Kyoto

A l’occasion de la venue du parrain de Yumi au Japon, nous avons fait une petite excursion à Kyoto, la ville des 1000 temples. C’était très sympa, une visite complètement différente de celle que nous avions fait à deux en 2013 lors de notre premier voyage ensemble au Japon avec Sayaka.

Les enfants ont guidé le choix des visites, nous amenant au musée du train et au zoo. La recrudescence de touristes, notamment asiatiques (chinois et taïwanais en particulier) nous a surpris, et il faut l’avouer, déplu. Pour quelqu’un comme moi ayant horreur de la foule, la visite au temple de Fushimi-Inari, pourtant superbe, a frôlé le calvaire.

Heureusement, après un passage obligé au magasin Ghibli, nous avons dégoté un petit café dans une ancienne bâtisse avec un jardin intérieur juste pour nous et de la bière locale à se pâmer. De quoi se réconcilier avec la ville !

La forêt tyrolienne

Ou comment vendre un air de germanisme à des Japonais. Il s’agit d’un parc familial, je n’oserai pas dire un parc d’attractions, dont le thème est le Tyrol, cette charmante région autrichienne, aussi éloignée géographiquement que culturellement de notre archipel favori.

チロルのもり (lire tchiroru no mori) la « forêt du Tyrol » nous a certes permis de changer un peu de nos repaires habituels lorsque nous y avons amené les filles en novembre (oui je suis en retard dans la rédaction de ce blog) mais je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai été dépaysé.

Architecturalement, il y a un air de ressemblance avec la Bavière, et l’idée que je me fais du Tyrol. En revanche, diffuser en boucle de la musique à base d’accordéon criard, ce n’était pas vraiment nécessaire. J’espère aussi que les enfants Japonais qui visitent le parc ne vont pas imaginer que les alpagas en captivité qui s’y trouvent sont eux aussi d’origine autrichienne.

Si l’on ajoute à cela que le moindre jeu pour enfant est payant, en plus du ticket d’entrée au parc, je vous laisse imaginer que les parents ne garderont pas un souvenir des plus reluisants de cette journée.

Les deux réussites de la journée resteront le repas, à base de pizza au feu de bois vraiment délicieuse et authentiquement tyrolienne, tout comme la glace à l’italienne d’ailleurs, et la première chevauchée de Yumi sur une haridelle en fin de carrière douce comme un agneau.

Hygiène canine

Le Japon est un pays où la propreté est une seconde nature. Qu’il s’agisse de sa propre personne, de son logis ou de l’espace public, la règle générale reste la même : il faut que ça brille. Evidemment dans ces conditions, rares sont les déjections de nos amis les bêtes à trôner sur les trottoirs ou à agrémenter les pelouses. Le vice est même poussé encore plus loin comme l’illustrent ces anecdotes.

Tout d’abord, j’ai eu la chance inégalée d’assister à une course poursuite effrénée. En tête, le chien pourtant tenu en laisse, tente une échappée. Son maître, un septuagénaire trottinant, lutte avec vaillance, tentant de contenir les velléités d’escampette de son canidé. La pauvre bête ne souhaite qu’une chose : répondre à l’appel de la nature. Le propriétaire quant à lui n’a qu’un désir : armé de sa pelle à déchets, il tente d’attraper au vol le produit de la digestion de son fidèle compagnon. Pendant toute la durée de l’opération, le fidèle compagnon s’efforce de déguerpir en quête d’intimité, tandis que le brave homme le dos courbé, le bras tendu, ahanant, fait tout son possible pour ne pas en perdre une miette.

Je dois avouer qu’il s’agit là d’un cas rare, voire unique. La moyenne des gens se promène avec le sac plastique idoine, laisse l’animal faire son affaire avant d’en collecter le résultat avec ledit sac.

Second cas de figure, lorsque la vessie du toutou est en cause. Je vous rassure tout de suite, je n’ai jamais vu de Japonais pourchasser son chien avec une bouteille en plastique. La pratique courante ici consiste à vaporiser un produit nettoyant sur la flaque produite par le cabot (il va me falloir terminer rapidement cet article, je commence à être à court de métaphores et de synonymes canins). 

Par conséquent si vous marchez dans une flaque d’urine de clébard au Japon, soyez rassurés, elle est propre !

Utsukushigahara

Afin d’échapper à la canicule écrasante et afin de célébrer le premier jour des minuscules vacances d’été de Sayaka, nous avons pris le chemin de la montagne pour nous rendre sur les hauteurs d’Utsukushigahara (美ヶ原).

Point culminant du versant est de la vallée de Matsumoto, Utsukushigahara est un plateau où se pratique l’élevage des bovidés, la fabrication de camembert et l’extorsion des touristes, lesquels pouvant s’offrir ici des produits identiques à ceux vendus en ville, pour le double du prix.

Papillon (蝶)
Filles (娘)

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il s’agit d’un haut lieu touristique, mais à la lecture des plaques d’immatriculation, certaines personnes sont prêtes à faire plusieurs centaines de kilomètres pour venir y chercher la fraîcheur. Avec des températures avoisinant les 40°C à Gifu, c’est compréhensible, d’autant plus que la semaine à venir est celle des congés estivaux partout au Japon.

Clocher

Depuis chez nous, il faut compter une heure de trajet, voire un peu plus quand on se plante de chemin au départ comme cela nous est évidemment arrivé. Ça grimpe sec, surtout les derniers kilomètres où l’on passe de 1500 à 2087 mètres, l’altitude sommitale. La route est plaisante, traversant rizières et vignes, avant d’entrer dans la forêt dont la composition va des bambous aux conifères. Sayaka nous a conduit à l’aller, appréciant la boîte automatique qui lui a évité les changements de vitesse incessants sur les routes de montagne. J’ai conduit au retour, maudissant la boîte automatique et l’absence de frein moteur.

Meï lors de sa première rencontre avec une vache

En haut nous avons fait une petite promenade au milieu des pâturages, nourri des poneys à coups de bâtonnets de carottes (enfin j’ai nourri les poneys pendant que les filles observaient à une distance respectable les dents de l’animal d’une taille elle aussi respectable), observé les vaches – objet initial de notre escapade -, sonné la cloche et pris un pique-nique japonais à base de onigiri, inarizushi, thé vert et autres joyeusetés.

Bon appétit
Bon appétit

Kabuto

A ma grande surprise, j’ai découvert ceci récemment en vente au depâto (centre commercial).

Casque traditionnel japonais : le kabuto

Porté à l’origine par le soldat japonais standard, ce casque est devenu progressivement réservé à l’élite des combattants japonais, à savoir les samouraïs, et à leurs chefs de guerre.

Il est composé d’un dôme (encore heureux sinon il ne servirait pas à grand chose), d’une garde cervicale, de projections latérales représentant des ailes, d’une visière et d’une crête ornementale.

Autre exemple encore plus classe

Ces pièces sont bien entendu décoratives, les Japonais ne portent pas ça pour aller au boulot, même les plus excentriques d’entre eux. C’est un peu l’équivalent nippon des reproductions d’armures médiévales trônant dans les châteaux européens, lesquelles je n’ai toutefois encore jamais vu en vente aux galeries Lafayette.

Pour reprendre la formule consacrée, c’est très beau mais ça ne sert à rien, ce qui est l’essence même d’une oeuvre d’art. Quant à savoir si l’on peut classer un objet guerrier dans cette catégorie, c’est un autre débat.

Enfin, pour nos amis entomologistes amateurs d’anecdotes linguistiques (tranche de population assez réduite s’il en est), sachez que le scarabée rhinocéros japonais est appelé ici kabutomushi, littéralement « l’insecte kabuto ». Quand on voit sa tronche, on comprend aisément pourquoi.

Kabutomushi (photographie libre de droit, issue de l’articule Wikipedia idoine)

C’est pas moi, c’est Murphy

Ceux qui n’était pas nés et qui ne vivait pas en France il y a environ un quart de siècle ne comprendront pas l’origine de ce titre abscons. J’ignore moi-même pourquoi il a surgi des tréfonds de ma mémoire. Toujours est-il qu’il me permet d’introduire une anecdote simiesque inédite.

Hier matin sous un soleil radieux et de nombreuses couches de vêtements en nous promenant avec Yumi aux abords du parc de Sawamura, à deux pas de chez nous, nous avons aperçu un macaque japonais, la photo dont je dispose est moyenne : avec mes doigts gourds et ma fille prise de panique à la vue du singe je n’ai guère pu faire mieux avant que l’animal ne disparaisse.

L’animal en question, qui n’a même pas la décence de regarder vers l’objectif

Pour nos amis pisteurs, trappeurs et autres primatologues avertis, j’ajoute la photo d’une empreinte que l’animal a laissé dans la neige (le macque japonais est le primate, à l’exception de l’homme, ayant l’habitat le plus septentrional, il est donc habitué  aux rudes hivers de nos latitudes). Pour les autres je vous laisse avec Murphy.

Empreinte caractéristique de macaque mâle *moue dubitative*

Kuma !

Comme si avec les séismes, les typhons, les volcans et les missiles nord-coréens nous n’avions pas suffisamment de menaces, voilà que la semaine dernière un ours a été aperçu sur les berges de la rivière en pleine ville. Descendu des montagnes environnantes, les autorités ne l’ont pas encore capturé mais conseillent aux riverains de bien veiller sur leurs enfants. Décidément, la vie est vraiment une aventure ici !

Le parc des Alpes – アルプス公園

La semaine dernière nous sommes allés avec Yumi et sa grand-mère au parc des Alpes de Matsumoto. Il s’agit d’un parc dans les hauteurs de la ville, à peine une dizaine de minutes en voiture de chez nous et qui à la particularité d’abriter, outre une variété impressionnante de jeux pour enfants (dont des toboggans à faire pâlir nos parcs d’attraction), un petit zoo accueillant des animaux locaux dont vous avez un florilège en photo ci-dessus.

Sanglier (Inoshishi pour Yumi)

Cochon asiatique

Yumi a particulièrement aimé les macaques japonais, particulièrement bruyants, ainsi que leurs déjections puisque nous avons été témoins d’un lâcher de crotte en direct. C’est la première chose qu’elle à raconté avec entrain à Sayaka en rentrant « On a vu des crottes de singes ». L’innocence de 2 ans et demi…

Macaque japonais