Elections

Hier c’était jour d’élections ici, législatives anticipées provoquées par le premier ministre en place Shinzo Abe, qu’il a remportées largement. Nous aurions préféré qu’il se fasse botter le train, notamment en raison de sa volonté de réformer la constitution japonaise pacifiste (depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le Japon a porté dans sa constitution son choix de ne pas intervenir dans des conflits armés hors de son territoire), et de son indélicatesse diplomatique dans une région connaissant déjà assez de tensions (je fais ici références à sa visite officielle et son hommage au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, ou sont inhumés de nombreux soldats Japonais, dont certains reconnus criminels de guerre par la communauté internationale).

Compte tenu de l’intérêt que porte Sayaka à la politique nous n’avons pas suivi la campagne à la télé ; ça m’aurait d’ailleurs fait une belle jambe vu ce que j’aurais pu y comprendre. Toutefois, j’ai pu voir à travers la ville ces derniers temps les préparatifs des candidats locaux dont voici les frimousses.

Comme en France les écoles sont réquisitionnées pour servir de bureaux de vote. Comme en France, certains candidats font du porte à porte : nous avons reçu la visite de l’un deux qui nous a gratifié d’un sourire mielleux, d’une poignée de main mollasse et d’un « oh la mignonne petite fille » aussi sincère que le « vraiment désolé, je fais juste mon boulot » du bourreau au condamné. Il nous a bien évidemment laissé le tract de rigueur ainsi qu’une carte de visite sur laquelle Yumi s’est entraînée au découpage.

Ce qui change par contre, c’est qu’ici les politiciens louent des camionnettes et envoient leurs militants sillonner les rues de la ville en arborant leurs couleurs et en diffusant à plein volume leur propagande. Des dames plus ou moins charmantes postées aux fenêtres de ces véhicules sont chargées de saluer les passants façon reine d’Angleterre. Jusqu’à la veille du scrutin nous avons donc sporadiquement subi ces tentatives d’hameçonnage politique. On aurait cru entendre l’annonce du passage du cirque au village.

Enfin, les militants se permettent même d’appeler les électeurs. Sayaka a reçu un appel sur le téléphone de la maison de la part d’un des partis, lui demandant d’aller voter pour son candidat le lendemain. Autant vous dire que ça n’a pas beaucoup marché, Sayaka, tout comme 47% des Japonais, ne s’est même pas déplacée. Elle avait une excellente excuse : le typhon Lan a déversé des trombes d’eau sur nos contrées, il ne faisait vraiment pas un temps à mettre le nez dehors. Et comme en France, elle fait partie des nombreuses personnes qui n’aiment pas leur gouvernement mais qui, désabusés, ne prennent même plus la peine de se déplacer pour ces échéances électorales.

 

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