大道芸 – Daidougei

Une traduction littérale de ce titre donnerait « grand art de rue ». Il s’agit d’un rassemblement annuel d’artistes de tous poils, de tous horizons et de tous niveaux de compétence qui, le temps d’un dimanche, viennent émerveiller (ou consterner en fonction du niveau évoqué plus haut) les habitants de notre chère ville.

Nous avons donc bravé les embouteillages pour assister à deux petites représentations d’artistes d’origine chinoise car, avouons-le, en matière d’acrobates ils placent la barre très haut. En l’occurrence il s’agissait plutôt de chaises savamment empilées jusqu’à une hauteur vertigineuse ; d’autant plus vertigineuse compte tenu de notre poste d’observation, assis presque au pied de l’édifice.

Le jeune artiste après s’être échauffé en jonglant avec des vases de 6 puis 12 kilos, s’est retrouvé à faire le mariole à une douzaine de mètres au-dessus du sol. Pour corser la chose, Matsumoto oblige, un brin de vent rendait l’opération un tantinet plus délicate. Mais il s’agissait tout de même du champion du monde, excusez du peu, sacré en France au cours des fameux championnats du monde de faisage de mariole au sommet d’un monticule de chaises. Le présentateur a très lourdement insisté sur ce titre, à tel point que même moi avec mon japonais de cuisine j’ai fini par comprendre.

Le troisième membre du trio – les trios ont cette tendance étonnante a être composés de trois éléments – était une demoiselle au sourire inamovible, adepte du monocycle. Elle a prouvé, en tentant une bonne vingtaine de fois son numéro avant de réussir, que si la persévérance est une qualité louable, elle passe vite pour de l’acharnement pathétique. En particulier aux yeux d’un public dont le confort consiste en un quart de mètre carré de bitume où poser son fondement.

Le second spectacle auquel nous avons assisté nous a permis de découvrir l’absence totale d’originalité du jonglage de vases. Réplique presque à l’identique de la représentation précédente, nous étions dès le départ sceptiques . Notre scepticisme (je parle des parents évidemment, chez les enfants la tolérance à la répétition semble infinie) elle allée en grandissant. En cause, un second numéro médiocre à base de cerceaux et de sourire indéboulonnable, sans doute taillé au burin.

Toutefois, le troisième et dernier membre de cet autre trio (ha ! encore un exemple) nous a épaté. Sa spécialité : le bian lian. La force de cet art théâtral chinois réside dans le changement de masque presque instantané dont est capable l’artiste. Passant d’un visage à l’autre par un mouvement imperceptible, il incarne tour à tour divers personnages pour le plus grand plaisir des spectateurs de tous poils, de tous horizons et de tous niveaux de candeur.

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