Yumi et le langage

Pour ceux qui ont fréquenté Yumi cette dernière année, ils ont pu se rendre compte que c’est une bavarde. Elle parle sans arrêt, récite ses livres à voix haute quand nous n’avons pas d’oreille à lui prêter, et le reste du temps elle chante.

Avec sa maman au château de Matsumoto

Je ne vais pas m’extasier ici sur ses capacités à parler pour son âge, certains enfants de deux ans et demi parlent mieux qu’elle d’autres moins bien. Ce qui est intéressant en revanche c’est d’observer le processus d’appréhension de la langue japonaise jour après jour. A son arrivée, elle produisait de temps en temps un ou deux mots de japonais; cela me faisait rire car c’était assez rare. Cependant, le contact presque quotidien avec sa grand-mère japonaise et ses débuts à la crèche locale lui ont fait faire un pas de géant dans la compréhension et surtout dans l’utilisation du japonais.

Elle a même tendance des fois à me parler en japonais ou à essayer dans les deux langues lorsqu’elle a l’impression que nous n’avons pas compris. Quoi qu’il en soit, nous avons remarqué qu’elle passe spontanément au japonais avec sa grand-mère et que les après-midis après la crèche elle utilise plus volontiers sa langue maternelle (par opposition à sa langue paternelle).

Amour sororel

Elle a également compris que Sayaka et moi parlions des langues différentes. Si par exemple je lui montre un dessin d’ours et que je lui demande ce que c’est elle me répondra indifféremment « ours » ou « kuma ». Je lui demande alors comment on dit en japonais ou en français et elle prononce l’autre mot. Je m’amuse systématiquement à lui demander dans les deux langues quand il s’agit de noms que je connais en japonais, ainsi elle m’aide à réviser !

Comme nous avons des tendances tortionnaires, nous l’avons inscrite à des cours d’anglais, histoire de corser le mélange. Il s’agit surtout de chanter et de répéter quelques mots basiques mais là aussi, magie du cerveau, elle cloisonne parfaitement et comprend qu’il s’agit encore d’une autre langue.

Avec les filles dans notre salon

Elle nous a particulièrement fait rire lorsqu’elle a essayer de répéter « pasokon » (ordinateur en japonais, contraction de personal computer) et qu’elle a sorti quelque chose qui ressemblait suspicieusement à « c’est pas con ». Nous avons d’ailleurs appris à surveiller notre langage puisqu’elle répète absolument tout. Par ma faute, elle est devenue une adepte du « J’en ai marre ! », « Ca me soûle ! », « c’est casse-pied » (prononcé kapsié par Yumi). C’est après l’avoir entendu dire « medre » que nous avons pris conscience du besoin de faire attention. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas auprès de moi qu’elle a récupéré ce mot-là. Merci maman !

Une réponse sur “Yumi et le langage”

  1. Très belles photos !!
    Yumi va finir par bosser à l’ONU, à force 😉

    (Nous on a eu le droit à un ou deux « peutin » récemment… on faisait pas les fiers non plus ^^)

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