient des rideaux, à la différence que le shôji c’est quand même beaucoup plus classe.

Exemple de shôjis en piètre état

Si les filles ne se sont pas (encore) rendues coupables de crime contre shôji, certains nous avaient été laissés dans un piètre état par les occupants précédents. S’agissant des parents de Sayaka, lesquels nous logent gracieusement, je n’ai pas fait d’esclandre. J’ai même pris sur moi et me suis mis en devoir de remplacer tous les shojis de la maison. Ma responsabilité étant engagée dans certaines perforations, non des moindres, j’y ai mis d’autant plus d’enthousiasme. Le résultat en images.

Mensetsu

Sous ce joli mot se cache une épreuve redoutée par tant de jeunes diplômés et de demandeurs d’emploi : l’entretien d’embauche. Dans mon incurable naïveté, je pensais avoir passé les affres de ce genre de confrontation.

Moi, après l’entretien (photo non contractuelle)

C’était sans compter sur un mail anodin, envoyé sur un coup de tête à une société de services japonaises censée embaucher des étrangers parlant anglais, pour des postes où l’anglais est la langue de communication. Certes, cette entreprise cherche de tels candidats pour de tels postes : à TOKYO ! Dans notre cambrousse c’est en japonais que ça se passe ma petite dame, je l’ai appris à mes dépens, deux semaines avant la date prévue pour l’entretien, c’est-à-dire pendant nos vacances (article à suivre).

A notre retour je disposais donc de quatre jours pour : rédiger un CV en japonais (succès!), apprendre tout le vocabulaire nécessaire pour l’entretien (échec!) et me préparer à faire croire à mon interlocuteur, en japonais, que je suis bien la future clef de voûte de son équipe (mouahahah).

Pour le CV, évidemment Sayaka m’a aidé. Enfin, aidé est un bien petit mot puisqu’elle l’a entièrement rédigé à partir de mon CV en anglais. Seul hic : au Japon, il est de mise de rédiger son CV à la main, sans ratures ni corrections visibles. J’ai donc pris mon plus beau stylo bic et « En voiture, Simone! », ou plutôt « En Toyota, Akiko! » comme on dit ici.

Et un CV en japonais écrit à la main !

J’ai bien entendu trouvé le moyen de me mélanger les kanji (idéogrammes) au milieu de la seconde page, ce qui m’a valu de tout reprendre depuis le début. Au total c’est près de trois heures qu’il m’aura fallu pour en venir à bout. Avant de recevoir un mail la veille de l’entretien indiquant que le CV peut être dactylographié… J’ai énuméré dans ma tête un certain nombre d’orifices où l’on peut insérer un CV dactylographié avant de me calmer.

Le jour même, un samedi matin (et oui nous sommes au Japon), j’ai été accueilli par un brave homme en jeans et chemise dans une minuscule salle de réunion aux murs gris, dénués de décoration et garnie d’une table et de quatre chaises en plastique sur lesquelles les parties charnues de mon anatomie ont commencé à souffrir dès la troisième minute. Avec mon costume cravate, je me suis senti parfaitement dans le ton.

Cependant, j’ai été rapidement mis à l’aise par les efforts du recruteur. Il a pris soin de parler assez lentement, au moins au début, et d’utiliser des mots assez simples. Il n’a pas non plus semblé grincer des dents en m’entendant buter et trébucher sur les écueils du langage. Les Japonais étant les maîtres de l’art de la dissimulation des sentiments, cela ne veut pas dire grand chose mais son attitude a eu le mérite d’apaiser mon stress.

Au final l’entretien m’a semblé s’être bien passé, bien qu’il n’ai duré que trente minutes au lieu de l’heure et demie initialement prévue.J’ai compris un peu plus de la moitié de ce qu’il me disait et l’important c’est d’avoir la moyenne non ? 

PS : pour ceux qui se posent la question, ceci ne remet pas en cause notre date de retour en France

Je me présente…

Décidément, ces Japonais n’en finiront pas de m’étonner avec leurs coutumes. Les présentations et salutations (aisatsu, あいさつ) revêtent ici une importance particulière, et ce dans tous les contextes. La présente anecdote à pour origine des travaux de construction ayant lieu juste derrière chez nous.

Le terrassement étant terminé (en un temps record, nous sommes au Japon) la construction de l’édifice doit débuter sous peu. Ce sont donc trois personnages qui se sont présentés (dans tous les sens du terme) chez nous la semaine dernière. L’objet de leur visite ? Ben justement, se présenter, rien de plus.

« Bonjour je suis monsieur Okuhara Takanori de la société NKC, en charge de la construction du bâtiment ». « Bonjour, je suis monsieur Kamiho Takashi de la société Matsubetsu, responsable des travaux de plomberie. » « Bonjour, je suis monsieur Yoshizawa, de la société Nishiden, notre métier c’est l’électricité »

Je traduis librement leurs propos en vous faisant grâce des inévitables formules de politesse. Avant de repartir ils m’ont tous remis leur carte de visite (sésame indispensable au Japon pour toute personne active), ainsi qu’un joli cadeau chacun : une petite serviette de toilette estampillée aux couleurs de leurs entreprises respectives.

Les fameuses serviettes et les cartes de visite

Je comprends mieux maintenant d’où viennent les dizaines de serviettes du même genre empilées un peu partout dans la salle de bain.

Musée d’art de Matsumoto – 美術館

Avec un père tel que moi, impossible d’échapper aux visites de musées. C’est mon côté bobo, j’aime bien faire semblant de comprendre l’art contemporain ou d’apprécier les chefs-d’oeuvre classiques. J’ai donc emmené Yumi avec moi à la découverte du musée d’art de Matsumoto, en lui faisant miroiter des merveilles, notamment les sculptures de fleurs titanesques du parvis. Jugez plutôt.

En ce moment l’attraction phare est une exposition de Yayoi Kusama, une artiste originaire de Matsumoto spécialisée dans les installations et la sculpture. A part sa tête, visible un peu partout en ville ou sur le site internet de Matsumoto, j’ignorais tout de cette artiste. Malgré cette méconnaissance, ce fut excellent, un vrai plaisir pour Yumi et moi.

Yumi devant la façade du musée

Et pour cause, les installations en question, à base de miroirs et de lumières, les sculptures colorées et les peintures fourmillant de détails ont ravi Yumi. Quoi de plus fun pour un enfant que de voir son image reflétée à l’infini dans un couloir tapissé de miroirs ?

Une seconde exposition était dédiée au travail d’un maître calligraphe dont je n’ai pas retenu le nom. Une vidéo le présentait en pleine démonstration de son talent, c’était surprenant, voire captivant pour Yumi. Nous avons alors vu lesdites calligraphies exposées et avons pu nous même écrire de superbes idéogrammes par la technique dite de takuhon.

Cette technique constiste à positionner une feuille de papier sur une pierre où sont gravés des kanji et à frotter ce papier avec un bloc encreur. Très utilisé par le passé pour reproduire aisément des textes, ce mode d’écriture a constitué pour Yumi une activité ludique intéressante.

Une dernière sculpture aura marqué Yumi : un homme debout, dans le plus simple appareil. Quand elle a commencé à commenter son anatomie je n’étais pas fâché que personne ne pût comprendre ce qu’elle racontait (merci internet pour la conjugaison du verbe pouvoir à l’imparfait du subjonctif). Ce fut donc une très belle expérience père-fille.

A bicyclette

C’est de saison, la petite reine est de sortie, les amateurs pédalent nonchalamment le nez au vent tandis que le professionnels transpirent sang, eau et produits dopants sur les routes du Tour de France.

Nous sommes nous aussi adeptes du deux roues, fonctionnant à l’huile de genou, celle de coude n’est pas des plus adaptées pour ce sport. Sayaka se rend quotidiennement au travail en vélo, déposant ou récupérant Yumi sur le trajet et la faisant embarquer sur le siège adéquat. Pour ma part, c’est pour me rendre en ville à mon cours de conversation que j’enfourche le vélocipède, ou encore pour emmener Yumi en promenade dans les rizières au-dessus de chez nous.

Yumi en pleine récupération

Dans ces occasions, elle choisit le chemin, travaillant ainsi la distinction entre sa droite et sa gauche. Sa tendance systématique à choisir la route la plus escarpée et à me narguer en ahanant derrière moi « Oh, c’est difficile ! » frise  le sadisme.

Nous en avons terminé avec la montée, place à l’hilarité

Mais si j’évoque le sujet du vélo, c’est parce que j’ai été extrêmement surpris lors de notre dernière sortie à la piscine avec Yumi. Tout d’abord, un peu de contexte : ici, comme aux Pays-Bas, les vélos sont équipés d’un système de verrouillage de la roue arrière directement fixé sur le vélo. A l’arrêt, quand le vélo est verrouillé, la roue arrière est bloquée par un arceau passant à travers les rayons. Pour rouler, on libère l’arceau d’un tour de clef, laquelle reste d’ailleurs accrochée au vélo durant tout le trajet. Il est donc recommandé d’éviter les porte-clefs à fanfreluches pendouillantes pour des raisons évidentes.

Et bien figurez-vous que lorsque nous sommes arrivés à la piscine, j’ai constaté que plus de la moitié des vélos présents n’était pas verrouillé, et que la clef était restée sur le vélo. J’en suis resté comme deux ronds de flan, à plus forte raison en découvrant à notre retour un heure plus tard ces vélos toujours présents. Pour quelqu’un dont le VTT fut dérobé à Lyon malgré un antivol dûment attaché, la surprise était de taille.

Alors certes, nous sommes ici dans un quartier résidentiel, dans une petite ville (à l’échelle japonaise), où la délinquance est forcément moins présente que dans la seconde métropole française. Cependant, je n’aurait jamais confiance en mes compatriotes au point de laisser la clef sur le cadenas de mon vélo où que ce soit en France.

Cette tranquillité d’esprit face aux risques de vol est un vrai confort ici qu’il me sera difficile de perdre : être contraint de reprendre des habitudes de méfiance envers son prochain c’est quand même moche.

Panorama au sommet de notre sortie

Bento

Le bento (弁当) est une autre de ces spécificités japonaises de tous les jours élevée au rang d’art. Là où le français prépare son casse-croûte et le québécois sa boîte à lunch, ici nous avons notre bento. Boîte compartimentée, préparée à domicile, commandée au restaurant ou achetée au rayon traiteur de votre supermarché ou du dépanneur le plus proche, elle se décline naturellement en une infinité de variations. Bento fait référence à la fois au contenu et au contenant.

Le compartiment supérieur peut héberger une paire de baguettes

Les compartiments peuvent être superposés en plusieurs étages ou en latéral, voire les deux pour les versions deluxe. Chaque jour, Yumi et Sayaka emportent le leur pour leur déjeuner. Nous jouons quotidiennement au jeu de « qu’est-ce que l’on met dans le bento de Yumi ? » puisque celle-ci à des préférences culinaires bien arrêtées.

Exemple de bento pour Yumi : riz saupoudré de furikake, saucisse, omelette aux champignons et pomme de terre

Bien entendu, nous n’y passons pas des heures. Cependant, comme bien souvent ici, l’aspect esthétique joue un rôle important et il n’est pas rare que le bento des bambins contiennent des onigiri représentant un panda, des œufs taillés en forme de lapin ou encore une saucisse évoquant une chose longue, rose et cylindrique.

L’origine du bento remonte au XIIIème siècle, lorsque les ouvriers emportaient avec eux au travail du riz cuit puis séché, emballé dans un petit sac. Les boîtes, quant à elles, ont fait leur apparition au XVIème siècle et leur usage était alors réservé à des événements particuliers tels que hanami (花見, la contemplation des cerisiers en fleurs).

Durant la période Taishô (1912 à 1926) le bento a été au cœur d’une polémique puisqu’en cette période de fortes disparités sociales, la question fut posée de savoir s’il n’était pas dommageable pour les enfants que ces différences de moyens transparaissent dans le bento que chacun apportait alors à l’école.

Toutefois, depuis les années 1980, l’apparition du micro-ondes et des plateaux en polystyrène ont redoré le blason du bento et sa grande popularité est aujourd’hui indéniable. Il existe même plusieurs ritournelles sur ce thème, dont une que Yumi a appris à l’école puisque les enfants la chantent avant chaque repas.

 

Kabuto

A ma grande surprise, j’ai découvert ceci récemment en vente au depâto (centre commercial).

Casque traditionnel japonais : le kabuto

Porté à l’origine par le soldat japonais standard, ce casque est devenu progressivement réservé à l’élite des combattants japonais, à savoir les samouraïs, et à leurs chefs de guerre.

Il est composé d’un dôme (encore heureux sinon il ne servirait pas à grand chose), d’une garde cervicale, de projections latérales représentant des ailes, d’une visière et d’une crête ornementale.

Autre exemple encore plus classe

Ces pièces sont bien entendu décoratives, les Japonais ne portent pas ça pour aller au boulot, même les plus excentriques d’entre eux. C’est un peu l’équivalent nippon des reproductions d’armures médiévales trônant dans les châteaux européens, lesquelles je n’ai toutefois encore jamais vu en vente aux galeries Lafayette.

Pour reprendre la formule consacrée, c’est très beau mais ça ne sert à rien, ce qui est l’essence même d’une oeuvre d’art. Quant à savoir si l’on peut classer un objet guerrier dans cette catégorie, c’est un autre débat.

Enfin, pour nos amis entomologistes amateurs d’anecdotes linguistiques (tranche de population assez réduite s’il en est), sachez que le scarabée rhinocéros japonais est appelé ici kabutomushi, littéralement « l’insecte kabuto ». Quand on voit sa tronche, on comprend aisément pourquoi.

Kabutomushi (photographie libre de droit, issue de l’articule Wikipedia idoine)

Semaine d’or

La Golden Week (ゴールデンウィーク) est une série de quatre jours fériés répartis sur une semaine calendaire, et c’est en ce moment.

Le premier de ces jours fériés est aujourd’hui même, le 29 avril jour de naissance de l’empereur Shôwa (昭和の日 Shōwa no Hi), plus connu chez nous sous le nom de Hirohito. Cette journée est destinée à laisser aux Japonais le temps de méditer sur les 63 turbulentes années du règne de ce fameux souverain.

Vient ensuite le 3 mai où l’on célèbre la promulgation de 1947 de l’actuelle constitution du Japon (憲法記念日 Kenpō Kinenbi). Ce jour est censé permettre de réfléchir au sens de la démocratie et à la place du gouvernement japonais au sein de ce système.

Puis le 4 mai, jour de la verdure (みどりの日 Midori no Hi) laisse officiellement l’opportunité de communier avec la nature et de la remercier de ses bienfaits. Auparavant célébré le 29 avril, ce jour férié a été déplacé au 4 mai en 2007 suite à une réforme de la loi concernant les jours fériés afin d’éviter le conflit avec le Shôwa no Hi, sans pour autant supprimer un jour de congé à des Japonais qui en ont bien besoin.

Enfin, le 5 mai est le « jour des enfants » (こどもの日 Kodomo no Hi) ou fête des bannières puisqu’à cette occasion des myriades de koinobori – des manches à air en forme de carpe –  flottent au vent partout dans le pays. Originellement appelé « jour des garçons » – les filles ont déjà le Hinamatsuri du 3 mars qui leur est dédié – son périmètre a été élargi pour célébrer le bonheur de tous les enfants et exprimer de la gratitude aux mamans. On voit que les pères au foyer sont une fois de plus passés aux oubliettes…

Ce dernier est le troisième des cinq gosekku (五節句) les cérémonies traditionnelles de la cour impériale se tenant aux jours dont la date est double (01/01, 03/03, 05/05, 07/07 et 09/09).

Pour la Golden Week, le pays se met en pause. Une grande majorité des employés prend des jours de congés pour compléter la semaine et certaines entreprises ferment carrément leurs portes. Durant cette semaine, le prix des transports et des hébergements grimpe en flèche, ce qui n’empêche pas que les trains et les hôtels affichent souvent complet. Pour les touristes étranger, c’est la semaine à éviter pour un voyage au Japon.

 

Premiers jours

Cette semaine, Yumi a commencé la maternelle. Découverte pour elle et pour moi également, notamment en ce qui concerne le rituel de début de journée. En arrivant, après avoir retiré leurs chaussures, les avoir rangées dans le casier qui leur est attribué (repérable par leur pictogramme personnel) et enfilé leurs  chaussures d’intérieur, les enfants placent un petit autocollant sur la date du jour dans leur petit carnet de présence, qu’ils glissent ensuite dans la pochette portant un fois de plus leur pictogramme.

Puis, on retire la veste d’uniforme pour enfiler un ample t-shirt à manches longues (même modèle et même couleur pour tout le monde) et l’on range ses affaires dans un second casier, toujours identifié de la même façon. Ils accrochent ensuite leur essuie-main à un crochet une fois de plus porteur du fameux pictogramme. Cet essuie-main porte rudement bien son nom puisqu’il sert à s’essuyer les mains après les avoir lavées en sortant des toilettes. Oui, les serviettes ne sont pas fournies par l’établissement.

C’est seulement alors qu’ils peuvent aller s’esbaudir dans la salle de jeu équipée de dînette, de toboggans et de matériel de dessin, où chacun est libre de s’occuper comme il le souhaite, les enseignants étant là pour surveiller que tout se passe bien. En milieu de matinée, c’est la pause où tout le monde retourne dans la salle de classe pour boire dans la gourde que chaque enfant doit apporter, et pour aller se repoudrer le nez si vous me passez l’expression. Et c’est reparti pour 45 minutes de folie dans la grande salle de jeux. Je peux témoigner de tout cela car j’y ai assisté aujourd’hui même : ce matin c’était portes ouvertes pour les parents.

Pour ma part, j’ai participé lundi et ce matin à mes premières réunion de parents d’élèves. Participer est un bien grand mot, j’ai surtout été présent et essayé de sourire poliment lorsque l’on me transmettait un papier. Je n’ai compris que ce qui s’est dit à propos du parking, ce qui me fait une jambe de rêve puisque nous venons à pied ou en vélo pour amener Yumi. Je sens que ça ne va pas être de la tarte ces réunions mais après tout je savais dans quoi je m’engageais en venant ici. J’ai tout de même la chance que deux des mamans (je suis le seul papa dans le groupe) parlent un peu anglais. Le mari de la responsable du groupe parle même un peu de français. En tout cas voilà l’occasion idéale pour me faire pratiquer la langue.