Salut à toi le professeur

Le respect de ses aînés et de ses supérieurs est une des clefs de voûte de la culture japonaise. Il en va de même, c’est une évidence, pour l’élève envers son professeur. Je l’ai constaté de l’intérieur depuis mon entrée à l’école de japonais en avril.

J’ai souvenance d’une prof d’allemand au lycée qui exigeait que nous nous levâmes lorsqu’elle nous faisait l’honneur de pénétrer dans la salle de classe. Ici, le principe est similaire. Après l’entrée du professeur dans la salle, un des élèves annonce « kiritsu » (起立), manière formelle de dire « se lever » ou « debout ». A l’unisson, la classe se dresse dans une rigidité toute nippone, avant que le même élève ne poursuive en se fendant d’un « reï » (礼) du plus bel effet. Cette formule a pour but d’inciter tous ses camarades à saluer le professeur (« reï » signifie « salut » ou « saluer »).

Là, on incline le buste, évidemment. Toutefois, en ce qui concerne la formule à prononcer à l’égard de l’enseignant, les choses se compliquent un peu puisque nous avons plusieurs cas de figure :

  • c’est le matin avant 10 heures, on dit « ohayô gozaïmasu » (bon matin)
  • c’est pendant la journée, par exemple après la pause de 10h30, on dit « konnichiwa » (bonjour)
  • c’est la fin du cours, on dit « o-tsukaresama deshita », formule à peu près intraduisible, signifiant approximativement « vous avez bien travaillé, vous devez être fatigué »

Enfin, dans un dernier soubresaut, notre élève lance un déchirant « tchaku seki » (着席) littéralement « enfilez vos sièges » ou plus politiquement correct « asseyez-vous bande de nazes ».

Et grâce à moi, une fois de plus, vous éviterez les impairs lors de votre prochaine cours au Japon.

PS : Dans ma légendaire mansuétude, j’épargne à mes élèves ces formalités, je me contente du « o-tsukaresama deshita » en fin de cours pour leur faire plaisir, quand j’y pense.

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