Hokkaïdo – Février 2020

Hokkaïdo, la plus septentrionale des quatre principales îles japonaises est, fort logiquement, la plus froide. Il s’y tient le Sapporo Yuki Matsuri (札幌雪祭り- Festival de la neige de Sapporo) et c’est cet événement, conjugué avec l’existence de vols directs entre le minuscule aéroport de Matsumoto et Sapporo, qui nous a poussé à braver le froid. Prémices du COVID-19 obligent, nous avions enfilé nos masques pour toute la durée du trajet, malgré toute la buée que cela implique sur mes lunettes.

Notre première escale fut Otaru, une petite ville côtière où avaient lieu des illuminations dans la neige, laquelle a eu le bon goût de tomber en grande quantité la semaine précédent notre arrivée (elle brillait par son inhabituelle absence avant ça, la faute, n’en déplaise aux sceptiques, au réchauffement climatique).

Cette charmante bourgade nous a séduits par son canal, sa rue commerçante bordée de bâtiments à l’architecture hétéroclite certes mais néanmoins agréable à l’œil (la neige a sans doute aidé), son magasin Moomin ou encore son café Snoopy. Nous avons même poussé le vice jusqu’à nous offrir un tour en pousse-pousse, influencés par les -6°C et l’absence flagrante de motivation des enfants à se balader dans la neige sans s’arrêter tous les deux pas pour en prélever une pleine brassée.

En fait de froid, nous avons été déçus. A l’exception d’Otaru, il a fait très doux. En réalité, la neige utilisée pour fabriquer les sculptures de glace géantes du 71ème festival avait été transportée depuis les montagnes environnantes par la bagatelle de 6000 camions de 5 tonnes. Notre premier soir à Sapporo, une neige dense s’est mise à tomber, ce qui ne nous a pas empêché, Yumi et moi, de faire une sortie au festival.

Pour ceux qui connaissent la fête des lumières à Lyon, le principe est assez similaire, les 40 centimètres de neige en plus et les stands de brochettes, ramen, oden et autres délices locaux en lieu et place des kebabs, frites ou crêpes.

Grâce au virus, la foule n’était pas aussi dense que ce que nous craignions, sans être clairsemée pour autant.

Outre les sons et lumières projetés sur les sculptures de glace, nous avons vu du ski freestyle, un mini concert donné par des chanteuses à la jupe non moins mini applaudies par des fans dont la langue pendante était de longueur inversement proportionnelle à celle des jupes, un train à vapeur modèle réduit passant dans la bouche d’un Rui Hachimura (étoile montante du basket japonais, jouant en NBA) de glace et une ribambelle de personnages de manga, la plupart m’étant inconnus.

Famille de gourmands que nous sommes, nous avons fait la visite du Shiroi Koibito Park (白い恋人パ-ク, littéralement le « parc de l’amoureux blanc »), l’usine de fabrication du Shiroi Koibito, l’immanquable biscuit local composé d’un fin carreau de chocolat blanc pris entre deux langues de chat.

Une visite sympathique, en particulier le carillon impliquant une petite dizaine d’automates , et le café à la vue tout aussi incroyable que ses prix.

Sur le chemin du retour nous avons goûté les ramen de Sapporo et je dois avouer que leur réputation n’a rien d’usurpée. Un vrai régal, en quantité gargantuesque. Il aura fallut toute la profondeur combinée de nos quatre estomacs et encore quelques efforts de ma part pour venir à bout de nos trois bols.

Notre dernière étape nous a amenés à Asahikawa pour y visiter son célèbre zoo. Malheureusement, m’étant fait une lombalgie en portant Meï sur les épaules un peu trop longtemps (j’aurais dû lui donner moins de ramen), je n’en ai pas profité à fond, contrairement aux enfants. Yumi a réussi maintenir un rythme légèrement inférieur au pas de charge, nous laissant ainsi le temps de prendre quelques photos.

En résumé ce fut un voyage bref mais agréable. Nous n’avons pu voir que superficiellement cette région tellement plus rurale que le reste du Japon et sommes repartis avec l’intention d’y retourner à une saison plus favorable à la découverte de la nature.