Konnichiwa Matsumoto

Nous y sommes ! Notre projet, imaginé au printemps 2016, mûri au cours de l’hiver et vers lequel nous tendions toutes nos pensées récemment s’est concrétisé cette semaine. C’est l’aboutissement de six mois de préparatifs et d’un périple que je m’en vais vous conter.

Yumi et Sayaka à l’aéroport de Lyon

Nos deux derniers jours en France, nous avons été gracieusement hébergés par la marraine de Meï. Nous avons fignoler les bagages, reçu une visite de dernière minute avant notre départ et tenté d’emmagasiner de l’énergie en vue de notre trajet.

Avec les filles dans la salle d’embarquement à Lyon

La première étape en taxi a ravi Yumi qui nous a gratifié d’exclamations telles que « Ouais taxi! » ou encore « Ah ça fait du bien le taxi ! ». Le chauffeur a halluciné devant le nombre bagages que nous emportions, s’interrogeant sur la capacité de son monospace a tout emporter. Avec un peu de méthode nous avons pu tout caser et nous rendre à l’aéroport tous ensemble.

A l’aéroport, Yumi trépignait à l’idée de prendre l’avion et d’aller voir « son Japon ». Tout s’est très bien passé, nous avons même éviter les surtaxes malgré des bagages excédant les 23 kilos. Yumi a adoré le décollage, elle était hilare, lançant un « ça va vite ! » enthousiaste.

Yumi endormie sur mes genoux dans l’avion entre Bruxelles et Tokyo

A Bruxelles nous avons dû courir pour avoir notre correspondance, avec Yumi et Meï ce fut sportif, je vous laisse imaginer. Le second décollage a fait le même effet à Yumi que le premier, à ma plus grande joie. Avec l’excitation elle est resté éveillée jusqu’à 23 heures et a fini par s’endormir sur son siège, d’où elle a manqué de tomber une heure plus tard. Elle a donc dormi en travers de mes genoux, les jambes sur son siège, me réveillant à intervalles réguliers lorsqu’elle changeait de position. Elle a été vraiment adorable tout le long, pas de cris ni de pleurs malgré le manque de sommeil et les repas décalés et à la diététique discutable. Meï quant à elle n’y a vu que du feu, dormant dans sa nacelle tranquillement.

Meï dans sa nacelle

A l’arrivée à Tokyo, je me suis vu délivré un titre de séjour de trois ans m’autorisant à séjourner et à travailler au Japon. Nous avons ensuite récupéré nos bagages, nos poussettes, prenant bien soin d’en oublier un comme cela nous était arrivé en Arménie. La maman de Sayaka nous attendait à la sortie, où nous avons envoyé l’essentiel de nos bagages à Matsumoto. J’avoue m’être entièrement laissé guidé par Sayaka, un peu dépassé par les événements avec la fatigue et la barrière de la langue qui m’a semble insurmontable en ce premier jour.

Nous avons passé notre première nuit à l’hôtel à proximité de l’aéroport de Narita. C’est en bus que nous y sommes allés, nouvelle source de joie pour Yumi qui adore tous les moyens de transports. Elle a souffert du décalage horaire dans a nuit, nous offrant une coupure de trois heures où nous avons chanté des chansons et raconté des histoires afin de tuer le temps en attendant qu’elle se rendorme, vers 2h30 du matin. Autant dire que le réveil à 7 heures le matin m’a fait beaucoup de mal.

Dans le train entre l’aéroport de Narita et Tokyo

Les étapes suivantes se sont faites en train ce qui, vous l’aurez deviné, a fait bondir de joie Yumi, qui en a profité pour dormir une nouvelle fois sur moi entre Shinjuku et Matsumoto. Cette fois c’est le papa de Sayaka qui nous a réceptionné, et bien que nous n’ayons conservé que le strict minimum en termes de bagages, la maman a dû rentrer en bus tandis que nous étions conduit à notre nouvelle maison, pendant que Yumi demandait « Il est où mon Japon ? ».

Yumi fait la sieste dans le train entre Tokyo et Matsumoto

Après trois jours, elle commence à comprendre que notre « maison du Japon » c’est chez nous. Elle a retrouvé beaucoup de ses jouets qui lui font dire « c’est comme d’habitude » (comprendre « c’est comme quand on était en France »). Le décalage horaire commence à s’estomper, et elle a immédiatement reconnu ses grands-parents japonais, à qui elle raconte ses histoires en français mais qui n’en sont pas moins ravis de l’avoir près d’eux.

Meï dans les bras de sa grand-mère japonaise pour la première fois

Il reste encore du chemin à parcourir pour qu’elle se construise un référentiel ici. Elle demande où sont Eline (sa meilleure amie) ou son parrain, demande des « yaourts bleus » de la couleur de l’emballage des yaourts en France et bien sûr du pain, que nous trouvons ici sans difficulté mais qui coûte deux fois et demie ce qu’il coûte en France, pour un goût forcément… différent.

Les filles font la sieste dans le salon à Matumoto

A moi aussi il va falloir du temps pour trouver mes marques dans cette maison que le parents de Sayaka n’ont pas encore eu le temps de déménager entièrement, pour savoir utiliser tous les appareils électroménagers (avec des boutons entièrement en Japonais, c’est compliqué) et surtout pour réussir à communiquer. La panique initiale est passée et je retrouve un peu de mon japonais, toutefois la barre reste haute et trois ans ne seront pas de trop pour parvenir à un niveau qui me satisfasse.

9 réponses sur “Konnichiwa Matsumoto”

  1. Quel beau voyage ! Tous ces moyens de locomotion !
    Eline demande beaucoup après Yumi, également. On a eu droit à « Yumi est restée dans l’avion, mais elle va reviendre », « Yumi est au Japon et moi aussi », « Yumi aussi elle va dormir dans la chambre des grands à la crèche », « Yumi vient pique-niquer avec nous », etc. Bref, il y a chaque jour au moins une occasion de mentionner Yumi en ce moment.
    On vous souhaite une bonne installation et on lit avec intérêt le blog.
    A une prochaine,
    Raphaëlle, Thomas & Eline

    1. Merci pour votre petit mot. Yumi nous rappelle presque quotidiennement qu’elle est tombée en courant avec Eline et que c’est sa maman qui a mis le pansement, bien qu’il ne reste plus qu’un fantôme de cicatrice visible sur son genou. Nous avons accroché au frigo les petits polaroïds d’elles deux, elle adore les regarder.
      A+

  2. Après autant de boulot à déménager de Villeurbanne et un trajet aussi long, j’espère que vous trouverez vite vos marques pour cette nouvelle vie 🙂

    Courage, de ton côté plus particulièrement, je suis sur que ton japonais va vite revenir et que dans deux mois, tu vas ecrire des nouvelles en japonais 😉

    1. Merci pour tes encouragements, ils ont un peu l’accent marseillais mais ça fait plaisir. On attend les dates de votre visite 😉

  3. c’est cool de lire ton journal!!! j’espère que vous avez pu vous reposer un peu après tout ça… on a hâte d’aller vous rendre visite 😉 xx

    1. Oui nous sommes maintenant reposés et bien dans le rythme du Japon. Sayaka est en train de terminer le rangement de la chambre d’amis, en prévision des visites à venir 🙂

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