Kamishibai

Le kamishibai (紙芝居, théâtre de papier) est une forme de divertissement japonaise, en vogue durant les années 1930 et jusqu’à l’avènement de la télévision au cours du XXème siècle.

Non, je n’évoque pas ce sujet avec pour seul but de vous assommer de mes connaissances hétéroclites en matière de culture japonaise. Outre le grand nombre de professeurs (environ trois) lisant ce blog et pouvant être intéressés, il se trouve que Yumi est devenue grande amatrice de cet art d’une délicieuse désuétude.

Le mot Kamishibai fait référence à la fois à l’art et au support sur lequel repose son principe. Il s’agit d’un ensemble de planches illustrées sur une face, placées sur une scène miniature. Le kamishibaiya, l’artiste narrateur, fait défiler les planches une à une, racontant l’histoire dont le texte est rédigé au verso de chacune des planches.

De cette façon, le narrateur peut toucher une audience assez large (de l’ordre d’une trentaine d’enfants) car les planches sont en général au format A3. Durant l’âge d’or du kamishibai au Japon, on estimait à environ 2500 le nombre de kamishibaiya en activité, chacun donnant en moyenne 10 représentations par jour soit un total de près d’un million d’enfants spectateurs par jour.

Aujourd’hui les kamishibaiya de profession ont presque disparu. Il reste toutefois possible d’emprunter des kamishibai à la bibliothèque la plus proche de chez vous pour devenir vous-même un artiste adulé des enfants, en tout cas des vôtres.

Musée d’art de Matsumoto – 美術館

Avec un père tel que moi, impossible d’échapper aux visites de musées. C’est mon côté bobo, j’aime bien faire semblant de comprendre l’art contemporain ou d’apprécier les chefs-d’oeuvre classiques. J’ai donc emmené Yumi avec moi à la découverte du musée d’art de Matsumoto, en lui faisant miroiter des merveilles, notamment les sculptures de fleurs titanesques du parvis. Jugez plutôt.

En ce moment l’attraction phare est une exposition de Yayoi Kusama, une artiste originaire de Matsumoto spécialisée dans les installations et la sculpture. A part sa tête, visible un peu partout en ville ou sur le site internet de Matsumoto, j’ignorais tout de cette artiste. Malgré cette méconnaissance, ce fut excellent, un vrai plaisir pour Yumi et moi.

Yumi devant la façade du musée

Et pour cause, les installations en question, à base de miroirs et de lumières, les sculptures colorées et les peintures fourmillant de détails ont ravi Yumi. Quoi de plus fun pour un enfant que de voir son image reflétée à l’infini dans un couloir tapissé de miroirs ?

Une seconde exposition était dédiée au travail d’un maître calligraphe dont je n’ai pas retenu le nom. Une vidéo le présentait en pleine démonstration de son talent, c’était surprenant, voire captivant pour Yumi. Nous avons alors vu lesdites calligraphies exposées et avons pu nous même écrire de superbes idéogrammes par la technique dite de takuhon.

Cette technique constiste à positionner une feuille de papier sur une pierre où sont gravés des kanji et à frotter ce papier avec un bloc encreur. Très utilisé par le passé pour reproduire aisément des textes, ce mode d’écriture a constitué pour Yumi une activité ludique intéressante.

Une dernière sculpture aura marqué Yumi : un homme debout, dans le plus simple appareil. Quand elle a commencé à commenter son anatomie je n’étais pas fâché que personne ne pût comprendre ce qu’elle racontait (merci internet pour la conjugaison du verbe pouvoir à l’imparfait du subjonctif). Ce fut donc une très belle expérience père-fille.

Fête à Sawamura – 白金町会

En honneur de l’été, nous avons eu droit à une petite fête au parc de Sawamura. Nous n’en avons guère profité, les filles étant fatiguées ce jour là, et la fête ne commençant qu’à 17 heures. Néanmoins elles ont participé à l’activité de peinture collective avec d’autres enfants. En ce qui me concerne j’aurais volontiers participé à l’activité yakitori, bîru (bière) ou yakisoba avec mon estomac mais il était un peu trop tôt.

Des hauts-parleurs diffusaient en boucle de la musique pop japonaise, de la J-Pop pour les connaisseurs. Ceci a naturellement eu pour effet de déclencher chez Yumi un accès de fièvre danseuse que Meï s’est empressée tant bien que mal d’imiter.