Sagyô

Sous cette appellation nippone se cache une activité à ma connaissance parfaitement inconnue partout ailleurs . Si vous cherchez sagyô (作業) dans le petit Larousse, vous ne trouverez pas grand chose. Si vous essayez avec le traducteur Google, vous obtiendrez un résultat certes, qui n’en sera pas moins insatisfaisant, à savoir « travail » ou « opération ».

Pourtant lorsque j’en ai fait mention durant le cours de conversation auquel je participe, l’enseignante a immédiatement su de quoi il s’agissait; j’avais toutefois précisé qu’il s’agissait d’un yôchien no sagyô (travail de la maternelle).

Organisé par le P.T.A., le fameux groupe des parents d’élèves, il s’agit du ménage de printemps de l’école. Quelle grande idée ! Pourquoi faire intervenir une société spécialisée lorsque l’on peut trouver de la main d’oeuvre gratuite ? Les parents étaient divisés en une demi douzaine de groupes aux attributions  diverses allant du nettoyage des vitres au ramassage des feuilles mortes.

Avant de commencer, le directeur de l’école qui participait lui aussi au nettoyage, a fait un petit discours (une estrade avait été disposée à cet effet dans la cour de l’école avec micro et ampli) en commençant par un « Bonjour » approximatif vraisemblablement destiné à votre narrateur . Il s’est dit incapable de poursuivre en français et j’ai ensuite écouté d’une oreille distraite avant que nos chefs de groupe respectifs ne prennent le relais.

Là, j’ai fait de mon mieux pour essayer de comprendre nos attributions. En voyant les râteaux à feuilles, la brouette et les grands sacs en plastique j’avais déjà une assez bonne idée de ce qui nous attendait. Une heure durant nous avons balayé les épines de pin, ramassé les cailloux et les branches, ratissé les feuilles de la bambouseraie et introduit le produit de ce balayage, ce ramassage et ce ratissage dans de grands sacs plastique qui à peine remplis disparaissaient presque aussitôt, emporté sur la brouette dans les limbes du recyclage.

Par chance, la maman de Sayaka a pu s’occuper de Meï ce jour là. Tous les parents (je pourrais presque dire « mamans », seuls trois papas étaient présents) n’avaient pas ce luxe et de nombreux bambins nous accompagnaient. Certains prenaient cela pour un jeu et mettait la main à la pâte, d’autres en profitaient pour échapper à la surveillance maternelle et goûter aux joies d’une émancipation précoce. Il y en avait même qui dormaient dans des porte-bébés, rendant la tâche d’autant plus ardue pour les mères concernées.

Enfin, nous avons été libérés après les incontournables remerciements finaux en d’innombrables exemplaires. On remet ça en octobre !

 

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