Europe de l’Est – Décembre 2012

Pour notre premier Noël ensemble, Sayaka et moi avions choisi de voir du pays, en l’occurrence des pays au nombre de trois : la République Tchèque, la Pologne et l’Autriche. Un avant goût de ces pays puisque nous nous sommes contentés d’une ville dans chacun d’eux.

Profitant d’une liaison directe entre Lyon et Prague, nous avons commencé par la République Tchèque. Accueillis par des trombes d’eaux, nous avons erré comme des âmes en peine, noyant notre chagrin dans la pilsner et les spécialités culinaires locales au nom imprononçable, tel le trdelnik, égayant notre première journée par la visite du musée de la torture et du musée national.

Je dis spécialités culinaires locales, certes. Toutefois, le premier soir nous avions opté pour la simplicité et mangé dans un restaurant thaï proche de l’auberge de jeunesse où nous logions et où nous avons bénéficié d’une remise, non sans lien avec le choix du restaurant. Notre chambre double à l’auberge, au demeurant, était tout simplement exceptionnelle en rapport qualité/prix. Une déco somptueuse, une salle de bain design, le tout écologiquement responsable. On aurait presque passé notre séjour dans cette chambre.

Nous avons visité la cathédrale St Vitus perchée en haut d’une colline et visible d’un peu partout en ville. Pour nous y rendre nous avons traversé l’iconique pont Charles. Nous avons arpenté le square Wenceslas et son marché de Noël, aboutissant ainsi au musée National. Pour nous assurer qu’il était bien l’heure de la bière nous avons consulté l’horloge astronomique, carillon spectacle six fois centenaire. Enfin, plus moderne, nous avons admiré le mur Lennon couvert de graffitis inspirés par le chanteur des Beatles.

Pour nous rendre en Pologne, nous avions opté pour le train de nuit. J’ai toujours adoré dormir dans les trains couchettes, bercé par le balancement régulier du wagon et la cadence de métronome du passage des rails. Ce trajet là n’a pas fait exception à la règle et nous nous sommes réveillés guillerets dans un autre pays.

Démarrée au point du jour, notre découverte de cette charmante petite ville nous a amenés au parc Planty, à l’entrée de la tanière du dragon, au château Wavel, à la place du marché, à la basilique Saint Marie ; sans oublier de passer par la porte Saint Florian et de descendre la rue éponyme. Presque déserte le matin, la ville était très animée en fin de journée grâce notamment à un adorable marché de Noël.

Moins adorable fut la disparition du portefeuille de Sayaka, probablement dérobé au cours de notre flânerie au marché. Le problème majeur était la présence de son titre de séjour français dans le portefeuille. Par un coup de bol flirtant avec le miracle, il y a à Cracovie un consulat français. Y ayant exposé la situation, nous avons appris qu’avec une déclaration de vol, le service consulaire serait en mesure de fournir un document en français qui permettrait à Sayaka de retourner en France.

Nous n’avons fait ni une, ni deux et nous sommes rendus au commissariat central de la ville où, bien évidemment, personne ne parlait anglais. Aucun de nous deux n’avait eu la présence d’esprit de choisir Polonais LV2 au collège. Cependant le policier en charge de l’accueil a tenté le coup en m’apostrophant en allemand. Réunissant mes lointaines connaissance de la langue de Goethe, j’ai réussi à comprendre qu’un interprète serait présent le jour même dans l’après-midi.

Nous sommes revenus à l’heure dite. Sayaka a fait sa déposition en anglais, et nous sommes repartis avec notre document en polonais que nous avons fait traduire en français par le consulat. Alors qu’on ne vienne pas me dire après ça qu’apprendre les langues étrangères ça ne sert à rien !

Pour le jour de Noël, nous avons opté pour la destination la moins romantique qui soit : l’ancien camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau.

Il est impossible de décrire avec des mots les sentiments ressentis lorsque l’on arpente les allées du camp. La montagne de chaussures, les objets personnels confisqués, les baraquements rudimentaires le tout baigné de la lumière grisâtre d’un hiver pourtant clément, tout ceci m’a emplit de tristesse, de compassion, de révolte, de haine voire de honte. Que des êtres humains imposent un tel sort à leurs congénères semble inimaginable, abominable. Les superlatifs me font défaut pour décrire le choc éprouvé. Ce fut une visite marquante, qui devrait être un pèlerinage obligatoire pour les jeunes générations.


Notre dernière destination était la capitale autrichienne. Arrivés en bus au milieu de la nuit après une escale en Slovaquie, nous n’avons guère pu faire autre chose que nous rendre tant bien que mal à l’auberge de jeunesse et nous effondrer sur notre lit. Dès le lendemain cependant nous avons démarré l’exploration de Vienne par une longue marche. De brocante en galerie, de la cathédrale St-Stephen au palais Hofburg nous avons arpenté le centre-ville en long et en large.

Le lendemain nous avions décidé de visiter le palais Schönbrunn. Ce superbe T1441 traversant est-ouest / nord-sud (loyer non communiqué) dispose de superbes jardins et fut jadis la résidence d’été des Habsbourg. Tout chauvinisme mis à part, ça ne vaut pas Versailles. Il serait toutefois dommage de passer à côté de cette superbe visite. Malheureusement les photos (les mauvaises langues diront le photographe, et elles auront raison) ne lui rendent pas justice.

Nous avons terminé la journée en nous promenant sur Ringstrasse à goûter quelques spécialités locales. Notre hôte (nous étions logés en couchsurfing pour les 3 dernières nuits du séjour) nous a emmenés au superbe Café Central, un des emblèmes de la ville. Bondé, évidemment. Dispendieux, cela va de soi. Le décor somptueux et l’atmosphère fleurant bon la tradition ont compensé cependant largement le temps d’attente et l’addition.

Le réveillon du jour de l’an fut des plus sympa, passé en compagnie de notre hôte et de ses amis de couchsurfing. Ce fut une soirée ludique, cosmopolite, pleine de découvertes gustatives – chacun ayant amené un plat à partager – et culturelles.

Il semblerait que les viennois, en tout cas ceux du quartier où nous nous trouvions, ont pour habitude de célébrer la fin de l’année à coups de pétards. Les rues en étaient enfumées lorsqu’il fut l’heure pour nous de repartir.

Nous avons passé notre dernier jour en Autriche dans le quartier des musées, à parfaire notre culture tout en échappant à la froidure extérieure. Notre voyage s’est achevé où il avait commencé, à Prague, après un dernier trajet en bus et un repas mexicain un rien hors sujet.

Prague, vue depuis le pont Charles